Communiqué : Le conseil départemental du Loiret sait aussi se montrer indulgent

La commission permanente du conseil départemental du Loiret examinait ce matin le traditionnel bilan des aides départementales accordées aux entreprises industrielles et artisanales. Cette intervention économique, facultative par le passé, n’est désormais plus de la compétence du Département. Le suivi des accords pluriannuels avec les anciens bénéficiaires se poursuit néanmoins et il est toujours aussi peu exigeant.

L’affaire Nokia défraie l’actualité et démontre une nouvelle fois le cynisme des grands groupes auxquels les pouvoirs publics accordent leur confiance. Il n’y a pas lieu d’être optimiste pour les salariés français du groupe finlandais mais, à défaut d’obtenir des résultats, le gouvernement se montre pugnace et c’est l’image de Nokia qui pourrait en prendre un coup. Même si les entreprises aidées par le conseil départemental du Loiret sont bien loin des multinationales sans foi ni loi, on pourrait peut-être leur demander des comptes avec un peu plus de sévérité, à l’instar de celle que le Département applique parfois en matière d’aides sociales.
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Les enfants ne sont pas des sardines

J’étais tout à l’heure aux côtés des agents départementaux de la Maison de l’Enfance qui manifestaient leur colère devant l’Hôtel du Département. Depuis plusieurs mois, en effet, ce lieu d’accueil où l’on héberge des enfants mineurs en danger est confronté à une surpopulation ingérable. En cause, d’une part l’arrivée de nombreux jeunes étrangers sans famille, les fameux MNA ou mineurs non accompagnés dont nous parlons souvent en session, d’autre part l’obstination de la majorité départementale à ne voir que l’aspect comptable du problème, ce qui conduit à refuser de s’occuper dignement de ces enfants.

Résultat, après les avoir plus ou moins abandonnés dans des hôtels sordides, le conseil départemental n’a pas su faire autrement que de placer des dizaines de jeunes en excédent dans les locaux de la Maison de l’Enfance. D’où le slogan affichant que ce « ne sont pas des sardines » et l’illustration de cette situation par des manifestants serrés à même le sol.

Cette présence de mineurs étrangers, venant s’ajouter aux très nombreux enfants français confiés aux services départementaux, ce n’est pas une nouveauté. Malheureusement, la question n’a jamais été traitée dans le respect de la dignité des jeunes. Selon la « vision comptable » revendiquée par l’exécutif départemental, il ne peut être question d’ouvrir de nouvelles structures d’accueil. Pire, il semblerait que se prépare désormais la fermeture d’une ou plusieurs MECS (Maison d’enfants à caractère social) dans le Loiret. Les jeunes qui y sont accueillis sont des enfants qui sont en danger dans leur famille où l’on ne prend pas soin d’eux. Ce ne sont pas des migrants. Mais si on ferme les lieux d’accueil, cela veut dire qu’ils seront placés dans des familles et, incroyable mais vrai, il arrive que ce placement s’effectue dans leur propre famille par le même type de décision de justice qui les en a retirés.

Dans ces conditions, c’est dire si les jeunes étrangers sont mal vus.

La vice-présidente Alexandrine Leclerc a cependant reçu une délégation des manifestants pour aborder les questions qui fâchent. Les revendications des personnels de la Maison de l’Enfance ont reçu des réponses plutôt favorables. Quelques moyens en plus et une promesse de résorption de la surpopulation des locaux d’ici quelques semaines (en attendant ce seront toujours des sardines).

Oui mais …

Si les agents départementaux ont obtenus des garanties pour l’amélioration de leurs conditions de travail aujourd’hui très dégradées, aucune réponse n’est apportée aux jeunes. S’ils ne viennent plus grossir les effectifs de la Maison de l’Enfance, est-ce que cela veut dire qu’ils se retrouveront à la rue ? dans des hôtels ?

A quand un renversement de la problématique qui consisterait à accueillir d’abord avec dignité ces jeunes au lieu de finasser sur les lignes budgétaires ?
Si la solution paraît plus coûteuse au départ, de nombreux exemples montrent que tout le monde y gagne in fine. Quant au fameux « appel d’air » qui terrorise mes collègues élus, les études menées à ce sujet montrent qu’il n’y a pas de corrélation entre la qualité de l’accueil reçu et la motivation des migrants à venir en France. Alors, oui, cela demande des efforts que de traiter les jeunes en détresse avec humanité. Mais je connais bien d’autres dépenses départementales qui sont bien moins justifiées que cela.

Le retour du grand contournement d’Orléans ?

La commission des bâtiments, des routes et des transports du Conseil départemental du Loiret est partie en voyage d’études dans le Sud de la France ces derniers jours.

Ce n’était pas pour profiter des dernières chaleurs de l’été qui s’achève lentement au bord de la Méditerrannée. Le programme des travaux de la commission (ci-dessous) prévoyait d’aborder notamment deux projets importants : le canal du midi et la rocade de Narbonne.

Curieusement, la visite du chantier d’achèvement de la rocade de contournement de Narbonne est mise en relation avec le projet de déviation routière à Jargeau. Serait-ce un signe que le contournement d’Orléans revient à l’ordre du jour ?

Lorsque j’ai posé la question à Marc Gaudet, vice-président en charge des routes, il s’est contenté de hausser les épaules en souriant. Comme s’il s’agissait d’une bonne blague. Pourtant, il fut un temps où la réalisation d’un grand contournement d’Orléans était bien la raison invoquée pour justifier le projet de déviation de Jargeau, alors associé à une déviation à Meung-sur-Loire et au barreau autoroutier Artenay-Meung. Lorsqu’il est apparu que cela motivait une très forte opposition aux différents éléments de ce contournement, le conseil général avait fait du rétropédalage en reniant ses propres études de projet.

Alors, peut-être que l’ensemble d’une grande rocade autour d’Orléans n’est plus à l’ordre du jour mais la comparaison avec Narbonne vient renforcer l’évidence selon laquelle le projet de Jargeau est avant tout un ouvrage de contournement de la Métropole et pas seulement une déviation de village (un peu) encombré. Comme je l’ai rappelé à Marc Gaudet, les études les plus récentes montrent bien que la réalisation d’un nouveau pont entre Mardié et Darvoy ,avec ses 14km de route jusqu’à La Source, ne ferait que susciter un accroissement global du trafic depuis l’Est d’Orléans vers le Sud. Tout cela contribuera à encombrer d’autres villes que Jargeau et Saint-Denis -de-l’Hôtel sans résoudre durablement la question de la mobilité dans la métropole. Au contraire, le Conseil départemental est en pleine contradiction avec les modestes objectifs affichés en matière de lutte contre le changement climatique. Nos compatriotes des Antilles apprécieront sans doute que l’augmentation de l’intensité des cyclones tropicaux soit le cadet des soucis de notre majorité départementale.

Ci-dessous, la rocade de Narbonne est juste au ras de cette petite ville au carrefour de grands axes reliant notamment à l’Espagne. A côté, l’ancien projet de contournement d’Orléans passait à 20km du centre-ville et ne visait qu’à amplifier la circulation des camions à travers tout le Loiret.

Plaisirs d’été

Les manifestations officielles qui occupent mon agenda d’élu vont s’interrompre au coeur de l’été. Ma toute dernière sortie, très agréable, m’a permis d’assister à l’ouverture d’une exposition et à la signature de conventions en faveur du patrimoine et de la biodiversité que la ville de Chécy passe notamment avec deux associations locales (CAVE et Chécy les amis du patrimoine).
Je recommande de visiter l’exposition des superbes photos de Didier Ducanos d’ici le 9 septembre prochain au musée de la Tonnellerie de Chécy. Elle vient conforter le partenariat de la ville de Chécy avec le MOBE, c’est à dire le nouveau Musée d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement qui prendra la suite du Museum. Il y a en effet urgence à protéger et reconquérir la biodiversité autour de nous et notamment dans ce poumon vert à l’Est de la Métropole dont ont très bien parlé Jean-Vincent Valliès, maire de Chécy, et Stéphanie Anton, adjointe au maire d’Orléans, représentant le maire et président de métropole Olivier Carré. Dommage qu’une autre collectivité que je connais bien s’apprête à casser sa tirelire pour venir ravager les lieux à Mardié et attirer à Chécy une circulation automobile accrue.
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