juillet
2009
Il y a quelques jours, se tenait l’Assemblée générale de l’Agence de développement économique du Loiret, un service déconcentré du Conseil général du Loiret. L’occasion pour une brochette d’élus et d’entrepreneurs d’assister à une agréable conférence de l’auteur de l’ouvrage « comment survivre à la crise ». Alex de Tarlé, économiste formé en école de commerce et chroniqueur dans une radio à fort potentiel publicitaire, nous a raconté la crise avec beaucoup de décontraction et une accumulation de lieux communs débités avec un certain talent d’animateur.
Haro sur les fonctionnaires ! Le penseur unique nous a vanté le modèle des ministères suédois qui comportent très peu de fonctionnaires parce que leur travail a été externalisé … un peu comme le Département du Loiret qui a confié le développement économique à une agence spécialisée.
Il va sans dire que pour un si brillant commentateur économique, la crise que nous connaissons n’est qu’un mauvais moment à passer, qu’elle finira bien par s’arrêter et que nous pourrons tout reprendre comme avant, cela va de soi.
Cédant néanmoins à l’air du temps, notre conférencier évoqua à plusieurs reprises l’avenir prometteur de l’énergie verte (mais qu’entendait-il par là ?) puis, questionné sur l’industrie automobile, au lieu de nous féliciter de nos gigantesques investissements routiers, il appuya sa réponse sur le constat que l’usage de la voiture est en régression dans notre société.
Du coup, le léger abattement du Président du Loiret à la suite de ces propos se traduisit par un lapsus de sa part qui lui fit parler au passé du Mécapôle de Saran. Doit-on en conclure que ce projet d’un autre siècle est inconsciemment enterré par son plus fervent promoteur ? Ce serait une bonne nouvelle pour Saran, pour le développement économique du Loiret et pour la planète.
J’ai noté qu’en matière de développement économique, le département s’enorgueillit de devenir pôle papier hygiénique de l’Europe avec l’installation d’une nouvelle usine à Montargis. C’est toujours mieux que d’attirer des camions. Mais ces 150 emplois, manifestement utiles au groupe I.C.T. dont il est question ici, arrivent dans le Loiret au terme d’une rude bataille contre les élus locaux des nombreux autres endroits où leur implantation a été envisagée. Heureusement que nous sommes les meilleurs. Il ne manquerait plus que – au hasard - des bretons, des catalans ou des belges fabriquent du papier hygiénique à la place de nos demandeurs d’emploi.
Comme je plaisante sur un sujet sérieux, on va encore m’accuser de ne pas être solidaire des habitants du Montargois mais je les rassure tout de suite : si jamais l’agglomération d’Orléans avait envisagé une subvention pour leur piquer l’usine I.C.T. et la faire venir dans le canton de Chécy, j’aurai trouvé cela aussi peu logique. Tout comme je trouve déplorable que tel ou tel département français ou pays étranger se démène pour nous enlever les sites industriels du Loiret. Bref, mon slogan serait plutôt : « agences de développement économique de tous les pays, unissez-vous ! ».
Enfin, le discours de conclusion du Président du Conseil général fut aussi l’occasion de rappeler l’engagement du Département en faveur du « développement durable etc. ». En effet, je ne sais pas si je suis le seul à l’avoir remarqué, mais le « développement durable », dans la bouche d’Eric Doligé, c’est forcément le dernier terme d’une énumération et il n’amène jamais aucune autre précision que le « et caetera » qui le suit systématiquement. Par exemple : le Loiret fait beaucoup pour les fouilles archéologiques, l’amélioration de la race chevaline, le développement durable etc. Ou bien : notre budget est de cent millions pour les routes, vingt millions pour le sport, cinquante mille euros pour le développement durable etc. …