Le changement sans grand changement

Cela se passait lundi dernier déjà (le 13 novembre) : le Conseil départemental du Loiret a changé de président et la terre n’a pas vraiment tremblé.

Ce fut une simple péripétie, conséquence de l’appétit politique d’Hugues Saury. En effet, ce dernier, après seulement deux ans à la tête du Département, avait souhaité se présenter aux élections sénatoriales de septembre. Fort de sa grande compétence … et de sa notoriété de distributeur de subventions aux communes du Loiret, il fut élu au Sénat. Seulement, une loi récente a enfin pris en compte le fait que l’on ne saurait décemment cumuler un poste de parlementaire avec une responsabilité dans l’exécutif d’une collectivité locale. Une limite qui n’est pas superflue quand on se souvient comment Eric Doligé pouvait parfois se comporter au Sénat en simple porte-parole du conseil général du Loiret. Bref, Hugues Saury fut contraint de démissionner de ses éminentes responsabilités départementales pour se consacrer (presque) pleinement à son rôle de législateur.

C’est ainsi que l’assemblée départementale était convoquée pour procéder à l’élection d’un successeur. Pas de surprise, c’est le n°2 en exercice qui passa n°1 : le premier vice-président Marc Gaudet grimpait ainsi la dernière marche d’une carrière de conseiller général débutée en 2004 (ci-contre, en 2008, lorsque je siégeais à ses côtés, on voit qu’il s’agit d’un grand homme).

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Hugues Saury achève sa présidence dans le consensus

Me voici arrivé à la dernière partie de mon compte-rendu de la session qui vient de débattre des grands dossiers de l’automne 2017 (la session exceptionnelle du 13 novembre prochain se limitera à l’élection d’un.e nouveau.elle président.e). En ce qui concerne la dernière journée de cette session, je m’intéresserai surtout à la présentation d’un plan d’actions pour l’emploi.

Celui-ci a été adopté à l’unanimité, comme la plupart des délibérations. Ainsi, la dernière séance présidée par Hugues Saury fut, à l’image de son bref mandat, plutôt consensuelle. La totale passivité des élus au moment des votes, si l’on excepte trois sursauts de l’élu écolo que vous connaissez bien, venait-elle couronner deux années de renouveau de la gouvernance départementale ? Une bienveillance macronienne aurait-elle déteint sur le Loiret ? Disons plutôt que les modalités de décision du conseil départemental sont, comme lui, « héritées de la Révolution française », pour reprendre une expression d’Hugues Saury. Autant dire que, quand un texte arrive devant l’assemblée, son adoption n’est plus qu’une formalité.

C’est un fait : je n’ai encore jamais vu la majorité actuelle voter autrement que son chef. Alors, quand chaque rapport est assuré par avance de 36 voix sur 42 en sa faveur, les choix des conseillers restants sont assez dérisoires et seuls les propos tenus ont un peu de poids. C’est peut-être pour cela que, tout en ne cachant rien de mes votes, je prends le temps de raconter un peu ce qui se dit en séance.

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Pour préparer un futur sans pétrole, le Loiret va continuer de construire des routes

La session dont je poursuis ici le récit s’est un peu animée jeudi après-midi.
Il était notamment question du projet de territoire établi dans le cadre de la démarche de prospective baptisée « Loirétains demain ». C’est l’occasion pour le Département de se projeter 30 ans dans le futur et d’adopter des objectifs qui anticipent les évolutions de la société. En matière de déplacements et de transports, cela conduit à d’épouvantables contradictions puisque ce travail de prospective démontre clairement l’inutilité et la nocivité d’un des projets majeurs du mandat actuel. Mais l’essentiel est que l’exécutif prenne les choses avec le sourire. Et aussi, qu’il affiche sa fierté d’avoir adopté deux « plans d’actions » dont les mesures sont loin d’être convaincantes.

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Ouragan sur les paradis fiscaux

Avant de se pencher sur la solidarité envers les îles dévastées par l’ouragan Irma, la séance du jeudi 5 octobre du conseil départemental débuta par l’examen des rapports relevant de la commission des finances, notamment la présentation des rapports annuels d’activités des contrats de partenariat (PPP).

Rien de vraiment nouveau à ce sujet. La systématisation du procédé m’avait fortement mobilisé en son temps mais ce type de contrat n’est plus à l’ordre du jour dans le Loiret. Nous constatâmes seulement le plutôt bon déroulement des contrats en cours en 2016, ceux portant sur 8 collèges et quelques équipements annexes. Des difficultés étaient également exposées, notamment pour les performances énergétiques. Le tout est relativement bien encadré par les contrats de sorte que le Département est seulement amené à en vérifier la bonne exécution.

Néanmoins, Hugues Saury ne put s’empêcher d’adresser un message plus polémique à propos du tout premier des PPP du Loiret, celui conclu en 2006 pour le collège de Villemandeur et désormais arrivé à son terme – le contrat, pas le collège ;-). Le président rappela que la collectivité départementale a pris pleine possession de ce collège en juillet dernier après en avoir payé toutes les annuités et que le bâtiment est en très bon état. Hugues Saury en fit un argument pour dénoncer le « procès d’intention » qui avait été fait à l’époque contre cette procédure de partenariat public-privé.

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Le début des adieux du sénateur Saury

La session d’automne du conseil départemental se tient ces jours-ci et je vais tâcher de vous en rendre compte en pointillé au fur et à mesure.

Tout a commencé hier, mercredi, par une séance d’ouverture au cours de laquelle le sénateur fraîchement élu, Hugues Saury, fit le bilan d’une présidence départementale qu’il va être contraint d’abandonner pour poursuivre sa grande carrière politique nationale.

En revenant sur ses 30 mois de mandat à la tête du Département, il insista sur le renouvellement de la gouvernance par le dialogue – c’est indéniable – et la mise en place d’une solidarité envers les territoires du Loiret – ce qui est plus flou.
Il mit également en avant la nouveauté consistant à avoir écrit un « projet de mandat ». C’est sûr que c’est mieux que rien mais on pourrait penser que cela méritait d’être fait avant les élections.
Il vanta la nouvelle politique contractuelle d’aide aux communes, une amélioration en partie discutable – je l’ai déjà fait ici – mais dont on retient surtout maintenant que, sans cette distribution de subventions dans toutes les mairies du département, la notoriété du candidat au Sénat Hugues Saury eut été forcément moindre.

Après quoi, s’agissant de son « dernier discours » d’ouverture de session avant de partir « vivre l’action politique d’une autre façon », le président tint à dire merci à tous.

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