Pendant la crise, Eric Doligé continue de râler dans son coin

Je sais que ce n’est pas cela qui résoudra les problèmes que rencontre notre pays, mais il me faut encore vous parler de cuisine électorale (et pas seulement de cuisine pour les collégiens).
En effet, en raison de la nouvelle loi électorale adoptée l’an passé pour les départements, le Conseil général était réuni aujourd’hui afin de donner un avis sur le découpage des nouveaux cantons. Je ne vous referai pas tout l’historique mais rappelons-nous seulement que le président Doligé en fait une jaunisse et qu’il a déjà largement utilisé les moyens de la collectivité pour dénigrer le gouvernement sur le thème de la mort des départements ou la fin de la ruralité.

Bref, cela chauffait un petit peu, cet après-midi, à Chamerolles, dans la grande halle réquisitionnée pour s’assurer un auditoire conséquent, à titre exceptionnel. Il est vrai que lorsqu’il s’agit de privatiser les cantines, notre Président préfère le secret des alcôves. Autant vous dire que mon intervention a généré un peu d’agitation. Je m’empresse de vous la livrer in extenso à l’attention de ceux qui avaient d’autres chats à fouetter comme de ceux qui étaient présent mais n’ont pas pu entendre.


Monsieur le Président,

Vous avez choisi de dramatiser à l’excès un débat pourtant bien anodin.
En effet, aujourd’hui, nous n’allons pas définir de nouvelles politiques départementales ni répondre aux attentes de nos concitoyens par une utilisation raisonnable des compétences qu’ils nous ont déléguées.

Nous avons seulement à donner un avis sur de nouvelles circonscriptions électorales. Vous nous présentez cet événement comme si nous vivions la fin du monde. Pourtant, les circonscriptions électorales ne font pas monter le niveau de la Loire pas plus qu’elles ne changent la façon d’administrer le territoire. Les circonscriptions électorales sont seulement une façon d’organiser un mode de scrutin majoritaire pour constituer une assemblée.

Comme vous le savez, la collectivité que nous administrons, ce n’est pas, chacun de nous, son propre canton, c’est, tous ensemble, le département. Si vous voulez que nous le fassions en respectant l’équilibre entre les parties les plus urbanisées et celles où la densité de population est plus faible alors il y a bien d’autres solutions que votre clientélisme à outrance.

Juste un exemple : vous dites respecter une prétendue « ruralité » et lorsqu’il s’agit de la restauration scolaire des collégiens, vous êtes capable de décider en secret de privatiser ce service public. Ainsi le partenariat public-privé pour cinq nouveaux collèges dispersés dans tout le département est devenu pour vous un moyen précieux d’interdire toute concertation avec les populations concernées. Cette procédure d’exception vous a permis d’écarter les élus locaux lorsque vous avez choisi de trahir votre engagement concernant la cuisine sur place. Cela montre bien que le scrutin archaïque qui vous a fait président n’assure nullement le respect des territoires. Dommage pour les jeunes qui sont scolarisés à Châteaurenard, Traînou, Ferrières-en-Gâtinais, Bazoches-les-Gallerandes ou Chécy.

Dans ces conditions, je ne veux pas chercher pas une carte introuvable qui serait conforme à votre liste de critères. Ces critères, c’est un peu la liste au Père Noël.

Je veux juste rappeler la position que les écologistes ont toujours défendue : un mode de scrutin de liste départementale, avec un président issu du vote de tous les habitants et sur la base d’un projet de territoire cohérent dans tout le département. Vous-même ne vous êtes présenté que devant 3 % des électeurs dans le canton de Meung-sur-Loire. Ce canton, en tant que sénateur cette fois, puisque vous cumulez les mandats, vous le faites bénéficier de l’essentiel de votre réserve parlementaire au détriment du reste du Loiret.

La loi que le précédent gouvernement avait adoptée était conforme à votre logique de préférence cantonale (le mot est de vous). La loi désormais en vigueur n’a pas complètement corrigé cela. Dommage. Le département sera donc morcelé le jour de l’élection de notre assemblée. Vous pourrez ainsi commenter sans fin la taille et la forme des cantons. Le Loiret n’en sera pas moins tout entier administré par le futur conseil départemental et celui-ci sera seul responsable des équilibres entre les villes et la campagne. Je ne peux malheureusement pas dire que votre long mandat aura été si bénéfique que cela pour ces équilibres territoriaux.

2 réflexions sur « Pendant la crise, Eric Doligé continue de râler dans son coin »

  1. eh, bé ! chapeau, Thierry ! ça, ce n’est pas de la langue de bois et nous, nous faisons partie de ces « Français » qui ne pensent surtout pas que tous les élus sont à mettre dans le même sac, celui de la défense de leurs intérêts personnels d’élus (le clientélisme) ! Tu en es, encore à cette occasion, la preuve !
    Cordialement

  2. Ping : Retour sur un long après-midi de découpage | Ensemble, agissons pour notre qualité de vie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *