Communiqué : Le Conseil départemental confisque encore des terres agricoles pour un projet inutile déjà abandonné

Lors de la commission permanente du vendredi 24 juin, le Conseil départemental du Loiret a décidé d’acheter des parcelles de terres agricoles à Baule sous prétexte de l’improbable déviation de la RD18 dont la délibération rappelle pourtant que « la déclaration d’utilité publique n’a pas été sollicitée » car « ce projet routier ne figure pas au projet de mandat ».
En effet, malgré des annonces diverses du temps du président Eric Doligé, un nouveau franchissement de la Loire à Meung-sur-Loire n’est certainement pas justifié par le trafic routier qui se situe très loin des critères de saturation des routes départementales. En mai 2011, le Conseil départemental avait renoncé à toute réserve foncière à Cercottes où la circulation sur la RD2020 est pourtant deux fois plus importante mais où les services du Département n’ont observé « ni problème de fluidité du trafic routier (…) ni problème de sécurité routière ».
Il semble malheureusement que l’incohérence la plus totale préside aujourd’hui à l’achat d’une réserve foncière, au mépris des exploitants agricoles. On l’avait déjà constaté à Donnery et Fay-aux-Loges où le Département a mené à terme son aménagement foncier alors que celui-ci est devenu inutile depuis que le projet de déviation est lui aussi sorti du plan pluriannuel d’investissement. Nombre d’agriculteurs ont ainsi vu leurs terres amputées ou coupées en deux pour attribuer au conseil départemental des parcelles où il ne construira jamais de route.
Alors pourquoi répéter la même erreur et acheter des terres agricoles autour de Meung-sur-Loire pour un pont qui ne se fera pas ?
Est-ce pour relancer l’hypothèse de « grand contournement routier » d’Orléans que le Conseil départemental avait jadis imaginé avant de le démentir vigoureusement ?
A l’heure où le Loiret se relève d’inondations catastrophiques qui vont nécessiter bien d’autres investissements publics, comment peut-on justifier l’acharnement à poursuivre des « grands travaux » routiers qui ne correspondent à aucun besoin pressant qui ne puisse être résolu à moindre coût ?

Des écologistes au gouvernement … mais pas EÉLV

A la suite du remaniement ministériel de la semaine dernière, les commentaires se sont multipliés à propos de l’entrée d’écologistes au gouvernement.
Malheureusement, aussi talentueuse soient les personnes, ce que l’on attend vraiment, c’est une réorientation de la politique menée.

Prenons l’agriculture par exemple.
Mis à part une minorité d’entre eux, notamment ceux convertis au bio, les paysans ont été entraînés dans une spirale industrielle démentielle. L’agro-écologie donnerait de bien meilleurs résultats, des produits sains et de quoi employer plus de monde avec des revenus normaux. Sauf que les exploitations ont été mécanisées puis financiarisées à outrance en même temps que les méthodes de cultures exigeaient de plus en plus de poisons. Le résultat c’est la détresse des agriculteurs et des atteintes à la santé publique dont ils sont les premières victimes. Contrairement à ce que pensent les manifestants d’aujourd’hui, il leur aurait fallu plus d’écologie pour préserver un métier utile et rémunérateur. Mais sans doute est-il plus facile de s’en prendre à une femme secrétaire d’État écolo ou à l’Europe que de se retourner contre leurs véritables fossoyeurs du côté de l’industrie chimique, des banques et de la grande distribution ?

Et si le nouveau gouvernement proposait autre chose que des aides pour conserver une agriculture productiviste sous perfusion ?
Voilà ce que j’appellerais un « verdissement ».

En tant que porte-parole local d’Europe Écologie Les Verts, j’ai été amené à m’exprimer sur ce remaniement, tout d’abord par un communiqué de presse puis, ce matin, sur l’antenne de France Bleu Orléans :

Enfin, mon point de vue apparaît également dans la République du Centre à retrouver sur ma revue de presse.

Communiqué : Le conseil départemental renonce aux partenariats public-privé

Réuni en session extraordinaire ce matin, le conseil départemental a décidé d’abandonner les partenariats public-privé (PPP) envisagés pour construire des collèges. « Nous ne voulons pas de ce mode de fonctionnement qui hypothèque l’avenir » avait déclaré récemment le nouveau vice-président chargé des collèges « C’est un chèque en blanc, on ne sait pas où on va et cela nous coûterait une fortune » (cité par La Gazette des communes).
Attention, ce retournement de situation ne concerne pas encore le Loiret même s’il s’agit de propos tenus par des élus de droite. C’est en effet dans l’Indre-et-Loire que le constat a été dressé des inconvénients du recours aux PPP pour une collectivité locale soucieuse de contenir son budget et son endettement.
Il n’en reste pas moins que le discours change aussi dans le Loiret où l’on reconnaît enfin qu’il n’est pas possible de prouver que les PPP auraient permis de « construire 5 collèges pour le prix de 4 » comme le clamait l’ancien président. Un rapport interne à la commission des finances émet un jugement bien plus mesuré et évoque le « coût accru » de ce mode de financement qui doit être compensé par des avantages sur d’autres plans.
Avec une dette qui avoisinera les 550 millions en fin d’année dont une bonne part due à des investissements en PPP, il est heureux que le Département du Loiret sorte de l’idéologie pure en la matière. Paradoxalement, il y a peut-être autant d’exemplarité chez nos voisins ligériens de droite que dans le département francilien de gauche auquel le président Saury se référait encore le mois dernier.

Communiqué : Faire des choix budgétaires novateurs pour le Loiret

Le conseil général tient une séance exceptionnelle ce vendredi pour débattre des orientations budgétaires 2015. Dans un contexte de réforme des collectivités territoriales et de fortes contraintes financières, nous ne pouvons plus nous permettre de dilapider l’argent public ou seulement investir pour investir. Il faut choisir collectivement les investissements qui engendrent des économies plutôt que des dépenses supplémentaires, des projets viables, durables et pérennes pour le bien être des Loirétains.
Les orientations budgétaires proposées par la majorité suivent le modèle productiviste mondial actuel. Le conseil général s’obstine et continue de baser ses politiques sur un espoir illusoire de croissance économique censée revenir de façon cyclique. Pourtant, notre territoire ne peut continuer dans la même direction avec plus de camions, plus de voitures, plus de zones d’activité qui ne se remplissent pas …
Il est temps d’entamer une transition vers des activités intenses en emploi localement, répondant aux besoins des Loirétains plutôt qu’aux injonctions de la finance mondialisée. Il faudrait, par exemple, mieux assurer les missions de solidarité du conseil général en partenariat avec les acteurs de l’économie sociale.
Malheureusement, les orientations budgétaires proposées accroissent l’endettement du Département sans perspectives de retour sur investissement. La dette est passée de 300 à 500 millions d’euros en 4 ans (+60%). Eric Doligé semble dire « après moi le déluge ! ».
Au milieu de ce déluge, le rapport de développement durable du Loiret présente des actions pertinentes mais dérisoires face aux orientations budgétaires du conseil général. Ce ne sont malheureusement pas quelques aires de co-voiturage par-ci par-là qui contrarieront le tout-automobile qu’encouragent les centaines de millions qui sont prévus pour la construction de trois ponts sur la Loire et jusqu’à 100km de routes nouvelles.

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.

Communiqué : Finalement, de l’argent, il y en a !

communiqué

Les conseillers généraux écologistes saluent, non sans ironie, l’excellente santé des finances du Département qui paraît avoir guidé les choix de la commission permanente du conseil général du Loiret ce matin.

En effet, la décision d’acheter de nouvelles parcelles à Darvoy et Sandillon confirme l’obstination à préparer une déviation routière de la route départementale 921 avec un nouveau pont sur la Loire (unanimité moins le vote écologiste). L’optimisme quant à ce projet de cent millions d’euros, contraste avec les déclarations du président Doligé, ces derniers mois. Il promettait en effet, faute d’argent, de ne plus investir pour les casernes et le matériel des pompiers, il annonçait la prochaine interruption du programme pluriannuel d’investissement dans les collèges ou il menaçait les partenaires de l’action sociale départementale de ne plus pouvoir les financer.

Gageons que ces prévisions d’investissements routiers débridés sont le signe que le conseil général a les moyens et souhaitera bientôt rétablir les subventions dont il a privé les structures accueillant des personnes handicapées, qu’il participera à nouveau à la prévention contre les inondations, qu’il pourra enfin verser les sommes promises aux communes pour leurs équipements et qu’il cessera de couper dans les actions en faveur des plus démunis.

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.