La solidarité mérite de solides Assises

Trois mois après son élection à ce poste, le nouveau président départemental, Hugues Saury, lançait aujourd’hui les « Assises » thématiques destinées à rétablir le dialogue avec les partenaires du conseil départemental, à commencer par les associations. Sans surprise, ce sont les questions de solidarité qui arrivent les premières dans cette démarche puisque cette compétence majeure du Département a le plus souffert de la vision purement comptable du précédent exécutif. Bien entendu, Hugues Saury dément tout reniement des choix de son prédécesseur mais ces dénégations ne font que renforcer l’idée selon laquelle, dans la méthode au moins, la politique départementale a radicalement changé. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai assisté et participé à cette première journée consacrée à l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.

Si je soutiens totalement l’initiative en cours de la part de la droite départementale, ce n’est pas parce que j’aurais viré ma cuti après les élections. C’est juste que la majorité renouvelée est en train d’appliquer le programme pour lequel j’ai été élu et réélu.
Voici ce qui figurait en effet dans le projet départemental commun des socialistes et des écologistes, en 2008 : « Rétablir des relations de travail normales, sincères et confiantes entre l’exécutif du département et les associations du secteur social », puis en en 2011 : « Développer le partenariat avec les communes et les associations ce qui signifie de respecter les prérogatives, les objectifs et les souhaits des partenaires » et enfin en 2015 : « Mettre en œuvre un véritable partenariat, basé sur le dialogue et le respect mutuel, avec les associations, acteurs essentiels du territoire ».
Certes, Hugues Saury ne peut être accusé d’avoir copié nos propositions car il n’en avait probablement pas connaissance : il a montré lors de la dernière session qu’il n’imaginait même pas que l’on puisse se présenter aux élections avec un projet de mandat. Mais, blague à part, je ne peux que saluer sa démarche résolument opposée aux abus d’autorité que j’ai pu combattre dans le précédent mandat.
Le dialogue est en train de se rétablir et les organismes représentés aujourd’hui sur les problématiques de l’autonomie ont semblé s’en réjouir comme moi.

Bien entendu, ce processus va s’inscrire dans la durée. Si c’est dès jeudi que seront abordées les questions liées à l’enfance, il faudra ensuite attendre l’automne pour que soient traités l’insertion, la jeunesse et d’autres politiques propres au conseil départemental. Pour le nouvel exécutif, en effet, ce n’est qu’en décembre qu’il y aura un projet de mandat bien défini. Allez, soyons juste, si c’est pour l’élaborer en concertation avec les partenaires et la population, nous n’aurons pas en vain attendu une année pour définir le nouveau visage du Département. Surtout si on sort de la logique comptable – selon laquelle tout ce qui compte c’est de réduire le budget – pour passer à une logique de besoins à satisfaire – où le budget n’est que la somme des choix qui répondent le mieux aux besoins actuels sans en créer de nouveaux ou compromettre ceux des générations futures.

Bien entendu, même dans l’hypothèse où la gouvernance du Département se ferait à l’avenir en fonction des besoins des habitants, il n’est pas certain que les priorités iront en faveur des plus démunis. Sous le nouvel étendard des « Républicains », la droite Loirétaine ne semble toujours pas très portée sur l’égalité qui figure aux frontons des mairies. J’en veux pour preuve la dernière trouvaille adoptée en commission permanente le 26 juin dernier : alors que l’on entend sans cesse répéter qu’il faut se recentrer sur les compétences du conseil départemental, celui-ci va s’engager aux côtés de la chambre d’agriculture pour le développement de poulaillers géants dans le Loiret. La FNSEA n’a pas besoin qu’on organise des « Assises » pour faire valoir ses besoins les plus délirants.

Quant aux investissements dont la majorité départementale fait son cheval de bataille, je veux bien qu’ils participent au développement économique mais encore faut-il qu’ils répondent à une véritable urgence. Faut-il plutôt financer une déviation routière en rase campagne ou la rénovation d’un lieu d’hébergement pour les enfants ?

Bref, rendez-vous en décembre pour voir si la concertation et la confiance rétablie avec les associations du secteur social conduira ou pas la majorité à réorienter ses priorités vers les enfants, les ayant-droit du RSA, les personnes handicapées ou les personnes âgées dépendantes.

Une réflexion au sujet de « La solidarité mérite de solides Assises »

  1. Bonjour Thierry
    J aime bien. C est juste juste.
    Bonnes soirée
    Christophe

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