Communiqué : S’empoisonner « made in Loiret », c’est toujours s’empoisonner

Hier, lundi 1er octobre, le président du Conseil départemental, Marc Gaudet, et le président de la Chambre d’agriculture du Loiret, Michel Masson, ont annoncé leur volonté de travailler à un Projet alimentaire territorial (PAT). Ce serait une excellente nouvelle si ces acteurs et leurs propositions n’étaient pas bourrés de contradictions.
Parmi les points positifs, on peut citer l’attention portée à la consommation des produits de saison. De même, lutter contre le gaspillage permet d’acheter parfois moins en quantité mais plus en qualité des aliments.
Cependant, pour l’essentiel, le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture se focalisent sur la relocalisation des approvisionnements de la restauration collective sans aucune garantie quant à la qualité sanitaire, sociale ou environnementale de l’alimentation.

Ainsi, pour eux, « l’ambition du PAT du Loiret » se limiterait « à développer la proximité au sein des filières et à créer de la transversalité entre les industriels, les grandes et moyennes surfaces et les agriculteurs ». Il s’agit là d’une visée simplement clientéliste.
La proximité ne répond pas forcément aux enjeux d’une alimentation saine
Rien ne prouve que l’on va « améliorer l’alimentation des Loirétains en leur facilitant l’accès aux produits locaux ». Pour être pertinent, le critère de l’alimentation « locale » doit absolument s’accompagner d’exigences environnementales strictes. L’agriculture « industrielle » conventionnelle, même lorsqu’elle s’affiche « raisonnée », continue d’inonder nos corps de perturbateurs endocriniens et autres poisons qui s’accumulent dans la chaîne alimentaire. En outre, elle consomme de grandes quantités d’engrais synthétiques dont la fabrication est une source majeure de gaz à effets de serre. Du coup, manger « local » dans ces conditions est bien plus nocif pour notre santé et pour la planète que de s’approvisionner en produits biologiques, même lorsqu’ils doivent être importés … et, malheureusement, ils le seront encore longtemps si l’on suit Michel Masson et Marc Gaudet.
La proximité ne répond pas forcément aux enjeux de la création d’emplois dans le Loiret
Rien ne prouve que consommer les produits du Loiret va « développer l’économie locale ». Tant que l’on ne touchera pas au modèle de production prôné par la FNSEA, la baisse des emplois dans le secteur agricole se poursuivra et les conditions de travail des exploitants les plus modestes continueront à se dégrader jusqu’au désespoir. En revanche, de nombreuses études montrent que l’on crée un gisement d’emploi et une revalorisation du métier des paysans si l’on s’engage dans la transition vers une agriculture durable, que ce soit en bio ou par des pratiques comme la permaculture. Un PAT digne de ce nom devrait donc apporter des incitations aux nouvelles pratiques agricoles pour avoir un impact positif sur l’économie.
La proximité ne répond pas plus aux attentes de la société en matière d’environnement.
C’est sans doute pour cela qu’il n’en a pas été question hier. Mais à quoi servirait une alimentation saine si elle était obtenue au mépris du bien-être animal et en dégradant irrémédiablement les sols, les eaux et l’atmosphère que nous respirons ?

Enfin, la collectivité dirigée par Marc Gaudet s’invite dans un domaine qui n’est plus de sa compétence et où elle ne brille pas par son exemplarité.
Bien que le Département se targue aujourd’hui de la belle réussite du restaurant scolaire du collège Guillaume de Lorris, force est de constater que la collectivité n’y a nullement contribué. Seule la mobilisation de l’équipe dirigeante et de la communauté éducative du collège, autour d’un chef de cuisine volontariste, ont permis la labellisation de la cantine du collège à un taux de 65 % de produits bio dont une bonne part issus de l’agriculture locale. Pendant ce temps, et malgré cet exemple, l’objectif affiché par le Département reste limité à 8 % de produits biologiques dans les restaurants des collèges (Agenda 21 départemental). Ce taux très faible n’est même pas mesuré, de sorte qu’il n’est probablement pas respecté.
Et puis, que serait l’agriculture du Loiret sans ses terroirs riches et variés ? Or, Marc Gaudet persiste dans le projet de déviation routière autour de Jargeau, une réalisation au coût prohibitif, controversée pour ses atteintes à la biodiversité et sa contribution au changement climatique, mais aussi un projet qui se ferait au détriment de plus de 60 hectares d’excellentes terres agricoles définitivement perdues pour le Loiret.

Une réflexion au sujet de « Communiqué : S’empoisonner « made in Loiret », c’est toujours s’empoisonner »

  1. Est-ce que Michel Masson habite vers Beaune la Rolande et est agriculteur? Si cela est, (…) c’était le grand copain de Xavier Beulin et toute la clique de la FNSEA qui ne se plaît pas tellement dans l’agriculture préservatrice de la nature et des hommes et qui ne jure que par le glyphosate, même si cette saloperie chimique tue pratiquement tous ceux qui l’utilisent… Alors, ces gens là, pour accepter de faire une agriculture respectueuse, il y aura pas mal d’années avant qu’elle soit envisagée dans le fond, hélas!

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