Le début des adieux du sénateur Saury

La session d’automne du conseil départemental se tient ces jours-ci et je vais tâcher de vous en rendre compte en pointillé au fur et à mesure.

Tout a commencé hier, mercredi, par une séance d’ouverture au cours de laquelle le sénateur fraîchement élu, Hugues Saury, fit le bilan d’une présidence départementale qu’il va être contraint d’abandonner pour poursuivre sa grande carrière politique nationale.

En revenant sur ses 30 mois de mandat à la tête du Département, il insista sur le renouvellement de la gouvernance par le dialogue – c’est indéniable – et la mise en place d’une solidarité envers les territoires du Loiret – ce qui est plus flou.
Il mit également en avant la nouveauté consistant à avoir écrit un « projet de mandat ». C’est sûr que c’est mieux que rien mais on pourrait penser que cela méritait d’être fait avant les élections.
Il vanta la nouvelle politique contractuelle d’aide aux communes, une amélioration en partie discutable – je l’ai déjà fait ici – mais dont on retient surtout maintenant que, sans cette distribution de subventions dans toutes les mairies du département, la notoriété du candidat au Sénat Hugues Saury eut été forcément moindre.

Après quoi, s’agissant de son « dernier discours » d’ouverture de session avant de partir « vivre l’action politique d’une autre façon », le président tint à dire merci à tous.

Enfin, il dressa comme d’habitude les grandes lignes de l’ordre du jour de la session plénière avant de conclure par un couplet sur l’avenir des départements et leur pérennité menacée. Refrain connu, « les communes et départements, nés durant la Révolution française », seraient la clé de la reconstruction de la France. Je crains que la répétition de cette certitude n’aide pas vraiment à résoudre les problèmes des habitants. Selon moi, peu importe l’échelon administratif qui gère leur vie quotidienne pour peu qu’il soit capable de mesure les enjeux correctement et apporter des réponses.

Un peu plus tard, Olivier Geffroy eut la parole et son propos tourna curieusement à une réédition du discours d’ouverture du président où il présenta à nouveau les enjeux de la session. Malgré cette belle démonstration d’éloquence, il semble pourtant que le prochain président, celui à qui il reviendra d’introduire la session de décembre, ce sera plutôt Marc Gaudet.

Après une intervention relative aux contrats aidés, Christophe Chaillou répondit aimablement à Hugues Saury quant à son bilan et ses nouvelles fonctions. Cependant, pour ce qui est de l’organisation territoriale du pays, il récusa toute forme de corporatisme ou de conservatisme. La transformation d’Orléans en métropole, au moins, nécessitera des évolutions touchant le département.

Cécile Manceau procéda ensuite à un bilan (et perspectives) de l’opération « Loiret Santé » qui consiste à proposer à tous les habitants du département l’accès à prix raisonnable à une complémentaire santé.

Hugues Saury souligna qu’il existe une fracture pour l’accès à la santé et que cela peut conduire certains à se soigner moins.

Je décidai peu après d’intervenir dans ce débat relatif aux politiques de santé et au rôle du Département sur la question des inégalités croissantes face aux soins. J’appuyai notamment l’idée de faire des Loirétains des « acteurs de leur santé grâce à la prévention » ainsi que cela est proposé dans un autre rapport de cette session.


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Le président Saury me répondit qu’il partageait mon point de vue car « la santé c’est aussi la prévention par un ensemble d’attitudes, l’activité physique, la nourriture, … etc. ». Il ajouta que le Département a certainement un travail à effectuer en ce sens, notamment vis à vis de la jeunesse.

La première séance s’acheva par une question relative aux mineurs non accompagnés pris en charge par le conseil départemental.

Alexandrine Leclerc exposa les chiffres nationaux et locaux qui démontrent une augmentation récente et rapide du nombre de jeunes concernés passés de 95 à 143 puis 315 pour ce qui concerne les mineurs reçus dans le Loiret au 1er octobre respectivement en 2015, 2016 et 2017.
Bien consciente du problème que pose l’absence de réponse efficace pour loger et accompagner ces enfants, elle annonça un plan d’action pour la mi-novembre ainsi que cela avait déjà été dit à l’occasion de la manifestation des agents de la Maison de l’Enfance.
Enfin, Alexandrine Leclerc renvoya la balle à l’Etat dont l’Association des Départements de France estime qu’il doit assumer ses responsabilités découlant de la politique migratoire.

Hugues Saury compléta ces propos par un discours tout d’abord très généreux, soulignant que ces jeunes doivent être bien accueillis et regardés comme destinés à faire souche dans la société française comme ce fut le cas des ancêtres d’un certain nombre d’entre nous ici.
Cet élan humaniste fut toutefois terni quand il estima, pour une situation déjà qualifiée « d’insoutenable » par Alexandrine Leclerc, que « nous sommes submergés » par l’arrivée de ces jeunes. Ce vocabulaire me paraît, disons, « caricatural et excessif », surtout quand on voit le nombre de migrants accueillis par d’autres pays, souvent bien moins organisés pour cela que la France. Je reste convaincu que, par delà la seule comptabilité du conseil départemental, il est urgent de trouver des solutions d’hébergement et d’accompagnement pour tous les enfants en danger dans le Loiret, Français et étrangers.

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