La Pravda du Loiret

Ou comment truquer l’information départementale pour soutenir un projet aberrant.


Depuis quelques semaines déjà, le numéro 17 de la revue Loiret magazine a été distribué à l’ensemble des Loirétains et il est disponible en ligne ainsi que dans de nombreux lieux publics. Ce magazine gratuit émane du Conseil départemental dont il est « l’organe officiel » comme on le dirait d’une publication du parti communiste. En effet, la revue est financé par le budget départemental et réalisée par le service communication avec des journalistes payés par l’institution. Le contenu n’est donc pas destiné à nuire à l’orientation politique de la majorité départementale.

Dans ces conditions, il est bien « naturel » que l’équipe du magazine mette en valeur la politique écologique du Département, si durement contesté sur ce sujet par différentes associations locales. C’est dans cette perspective que le numéro 17 a été construit autour de la présentation du projet de déviation routière pour un nouveau franchissement de Loire entre Mardié et Darvoy. La une, l’édito et un dossier de 8 pages ont été conçus pour enfoncer le clou : bétonner en zone Natura 2000 c’est « en harmonie avec la nature ». Le Président le dit d’ailleurs clairement dans son édito, créer une route sur 100 hectares de terres agricoles et naturelles, même si cela encourage les modes de vies les plus inadaptés aux enjeux écologiques, il n’y a qu’à dire qu’il s’agit de « répondre à une nécessité de sécurisation et de fluidité des déplacements pour développer un territoire » et que cela « ne s’oppose en rien au souci de préserver notre environnement. ».

Seulement, par delà ces assertions bien péremptoires et selon moi erronées, Loiret magazine utilise plusieurs procédés frauduleux qui paraissent particulièrement scandaleux dans une publication officielle.

Photomontages


Comme au plus beaux jours de l’Union soviétique, la photo de une du magazine est construite par une habile manipulation de l’image. On pourrait négliger le collage d’une image de héron qui provient directement d’un catalogue déconnecté de la réalité, à tel point que je serai étonné que l’on en connaisse un jour l’origine exacte, divers naturalistes m’ayant affirmé que l’espèce qui figure sur le montage serait le grand héron bleu d’Amérique, inconnu des rivages de la Loire.
Mais bon, c’est un montage et les hérons se ressemblent. Cela fait partie de la fabrication d’une image agréable à regarder.
En revanche, la représentation du pont sur cette image est tout simplement mensongère et truquée. C’en est même affligeant de croire que l’on peut duper les Loirétains en leur montrant un pont transparent et inutilisé qui disparaît comme par magie dans une forêt intacte.
On vous montre ceci :

Si on avez voulu vous donner une vision honnête du projet, vous auriez dû voir quelque chose comme cela (notez que je ne suis pas très bon avec photoshop):

Mes collègues élus départementaux savent se montrer intransigeants à chaque parution de la lettre du Castor, laquelle n’hésite par à caricaturer les défauts du projet de pont et ses promoteurs. Mais du moins ces caricatures sont-elles revendiquées comme telles et leur portée à la hauteur des faibles moyens financiers (privés) et du bénévolat des rédacteurs.
Je n’ose imaginer ce que ces censeurs impitoyables ont pu penser d’une revue officielle de l’institution départementale qui trafique aussi profondément la réalité par des photos truquées.

Publireportage


Mais comme la tromperie par l’image ne suffit pas, Loiret magazine comporte également une tromperie scientifique. En effet, l’un des articles les plus engagés du dossier, manifestement rédigé par une personne impliquée dans la politique départementale, est attribuée à une « écologue », dont nous ne connaîtrons jamais le nom mais qui est présentée comme une « scientifique spécialisée dans l’écologie ». Je ne sais pas si une telle personne existe vraiment mais chaque ligne de la page d’interview qui lui est attribuée dénote une profonde connaissance … non pas de l’écologie mais des débats de l’assemblée départementale. C’est clair, il y a mensonge sur l’auteure des propos publiés. Et du coup, on comprend mieux pourquoi c’est la première fois qu’une interview est publiée dans Loiret magazine sans que l’on ne nous fournisse le nom de la personne interrogée.

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