Inondations : consensus en faveur des sinistrés mais pas sur les causes

Vous êtes nombreux à m’avoir fait remarquer que je n’écrivais plus beaucoup depuis quelques temps. J’avoue, je ne prends pas assez de temps pour raconter mes engagements politiques : ils n’en sont pas moins actifs. Vous le constatez parfois ci-contre au travers d’un tweet et cela se confirme si vous consultez mon agenda maintenu à jour plus régulièrement. Et puis, il m’arrive aussi de m’exprimer en tant que porte-parole local d’Europe Écologie Les Verts comme c’était encore le cas le 24 mai dernier.
En tous cas, même si tout cela m’a un peu détourné de ce blog, je maintiens mes traditionnels compte-rendus des sessions du conseil départemental et c’est à celle des 9 et 10 juin dernier que je consacrerai ce billet (et sans doute un autre bientôt).

L’ordre du jour prévoyait quelques dossiers importants comme l’adoption du plan d’investissement, de nouvelles formes de collaboration avec les communes, la réorientation de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA et une évolution du soutien aux personnes âgées.
Bien sûr, les récentes inondations qui ont frappé le Département occupèrent aussi une place de choix dans les débats. Autant le dire de suite, la proposition du président Saury d’attribuer 800 000 € aux sinistrés n’a pas rencontré d’opposition. Cependant, lorsque le 1er vice-président Gaudet a entrepris de justifier le projet de pont à Jargeau comme réponse aux inondations, j’ai bien été obligé de retrouver une position d’opposant, têtu certes, mais toujours à partir d’arguments sérieux auxquels mes collègues n’opposent qu’une foi aveugle en une vision passéiste du Loiret.

La séance d’ouverture a donné lieu au traditionnel discours du président suivi d’un débat désormais plus varié entre les conseillers de tous bords. Hugues Saury a bien sûr fortement insisté sur le premier bilan des inondations au sortir d’une période chargée où les services départementaux et l’exécutif ont répondu présents (ci-contre une visite à Combleux au moment de la décrue).
Avec l’équivalent de 3 mois de pluies en 3 jours, le mois de mai dans le Loiret a pulvérisé tous les records depuis que l’on fait des mesures. C’est ainsi que l’accélération des pluies pendant les derniers jours du mois a conduit 269 communes à la « catastrophe naturelle ». Avec un tiers des routes touchées, deux ponts effondrés et de nombreux bâtiments inondés, le conseil départemental aura des millions de dégâts à assumer. Cela n’empêche pas de se montrer en plus solidaire des particuliers sinistrés et des autres collectivités locales.
Hugues Saury nous a donc présenté un premier plan d’aide, certes modeste car devant s’inscrire dans le budget 2016, mais il sera probablement complété si l’ampleur de la facture s’avérait écrasante malgré l’intervention des assurances.
Huit cent mille euros seront attribués directement aux victimes des inondations dont une centaine d’euros par foyer sinistré qui devrait être versée d’ici la fin du mois. Un million en plus est destiné aux travaux des communes et communauté de communes ou d’agglomération et un autre million leur sera proposé sous forme de prêt sans intérêt. D’autres aides techniques ou de conseils seront mises en oeuvre par exemple avec l’agence départementale d’information sur le logement (ADIL) qui répond aux questions des personnes inondées au 02 38 62 47 07.
Une attention particulière sera accordée aux personnes âgées des établissements d’hébergement (EHPAD) évacués et la reconstruction de celui de Fay-aux-Loges (ci-dessous) devient prioritaire au sein du plan EHPAD.

Au nom de notre groupe socialiste écologiste et républicain, Christophe Chaillou remercia le président et s’associa aux compliments adressés aux agents départementaux. Il rappela l’importance du service public dans de telles circonstances et le rôle des impôts en France pour répondre à la détresse des sinistrés.

Alexandrine Leclerc souligna que cette crise témoigne aussi de la belle organisation de notre société. Elle cita la réaction très efficace des associations d’aide à domicile et insista sur la nécessité de développer la résilience psychologique grâce à l’accompagnement humain.

Comme je l’ai dit, Marc Gaudet, après avoir remercié les services des routes et des pompiers, trouva matière à reparler du projet de pont de Jargeau. Selon lui, en raison de la fermeture de l’autoroute A10 (ci-contre, l’incroyable fragilité de cette voie à grande circulation), les embouteillages sur le pont actuel justifieraient encore plus le projet de déviation.
Il commenta également le calendrier de ce dossier, se réjouissant de l’avis favorable rendu par la récente commission d’enquête. Il admit que les avis exprimés par la population étaient majoritairement contre le projet mais il s’empressa de dénigrer ce qu’il appela des « lettres-types », certaines provenant de pays lointains. Il annonça que la commission permanente du Département adopterait une « déclaration de projet » en juillet et qu’il espérait ensuite une déclaration d’utilité publique en octobre.

Après diverses interventions, dont le traditionnel « merci président ! » de Viviane Jehannet, je pris la parole pour rappeler que, si les inondations sont dues avant tout à la quantité d’eau exceptionnelle tombée sur le Loiret, il est possible d’y voir une conséquence partielle du changement climatique et on peut également s’interroger sur les facteurs aggravants qui viennent des activités humaines. Du coup, je soulignai aussi à quel point la création d’une nouvelle route, source d’émissions de gaz à effet de serre et d’imperméabilisation de 85 hectares de bonnes terres, me paraissait moins une réponse qu’un encouragement à de nouvelles inondations.

Marc Gaudet puis Hugues Saury s’indignèrent de ma mise en cause de l’enquête publique et défendirent l’honnêteté intellectuelle des commissaires enquêteurs, réputés neutres selon eux. Marc Gaudet ajouta que les propos tenus par l’association Mardiéval étaient particulièrement outranciers et, notant que cette association me cite dans ses publications, il insinua que cela ne sert pas ma cause.

Je repris la parole pour m’en expliquer et souligner que, si tel ou tel excès supposé devait résumer les arguments d’un camp, les partisans du pont, par des méthodes encore plus insupportables, ruineraient le projet de déviation.

En fait, il faut bien le dire, même s’il arrive que je ne partage pas l’une des nombreuses petites blagues du castor énervé, je ne compte pas rendre ma carte d’adhérent de Mardiéval.

Pour ce qui concerne la session, elle se poursuivit sur le thème des inondations tout le jeudi et, dans un prochain billet, je reviendrai notamment sur ce qui concerne la crue du Cens dont le lit occupe le canal d’Orléans. Bien sûr, j’évoquerai aussi les autres sujets débattus le vendredi.

3 réflexions au sujet de « Inondations : consensus en faveur des sinistrés mais pas sur les causes »

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