Des écologistes au gouvernement … mais pas EÉLV

A la suite du remaniement ministériel de la semaine dernière, les commentaires se sont multipliés à propos de l’entrée d’écologistes au gouvernement.
Malheureusement, aussi talentueuse soient les personnes, ce que l’on attend vraiment, c’est une réorientation de la politique menée.

Prenons l’agriculture par exemple.
Mis à part une minorité d’entre eux, notamment ceux convertis au bio, les paysans ont été entraînés dans une spirale industrielle démentielle. L’agro-écologie donnerait de bien meilleurs résultats, des produits sains et de quoi employer plus de monde avec des revenus normaux. Sauf que les exploitations ont été mécanisées puis financiarisées à outrance en même temps que les méthodes de cultures exigeaient de plus en plus de poisons. Le résultat c’est la détresse des agriculteurs et des atteintes à la santé publique dont ils sont les premières victimes. Contrairement à ce que pensent les manifestants d’aujourd’hui, il leur aurait fallu plus d’écologie pour préserver un métier utile et rémunérateur. Mais sans doute est-il plus facile de s’en prendre à une femme secrétaire d’État écolo ou à l’Europe que de se retourner contre leurs véritables fossoyeurs du côté de l’industrie chimique, des banques et de la grande distribution ?

Et si le nouveau gouvernement proposait autre chose que des aides pour conserver une agriculture productiviste sous perfusion ?
Voilà ce que j’appellerais un « verdissement ».

En tant que porte-parole local d’Europe Écologie Les Verts, j’ai été amené à m’exprimer sur ce remaniement, tout d’abord par un communiqué de presse puis, ce matin, sur l’antenne de France Bleu Orléans :

Enfin, mon point de vue apparaît également dans la République du Centre à retrouver sur ma revue de presse.

Communiqué : Le conseil départemental renonce aux partenariats public-privé

Réuni en session extraordinaire ce matin, le conseil départemental a décidé d’abandonner les partenariats public-privé (PPP) envisagés pour construire des collèges. « Nous ne voulons pas de ce mode de fonctionnement qui hypothèque l’avenir » avait déclaré récemment le nouveau vice-président chargé des collèges « C’est un chèque en blanc, on ne sait pas où on va et cela nous coûterait une fortune » (cité par La Gazette des communes).
Attention, ce retournement de situation ne concerne pas encore le Loiret même s’il s’agit de propos tenus par des élus de droite. C’est en effet dans l’Indre-et-Loire que le constat a été dressé des inconvénients du recours aux PPP pour une collectivité locale soucieuse de contenir son budget et son endettement.
Il n’en reste pas moins que le discours change aussi dans le Loiret où l’on reconnaît enfin qu’il n’est pas possible de prouver que les PPP auraient permis de « construire 5 collèges pour le prix de 4 » comme le clamait l’ancien président. Un rapport interne à la commission des finances émet un jugement bien plus mesuré et évoque le « coût accru » de ce mode de financement qui doit être compensé par des avantages sur d’autres plans.
Avec une dette qui avoisinera les 550 millions en fin d’année dont une bonne part due à des investissements en PPP, il est heureux que le Département du Loiret sorte de l’idéologie pure en la matière. Paradoxalement, il y a peut-être autant d’exemplarité chez nos voisins ligériens de droite que dans le département francilien de gauche auquel le président Saury se référait encore le mois dernier.

Communiqué : Faire des choix budgétaires novateurs pour le Loiret

Le conseil général tient une séance exceptionnelle ce vendredi pour débattre des orientations budgétaires 2015. Dans un contexte de réforme des collectivités territoriales et de fortes contraintes financières, nous ne pouvons plus nous permettre de dilapider l’argent public ou seulement investir pour investir. Il faut choisir collectivement les investissements qui engendrent des économies plutôt que des dépenses supplémentaires, des projets viables, durables et pérennes pour le bien être des Loirétains.
Les orientations budgétaires proposées par la majorité suivent le modèle productiviste mondial actuel. Le conseil général s’obstine et continue de baser ses politiques sur un espoir illusoire de croissance économique censée revenir de façon cyclique. Pourtant, notre territoire ne peut continuer dans la même direction avec plus de camions, plus de voitures, plus de zones d’activité qui ne se remplissent pas …
Il est temps d’entamer une transition vers des activités intenses en emploi localement, répondant aux besoins des Loirétains plutôt qu’aux injonctions de la finance mondialisée. Il faudrait, par exemple, mieux assurer les missions de solidarité du conseil général en partenariat avec les acteurs de l’économie sociale.
Malheureusement, les orientations budgétaires proposées accroissent l’endettement du Département sans perspectives de retour sur investissement. La dette est passée de 300 à 500 millions d’euros en 4 ans (+60%). Eric Doligé semble dire « après moi le déluge ! ».
Au milieu de ce déluge, le rapport de développement durable du Loiret présente des actions pertinentes mais dérisoires face aux orientations budgétaires du conseil général. Ce ne sont malheureusement pas quelques aires de co-voiturage par-ci par-là qui contrarieront le tout-automobile qu’encouragent les centaines de millions qui sont prévus pour la construction de trois ponts sur la Loire et jusqu’à 100km de routes nouvelles.

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.

Communiqué : Finalement, de l’argent, il y en a !

communiqué

Les conseillers généraux écologistes saluent, non sans ironie, l’excellente santé des finances du Département qui paraît avoir guidé les choix de la commission permanente du conseil général du Loiret ce matin.

En effet, la décision d’acheter de nouvelles parcelles à Darvoy et Sandillon confirme l’obstination à préparer une déviation routière de la route départementale 921 avec un nouveau pont sur la Loire (unanimité moins le vote écologiste). L’optimisme quant à ce projet de cent millions d’euros, contraste avec les déclarations du président Doligé, ces derniers mois. Il promettait en effet, faute d’argent, de ne plus investir pour les casernes et le matériel des pompiers, il annonçait la prochaine interruption du programme pluriannuel d’investissement dans les collèges ou il menaçait les partenaires de l’action sociale départementale de ne plus pouvoir les financer.

Gageons que ces prévisions d’investissements routiers débridés sont le signe que le conseil général a les moyens et souhaitera bientôt rétablir les subventions dont il a privé les structures accueillant des personnes handicapées, qu’il participera à nouveau à la prévention contre les inondations, qu’il pourra enfin verser les sommes promises aux communes pour leurs équipements et qu’il cessera de couper dans les actions en faveur des plus démunis.

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.

Communiqué : Non à l’exploitation de gaz de schistes dans le Loiret

Contribution des conseillers généraux écologistes à la consultation publique relative à l’attribution de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Loiret et l’Yonne


« Nous prenons connaissance seulement aujourd’hui de cette consultation dont nous nous n’avons pas été informé directement bien qu’élus du département du Loiret.
Nous considérons que le Ministère procède de façon bien trop discrète pour étudier des demandes de permis minier dont les conséquences sont non négligeables pour les populations et leur environnement.
En effet, contrairement à la légèreté avec laquelle cette question est abordée dans l’étude d’impact de la demande de permis dit de « Dicy », la seule exploration d’hydrocarbures dans le sous-sol du Gâtinais menace gravement la nappe phréatique et les équilibres naturels dans cette région déjà souvent frappée de restrictions d’usage de l’eau par arrêtés préfectoraux.
En outre, quelles que soient les assertions des sociétés qui sollicitent ces permis, il est manifeste qu’elles recherchent les hydrocarbures connus comme « gaz de schistes » et que dans l’éventualité où leur exploration aboutirait à découvrir un gisement exploitable, la seule méthode d’exploitation possible est la fracturation hydraulique qui est formellement interdite par la législation française et dont ces sociétés prétendent qu’elles n’y auront pas recours. Il est légitime que madame la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie doute de leur bonne foi sur ce point et de refuser tout permis de ce genre dans l’état actuel de la loi.
Pour résumer notre opposition résolue à l’attribution de tels permis, nous tenons à rappeler les termes d’un vœu relatif à l’exploration et l’exploitation d’huiles et gaz de schistes dans le sous-sol du département du Loiret que nous avons présenté à l’assemblée départementale en septembre 2012. Si une majorité de nos collègues n’a pas souhaité l’adopter, il importe de noter qu’il n’a pas suscité de controverse sur le fond mais seulement sur l’intérêt d’une prise de position départementale. Le président du Conseil général a conclu le débat en ces termes « le vœu n’est pas adopté mais il est entendu ». La consultation d’aujourd’hui nous permet de vous faire « entendre » à nouveau ce texte :
CONSIDERANT la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique,
CONSIDERANT que l’extraction de tels hydrocarbures non conventionnels comporte des risques environnementaux très élevés, qu’il pourrait en résulter une pollution durable du sous-sol, un risque élevé de contamination des nappes phréatiques par des composés cancérigènes ou toxiques comme les métaux lourds, et donc un danger non négligeable pour la santé des habitants,
CONSIDERANT que l’exploitation de ces hydrocarbures présente des impacts considérables en matière de gaz à effet de serre, ce qui alourdirait gravement le bilan carbone du Loiret et contribuerait à accentuer l’évolution du climat,
CONSIDERANT que l’emprise foncière nécessaire à l’exploitation de ces hydrocarbures priverait les agriculteurs du Loiret de larges surfaces arables,
CONSIDERANT l’annonce par le Président de la République, à l’occasion de la conférence environnementale, de nouvelles abrogations de permis de recherche,
L’Assemblée départementale,
S’OPPOSE à toute recherche d’hydrocarbures non conventionnels employant la fracturation hydraulique sur le territoire du Loiret,
DEMANDE le rejet des permis dits de « Cézy », « Chaumont » « Chéroy », « Dicy », et « Pithiviers »,
DEMANDE, lors de l’instruction de permis de recherche d’hydrocarbures non conventionnels, une étroite concertation avec les populations et les collectivités territoriales impactées, afin que soient respectées les dispositions de l’article 1er de la loi « Grenelle II » qui instaure le principe de renversement de la charge de la preuve pour tout projet susceptible de porter atteinte à l’environnement,
SOUTIENT une réforme du Code Minier qui le mette en conformité avec l’ensemble des principes constitutionnels de la Charte de l’environnement, de sorte que les enjeux environnementaux soient anticipés et les responsabilités définies clairement de façon à sécuriser les activités minières,
DEMANDE la mise en oeuvre dans le Loiret d’une transition énergétique qui s’appuie sur la sobriété énergétique, l’efficacité et les sources d’énergie renouvelables plutôt que sur des ressources fossiles.
Voilà pourquoi nous souhaitons le rejet définitif par le Ministère des demandes de permis dit de Cézy et de Dicy ».

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.