De ci, de là

Quelques infos en vrac qui m’ont marqué ces dernières semaines.

Le retour de la taxe poids-lourds plutôt que celui d’un ancien président poids-plume

Le vin (et les habitants) de Banyuls traités aux insecticides comme de vulgaires moustiques.

L’énergie nucléaire estimée à sa juste valeur : ça nous coûte très très cher.

Ecomouv’ : Le rapport de la commission d’enquête au Sénat confirme la faisabilité de la mise en place rapide de la taxe

Suite à la publication du rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur Ecomouv’ dont il était membre, le sénateur écologiste Ronan Dantec se réjouit que les conclusions des deux commissions parlementaires ouvrent la voie à la mise en place d’une nouvelle taxe poids lourds, toujours adossée à la réalité de l’utilisation des infrastructures.

Les conclusions des commissions parlementaires confirment donc la faisabilité de la mise en place rapide de la taxe. Certaines de leurs propositions vont dans le même sens que celles contenues dans le rapport de Ronan Dantec sur le volet transports routiers de la loi de finances pour 2014, publié à l’automne dernier.

* Des systèmes d’exonérations permettant de répondre aux difficultés de certains secteurs économiques fragiles et des territoires excentrés ;

* L’utilisation d’une partie de la recette pour la modernisation de la flotte de poids lourds et l’amélioration des conditions de travail des routiers ;

* Une contribution supplémentaire des sociétés d’autoroutes au financement des transports. Les sociétés d’autoroute vont bénéficier d’un report prévisible du trafic de camions des routes soumises à taxe poids lourds vers les autoroutes.

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Pesticides, on arrose tout le monde ?

Pour combattre la propagation du Chikungunya, on ne sait pas faire autrement que d’asperger à tout va avec un insecticide. A Banyuls-sur-mer (66), cela fait réagir la population. Si les gens commence à s’imaginer que les bons produits de l’industrie chimique peuvent aussi leur faire du mal, on va finir par ne plus cultiver que du Banyuls bio.

Cette anecdote est à rapprocher d’un succès écolo avec l’annonce de Ségolène Royal promettant qu’elle « signera un arrêté interdisant l’épandage aérien de pesticides pour l’ensemble des cultures qui pouvaient bénéficier d’une dérogation ».

Europe écologie Les Verts s’en est réjouit en ces termes :

L’épandage aérien des pesticides est une source de pollution majeure notamment dans les zones de production de bananes. Les dérogations accordées à ces épandages étaient hors la loi et nombreuses étaient les associations de protection de l’environnement qui luttaient activement contre ces dérogations. Les écologistes avaient défendu des amendements en ce sens à l’Assemblée et au Sénat.

Il est temps d’agir clairement sur ce sujet à l’heure où l’on sait que la pollution de l’air en milieu rural est un phénomène intimement lié à l’agriculture intensive et à l’usage des pesticides.

Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a, quant à lui annoncé, l’interdiction prochaine de plusieurs pesticides dont la nocivité sur les abeilles est reconnue. Là aussi c’est une mesure importante et qu’il était urgent de prendre. Nous rappelons que nous sommes là dans un cercle vicieux dont il est temps de sortir : plus il y a de pesticides utilisés en agriculture plus les maladies se développent et se renforcent, plus il y a besoin de produits phytosanitaires. Préservons la biodiversité, respectons les équilibres naturels, c’est la meilleure manière de lutter contre la prolifération de parasites.

C’est aussi un enjeu majeur de santé, tant pour les agriculteurs qui développent de plus en plus de maladies professionnelles liées à l’utilisation de pesticides (cancer, malformations congénitales, problèmes d’infertilité, problèmes neurologiques ou encore système immunitaire affaibli), que pour toute la population. Enquête après enquête les recherches montrent clairement les risques d’une exposition, même à faible intensité, au cours de périodes sensibles du développement (in utero et pendant l’enfance).

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La Cour des Comptes confirme l’envolée des coûts du nucléaire

La Cour des Comptes a présenté le 27 mai son rapport sur les coûts du nucléaire, réalisé à la demande de la commission d’enquête portant sur le même objet, mise en place à la demande du groupe Écologiste à l’Assemblée nationale, et dont Denis Baupin est rapporteur.

Le rapport de la Cour met en évidence une augmentation des coûts de production nucléaire de plus de 20% en 3 ans ! Cette augmentation est largement due à l’accroissement des coûts de maintenance des réacteurs vieillissants. Et la Cour précise que cette augmentation va se poursuivre dans les années à venir. Elle précise aussi que cette augmentation ne prend pas en compte l’EPR de Flamanville, dont elle ne peut préciser le coût de production, mais dont elle indique qu’il sera encore largement supérieur au nucléaire existant !

Parallèlement, la Cour des Comptes confirme les évaluations qui avaient été mis en évidence par la commission d’enquête en ce qui concerne le mur d’investissement auquel doit faire face EDF. Alors que le Grand Carénage est évalué à 55 milliards d’euros par EDF, la Cour des Comptes indique que les investissements à venir se chiffreraient plutôt à 110 milliards en euros courants ! De plus, même si ces investissements sont nécessaires pour atteindre les 40 années de durée de vie des réacteurs, ils ne suffiront pas à garantir leur capacité à être prolongés au-delà de 40 ans. L’Autorité de Sûreté Nucléaire a en effet rappelé à de nombreuses reprises que cette prolongation n’est nullement garantie, et que si elle était autorisée, réacteur par réacteur, elle entrainerait probablement des travaux supplémentaires pour en accroître la sûreté.

Pour Denis Baupin, député écologiste, « le rapport de la Cour des Comptes montre qu’il n’existe pas de rente nucléaire. Au moment où le coût des énergies renouvelables ne cesse de décroître, celui du nucléaire existant est en augmentation régulière. La transition énergétique était déjà une nécessité écologique, elle devient un impératif économique et social pour éviter de voir exploser les factures d’électricité et permettre à la France de ne pas rater le virage énergétique pris par nos voisins. »

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