Nous n’avons plus vraiment le choix, non ?

Je viens de recevoir le matériel de vote et c’est sans état d’âme que j’irai déposer dimanche un bulletin Emmanuel Macron.
Je n’ai jamais attendu de miracle d’une élection. Je n’ai jamais pensé que mon.ma candidat.e serait la solution providentielle en phase avec mes idées, même lorsque c’était moi qui me présentais ;-).
Je n’estime pas souvent que mon vote peut changer radicalement la façon de vivre des un.e.s et des autres. Mais là, désolé, il n’y a pas de doute. Chaque voix pour Emmanuel Macron aura un impact direct sur notre vie future. Non pas qu’il soit un candidat très différent de ce que l’on a pu connaître auparavant. Mais parce qu’il faut absolument qu’il soit élu pour que son adversaire ne le soit pas.

C’est bien le problème que pose cette élection. Qu’on le veuille ou non, elle désignera un.e président.e et lui donnera des pouvoirs exorbitants. J’ai toujours déploré ce régime présidentiel mais c’est celui qui prévaut en France aujourd’hui. Or, je fait partie de l’immense majorité des citoyen.ne.s qui, même avec des regrets, acceptent les institutions et y participent. Je peux concevoir que celles et ceux qui, par conviction anarchiste, n’ont jamais voté, défendent encore l’abstention en présence de Marine Le Pen. Mais si l’on a déjà cru un tant soit peu à la démocratie représentative et toléré la délégation de pouvoir, alors il me paraît aberrant de ne pas y croire encore juste une fois, le jour ou cela permet d’éviter, même provisoirement, un régime fasciste.
En effet, j’ai la conviction que la République, si les clés en sont confiées à Marine Le Pen, va s’autodétruire et se transformer en une dictature brutale. Cette conviction ne consiste pas à dénigrer ou rejeter les millions de personnes qui choisissent de voter en sa faveur. C’est seulement la conviction que ces personnes, volontairement ou non, optent pour une société terrible. Le discours du Front national dissimule mal une fascination pour la violence et une haine des libertés individuelles. Son accession au pouvoir m’apparaît comme un plongeon dans le mensonge, l’intolérance et l’arbitraire. Cette conviction est peut-être exagérée mais c’est une chose que je n’ai nullement envie de vérifier en laissant d’autres que moi « essayer Le Pen ».
Voilà pourquoi je veux résister par le vote comme j’ai résisté et résisterai encore par d’autres moyens.
Je ne voterai pas pour combattre le capitalisme, enclencher la transition écologique ou réduire les inégalités. Je voterai juste pour préserver les libertés individuelles. Et ce n’est pas rien. C’est même le préalable indispensable à toute pensée politique humaniste. C’est aussi ce qui permet d’envisager que la démocratie représentative se combine avec une part de démocratie directe et de capacité à agir donnée aux citoyen.ne.s.

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