Mon vœu est exaucé !

N.B. : Ce billet est le deuxième de la série qui complète mon compte-rendu des dernières sessions du conseil départemental (novembre et décembre) paru sous le titre « Le Conseil départemental reste bourré de contradictions ».

La conférence de Paris pour lutter contre le changement climatique est désormais derrière nous et, malgré l’accord conclu à cette occasion, le plus dur reste à faire : mettre en œuvre des politiques et des activités quotidiennes qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre.
Tout au long de ces derniers mois, je me suis impliqué dans de nombreuses actions de sensibilisation à ce sujet et je n’entends pas m’arrêter là, que ce soit comme simple citoyen, comme militant associatif ou politique au sein d’Europe Écologie Les Verts … et bien sûr comme élu départemental. Compte tenu du planning des sessions plénières de cet automne, c’est le 19 novembre dernier que j’ai abordé le sujet devant l’ensemble de mes collègues. J’entendais leur proposer de s’engager dans la campagne internationale de désinvestissement des énergies fossiles à laquelle de nombreuses collectivités locales se sont déjà associées.

Après une présentation d’un premier texte au sein de la commission des finances, j’en avais un peu atténué le caractère juridiquement coercitif, répondant ainsi à la proposition du président Saury de rechercher une version plus consensuelle qui serait portée conjointement. Plutôt que de vouloir afficher une position radicale vouée à l’échec, j’acceptai la main tendue et présentai mon projet de vœu du conseil départemental pour inciter nos partenaires financiers à un retrait de leurs investissements du secteur du charbon pour les reporter vers des énergies renouvelables et les économies d’énergie.
Voici l’exposé que j’en fis le 19 novembre :

Malheureusement, les délais étroits de cette session de novembre n’avaient pas laissé le temps à la majorité de mûrir sa décision et le président me fit alors une autre proposition : reporter ce vote à la session de décembre pour s’assurer d’un large consensus et associer cette prise de position à la présentation du rapport annuel sur le développement durable. J’acceptai ce nouveau deal bien que ne voyant pas trop ce que mon texte pouvait encore poser comme problème. La suite me montra que nous pouvions effectivement tomber d’accord sur une version ambitieuse sur le fond. En pratique, le travail mené avec le cabinet du président amena essentiellement à insérer dans le vœu une description complète des actions de développement durable du Loiret, extraites de ce fameux rapport annuel. La recherche du consensus fut tout à fait sincère des deux côtés puisque j’obtins même un ou deux ajustements plus écolos encore.
Il faut dire que la vision du développement durable au sein du conseil départemental est encore très administrative et limitée à un inventaire de petites corrections écologistes apportées à une politique qui reste globalement conforme au paradigme consumériste. Au moment de débattre du rapport 2014 sur le développement durable dans le Loiret, je voulus cependant saluer les efforts accomplis au sein de l’institution et notamment le fonds carbone qui permet de mener des actions avec un bonus pour la lutte contre le réchauffement climatique. Je montrai en revanche les limites du raisonnement selon lequel on peut continuer de gaspiller et consommer toujours plus en espérant que les progrès de la techno-science viendront réparer les dégâts. J’insistai sur le fait que le développement durable n’a pas pour but de faire de la communication mais avant tout de répondre aux besoins des habitants tout en préservant la planète pour les générations futures. Je conclus en rappelant l’importance de la participation de tous les citoyens pour trouver des solutions viables.
Le résultat fut un long discours qui faillit lasser mes collègues :

Vint enfin l’examen du nouveau texte du vœu. Parlant à la dernière minute de la session donc juste avant les « vacances » de Noël, je fus plus concis mais néanmoins peu écouté :

Le président Saury parut le plus concerné par ce texte auquel il apporta une dernière touche en élargissant à toutes les « forces vives » du Loiret, le vœu d’un « engagement actif en faveur du désinvestissement des énergies fossiles et (…) d’objectifs volontaristes de réduction des émissions de gaz à effet de serre ».
La version finale fut adoptée à l’unanimité.

Post scriptum : il ne reste plus qu’à gérer la contradiction avec le choix de consacrer cent millions d’euros à la construction d’un pont avec 14 km de nouvelle route pour multiplier les camions autour d’Orléans.

2 réflexions au sujet de « Mon vœu est exaucé ! »

  1. Ping : Le Conseil départemental reste bourré de contradictions | Loire & écolo

  2. Bonjour, voila je m’informe sur internet, il me semble que tout un tas de chercheurs dans le monde ont découvert d’autre méthode pour faire avancer un véhicule, alors bien sur nous achèterions moins de pétrole ce qui ne ferait pas le bonheur de certaines multinationales, mais au bout du compte, je pense que tout monde serait mieux

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