Un vignoble à découvrir

Vous pouvez télécharger la brochure « La vigne et le vin dans le canton de Chécy »

Le vignoble de l’Orléanais est un très vieux vignoble qui a connu ses lettres de noblesse voici bien des siècles. La Loire a certainement été l’un des facteurs favorisant l’implantation du vignoble que l’on date aujourd’hui de la fin du IIe siècle ou du début du IIIe. Sa réputation ira grandissante au fil des siècles pour atteindre son apogée au XVIè siècle. Rabelais utilisera des plants de la région orléanaise pour planter le vignoble devant entourer le temple de la Dive Bouteille. De partout, ce ne sont que des louanges envers ces vins orléanais que certains n’hésitent pas à comparer aux meilleurs crus de Bourgogne.
Malheureusement, à partir du milieu du XVIè siècle, la qualité commence à décliner. Un arrêt de 1577, destiné à protéger la production viticole de quelques gros bourgeois de la région parisienne, interdit aux taverniers et cabaretiers de la capitale de s’approvisionner en vin de basse qualité à moins de 90 km de Paris. Dès lors, le vignoble orléanais va petit à petit se transformer pour fournir la capitale en vin de piètre qualité mais en grande quantité. A partir de cette époque, ce ne fut que campagne de dénigrement pour ces vins qui petit à petit n’intéressèrent plus personne.
Malgré cette désaffection des amateurs de grands vins, le vignoble conserva toute son importance économique dans les communes aux alentours d’Orléans. Le maximum en surface semble avoir été atteint vers 1825, époque à laquelle plus de 21 500 ha étaient consacrés à la vigne dans les cantons entourant Orléans. En 1846, on ne comptait pas moins de 19 vignerons à Combleux pour une population de 543 habitants. Après les mariniers, c’était de loin la profession la mieux représentée.
Depuis quelques décennies, les vignerons de la région orléanaise se sont efforcés de redorer le blason des vins de l’orléanais qui ne comptent plus aujourd’hui que 90 ha. Leurs efforts ont été reconnus par un décret en 2006 classant en AOC l’appellation Orléans-Cléry pour les vins rouges issus du cépage cabernet franc et l’appellation Orléans pour les vins blancs de Chardonnay et les rouges des pinots meunier et noir. Ces derniers vins, légers et fruités, conviennent tout particulièrement pour accompagner les volailles rôties et les gibiers de la Sologne voisine.

A Chécy, en octobre 1997, un petit groupe de passionnés a entrepris de sauver les dernières vignes de la commune en créant une association, C.A.V.E (Chécy, les Amis de la Vigne). Trois parcelles, bientôt rejointes par trois autres, pour un total de près de trois ha sont depuis cette date louées à deux anciens vignerons. Chaque adhérent a la responsabilité d’un rang qu’il doit cultiver selon un calendrier et des consignes bien précises donnés par les responsables de l’association. Les vendanges du mois de septembre sont un moment très festif auquel bon nombre d’habitants du canton participent.

Le raisin est confié à la coopérative de Mareau-aux-Près qui le vinifie en une cuvée spéciale. Aujourd’hui le vin de Chécy entre dans l’appellation « Orléans » et est un assemblage d’environ 80 % de pinot meunier complété par 20% de pinot noir, vin bien connu dans la région sous le nom de gris meunier. Il est commercialisé directement par l’association lors des grandes fêtes organisées sur le canton de Chécy.