Entrée en matière contrastée pour le budget 2015

L’assemblée départementale entamait hier une semaine de session plénière consacrée au vote du budget tandis qu’une contestation inédite s’exprimait à nos portes, rassemblant l’ensemble des organismes qui assurent l’hébergement de personnes handicapées.
A l’intérieur, le climat était plus calme, les esprits étant sans doute déjà tournés vers la future campagne électorale qui se prépare pour les élections départementales des 22 et 29 mars prochain.

En attendant, jusqu’à vendredi, il faudra quand même examiner avec attention le budget préparé par la majorité pour l’année 2015. Hormis le lancement de la labellisation de l’Agenda 21, il n’y aura pas vraiment d’autres décisions prises dans les jours qui viennent.

Comme à son habitude, le président Doligé a entamé la séance par un tour d’horizon des rapports qui seront abordés.
Bien entendu, il a souligné que ça va très mal pour les recettes financières du conseil général, notamment la dotation de l’Etat et, dans une moindre mesure, les recettes fiscales qui demeurent incertaines. « Nous avons moins d’argent mais nous devons faire aussi bien », proclama-t-il après avoir listé des objectifs variés pour les dépenses, ceux que je partage, comme le plan de modernisation des établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes ou les évolutions dans le domaine du numérique, et ceux que je ne partage pas, comme la construction de nouvelles routes ou les aides à fonds perdus aux entreprises. En ce domaine, la nouvelle agence économique Loire & Orléans va donner l’occasion à notre président de renouer avec la cérémonie des vœux, une dernière fois avant sa retraite d’élu départemental (rassurez-vous, il reste sénateur et membre éminent de l’UMP).
Ce discours lui donna également l’opportunité de vanter les mérites de l’autoroute A19, un quasi succès selon notre grand bétonneur, puisque cette opération n’est déficitaire que de 68 millions d’euros cette année, soit à peine plus que ce qui est normal pour un début d’exploitation. Eric Doligé se fit d’ailleurs le défenseur des pauvres multinationales qui exploitent les autoroutes françaises : selon lui, elles accepteraient gentiment de faire des déficits dans les premières années de fonctionnement d’un nouveau tronçon et mériteraient bien les gains qui surviennent ensuite. Il faut croire que le gouvernement a tout faux en s’élevant contre les profits faramineux de Vinci et consorts. La Cour des comptes aussi doit avoir tout faux ainsi que tous ceux qui ont regardé de près les marges bénéficiaires des sociétés d’autoroute. De mon côté, je continue de regretter non seulement les 50 millions d’argent public offerts pour avoir l’A19 mais surtout les 1500 hectares de terres perdues pour l’agriculture du Loire.

Mes collègues Michel Ricoud et Michel Brard prirent la parole pour défendre les actions sociales du Département mises à mal par le projet de budget. Ils rappelèrent notamment la situation dramatique qui est faite aux jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance ainsi qu’aux personnes handicapées. Pour les structures qui hébergent ces personnes, la question du paiement des soins infirmiers n’est toujours pas réglée et une imposante manifestation se tenait devant l’Hôtel du Département pendant la séance. On se souvient qu’en mai dernier, le conseil général avait appliqué une mesure rétroactive qui supprimait la compensation du coût des infirmiers présents auprès des personnes handicapées. Devant le tollé soulevé, que j’avais relayé autant que possible, le président Doligé avait accepté, en session de juin, de revenir sur sa décision à condition que l’Agence régionale de santé prenne le relais. Or, le relais n’est pas pris et les structures qui accueillent les handicapés se retrouvent le dos au mur. J’avoue que je ne comprends pas que l’on sème une telle inquiétude pour grignoter 700 000 euros.
Vous me direz peut-être que cette somme n’est pas négligeable dans le budget départemental près de cent fois plus élevé.
Pourtant, la réponse d’Eric Doligé fut de dire que les associations concernées n’ont qu’à faire des économies car, cette somme, « c’est si peu » par rapport à ce qu’elles reçoivent. Puis il dénonça les visées électoralistes qu’il estime sous-jacentes.

Je choisis ce moment pour présenter mon analyse de l’endettement inquiétant du département.

Le président s’agaça de mes propos mais ne put que botter en touche en dénonçant l’Etat qui fait encore pire car il paye les dépenses avec de la dette. Il admit que « Oui, nous sommes un peu endettés. » Poursuivant dans l’euphémisme il déplaça à 15 ans la barre à ne pas dépasser comme capacité de désendettement, une barre dont il est communément admis qu’elle est plutôt de 10 ans … du moins dans les textes adoptés par le conseil général du Loiret.
Enfin, après l’Etat, ce sont les autres départements dont il dénonça la situation encore pire que la nôtre : « ils seront dans deux ans dans l’incapacité de fonctionner ce qui ne sera pas le cas du Loiret. » Bref, puisque ça va mal ailleurs, ne nous tracassons pas des risques encourus chez nous. Ce n’était pas la peine que je propose une grille de lecture plus efficace des liens entre investissement et fonctionnement.

Après quelques autres interventions la séance fut suspendue pour que les rapports les plus urgents puissent être examinés en commission.
J’en profitai pour rejoindre les manifestants, parmi lesquels les représentants de deux structures installées dans le canton de Chécy et dont le travail remarquable m’est bien connu. Force est de constater que la colère contre le conseil général traverse toutes les tendances politiques car une ancienne élue de l’équipe de Serge Grouard était également présente. Si les associations qui s’occupent des personnes handicapées peuvent comprendre les difficultés budgétaires du Département, elles sont proprement révoltées par le refus de dialogue qui leur est opposé.

De retour en séance nous étudiâmes quelques dossiers à passer en urgence
Rapport A1 Partenariats en faveur du sport

Le débat portait uniquement sur l’opportunité de financer à hauteur de un million d’euros, en deux ans, les travaux du stade de La Source pour que le club de football d’Orléans joue en Ligue 2. La majorité tenta de nous convaincre que les matches de football professionnel, « c’est du social. »
Je choisis malgré tout de m’abstenir avec 6 autres élus en suggérant à notre président, adepte des croisades contre l’Etat, d’en mener une autre contre la Ligue de football professionnel pour qu’elle n’impose pas des normes coûteuses aux collectivités territoriales.
Rapport E2 modification du budget 2014 des infrastructures routières
En cohérence avec notre opposition à la politique menée dans ce domaine, ma collègue écologiste et moi-même nous sommes prononcés contre ce rapport qui a été adopté malgré deux autres votes contre.
Rapport C2 modification du budget 2014 des actions en faveurs des publics fragiles
L’ensemble de l’opposition se prononça contre ce dossier dans la mesure ou nous contestons la réduction de ces actions.
Rapport D1 total des modifications du budget 2014
En accord avec mes votes précédents, je me prononçai contre cette décision modificative, tout comme les collègues écologiste et communistes.

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