Communiqué : S’empoisonner « made in Loiret », c’est toujours s’empoisonner

Hier, lundi 1er octobre, le président du Conseil départemental, Marc Gaudet, et le président de la Chambre d’agriculture du Loiret, Michel Masson, ont annoncé leur volonté de travailler à un Projet alimentaire territorial (PAT). Ce serait une excellente nouvelle si ces acteurs et leurs propositions n’étaient pas bourrés de contradictions.
Parmi les points positifs, on peut citer l’attention portée à la consommation des produits de saison. De même, lutter contre le gaspillage permet d’acheter parfois moins en quantité mais plus en qualité des aliments.
Cependant, pour l’essentiel, le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture se focalisent sur la relocalisation des approvisionnements de la restauration collective sans aucune garantie quant à la qualité sanitaire, sociale ou environnementale de l’alimentation.
Lire la suite

L’innovation alimentaire c’est nous

Je participais hier au lancement du festival des alternatives alimentaires devant le théâtre d’Orléans. Cette initiative, créée en contrepoint du très sélect et productiviste Open Agri Food, se veut une démonstration très vivante que l’on peut nourrir les humains sans les empoisonner et sans empoisonner la planète avec.
Retenons les principaux slogans de l’alternative alimentaire qui sont : « Produits de qualité », « Paysans nombreux », « Planète préservée » et « Territoires vivants ». Et bien sûr, le fait que c’est l’agroforesterie, les pratiques et le label bio, la science des sols vivants et des semences variées qui constituent la véritable innovation, bien plus que les oeufs carrés ou les fraises avec des gênes de poisson que nous promettent les techno-scientistes en quête de profits plus que d’alimentation saine. D’où le cri de « L’innovation c’est nous ! » rythméé par les tam-tam.
Le festival des alternatives alimentaires propose un programme complet de débats et d’expériences partagées ce samedi et dimanche 19 et 20 novembre à Ingré.

Voilà de quoi inspirer l’Agenda 21 départemental du Loiret dont j’ai ensuite rejoint le comité de pilotage. Ce fut l’occasion d’insister sur la nécessité de porter très haut la part de l’alimentation biologique dans les cantines des collèges ainsi que de l’approvisionnement local. L’exemple du collège de Lorris doit nous inspirer. En attendant, un premier résultat de cet agenda 21 est un guide des producteurs locaux proposés aux chefs cuisiniers. Des rencontres entre les uns et les autres ont commencé sous forme de « speed business dating ». Fort heureusement, à la demande de mon collègue Claude Boissay, cet anglicisme va être rapidement abandonné. Il faudrait peut-être que je propose au conseiller départemental issu de Cléry-Saint-André d’aller à l’Open Agri Food pour y faire triompher la langue et les produits du terroir.

Communiqué : Le Conseil départemental confisque encore des terres agricoles pour un projet inutile déjà abandonné

Lors de la commission permanente du vendredi 24 juin, le Conseil départemental du Loiret a décidé d’acheter des parcelles de terres agricoles à Baule sous prétexte de l’improbable déviation de la RD18 dont la délibération rappelle pourtant que « la déclaration d’utilité publique n’a pas été sollicitée » car « ce projet routier ne figure pas au projet de mandat ».
En effet, malgré des annonces diverses du temps du président Eric Doligé, un nouveau franchissement de la Loire à Meung-sur-Loire n’est certainement pas justifié par le trafic routier qui se situe très loin des critères de saturation des routes départementales. En mai 2011, le Conseil départemental avait renoncé à toute réserve foncière à Cercottes où la circulation sur la RD2020 est pourtant deux fois plus importante mais où les services du Département n’ont observé « ni problème de fluidité du trafic routier (…) ni problème de sécurité routière ».
Il semble malheureusement que l’incohérence la plus totale préside aujourd’hui à l’achat d’une réserve foncière, au mépris des exploitants agricoles. On l’avait déjà constaté à Donnery et Fay-aux-Loges où le Département a mené à terme son aménagement foncier alors que celui-ci est devenu inutile depuis que le projet de déviation est lui aussi sorti du plan pluriannuel d’investissement. Nombre d’agriculteurs ont ainsi vu leurs terres amputées ou coupées en deux pour attribuer au conseil départemental des parcelles où il ne construira jamais de route.
Alors pourquoi répéter la même erreur et acheter des terres agricoles autour de Meung-sur-Loire pour un pont qui ne se fera pas ?
Est-ce pour relancer l’hypothèse de « grand contournement routier » d’Orléans que le Conseil départemental avait jadis imaginé avant de le démentir vigoureusement ?
A l’heure où le Loiret se relève d’inondations catastrophiques qui vont nécessiter bien d’autres investissements publics, comment peut-on justifier l’acharnement à poursuivre des « grands travaux » routiers qui ne correspondent à aucun besoin pressant qui ne puisse être résolu à moindre coût ?

Communiqué : Non à l’exploitation de gaz de schistes dans le Loiret

Contribution des conseillers généraux écologistes à la consultation publique relative à l’attribution de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Loiret et l’Yonne


« Nous prenons connaissance seulement aujourd’hui de cette consultation dont nous nous n’avons pas été informé directement bien qu’élus du département du Loiret.
Nous considérons que le Ministère procède de façon bien trop discrète pour étudier des demandes de permis minier dont les conséquences sont non négligeables pour les populations et leur environnement.
En effet, contrairement à la légèreté avec laquelle cette question est abordée dans l’étude d’impact de la demande de permis dit de « Dicy », la seule exploration d’hydrocarbures dans le sous-sol du Gâtinais menace gravement la nappe phréatique et les équilibres naturels dans cette région déjà souvent frappée de restrictions d’usage de l’eau par arrêtés préfectoraux.
En outre, quelles que soient les assertions des sociétés qui sollicitent ces permis, il est manifeste qu’elles recherchent les hydrocarbures connus comme « gaz de schistes » et que dans l’éventualité où leur exploration aboutirait à découvrir un gisement exploitable, la seule méthode d’exploitation possible est la fracturation hydraulique qui est formellement interdite par la législation française et dont ces sociétés prétendent qu’elles n’y auront pas recours. Il est légitime que madame la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie doute de leur bonne foi sur ce point et de refuser tout permis de ce genre dans l’état actuel de la loi.
Pour résumer notre opposition résolue à l’attribution de tels permis, nous tenons à rappeler les termes d’un vœu relatif à l’exploration et l’exploitation d’huiles et gaz de schistes dans le sous-sol du département du Loiret que nous avons présenté à l’assemblée départementale en septembre 2012. Si une majorité de nos collègues n’a pas souhaité l’adopter, il importe de noter qu’il n’a pas suscité de controverse sur le fond mais seulement sur l’intérêt d’une prise de position départementale. Le président du Conseil général a conclu le débat en ces termes « le vœu n’est pas adopté mais il est entendu ». La consultation d’aujourd’hui nous permet de vous faire « entendre » à nouveau ce texte :
CONSIDERANT la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique,
CONSIDERANT que l’extraction de tels hydrocarbures non conventionnels comporte des risques environnementaux très élevés, qu’il pourrait en résulter une pollution durable du sous-sol, un risque élevé de contamination des nappes phréatiques par des composés cancérigènes ou toxiques comme les métaux lourds, et donc un danger non négligeable pour la santé des habitants,
CONSIDERANT que l’exploitation de ces hydrocarbures présente des impacts considérables en matière de gaz à effet de serre, ce qui alourdirait gravement le bilan carbone du Loiret et contribuerait à accentuer l’évolution du climat,
CONSIDERANT que l’emprise foncière nécessaire à l’exploitation de ces hydrocarbures priverait les agriculteurs du Loiret de larges surfaces arables,
CONSIDERANT l’annonce par le Président de la République, à l’occasion de la conférence environnementale, de nouvelles abrogations de permis de recherche,
L’Assemblée départementale,
S’OPPOSE à toute recherche d’hydrocarbures non conventionnels employant la fracturation hydraulique sur le territoire du Loiret,
DEMANDE le rejet des permis dits de « Cézy », « Chaumont » « Chéroy », « Dicy », et « Pithiviers »,
DEMANDE, lors de l’instruction de permis de recherche d’hydrocarbures non conventionnels, une étroite concertation avec les populations et les collectivités territoriales impactées, afin que soient respectées les dispositions de l’article 1er de la loi « Grenelle II » qui instaure le principe de renversement de la charge de la preuve pour tout projet susceptible de porter atteinte à l’environnement,
SOUTIENT une réforme du Code Minier qui le mette en conformité avec l’ensemble des principes constitutionnels de la Charte de l’environnement, de sorte que les enjeux environnementaux soient anticipés et les responsabilités définies clairement de façon à sécuriser les activités minières,
DEMANDE la mise en oeuvre dans le Loiret d’une transition énergétique qui s’appuie sur la sobriété énergétique, l’efficacité et les sources d’énergie renouvelables plutôt que sur des ressources fossiles.
Voilà pourquoi nous souhaitons le rejet définitif par le Ministère des demandes de permis dit de Cézy et de Dicy ».

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.

Des trains pour tous !

L’actualité ferroviaire nous ramène un débat qu’on croyait enterré : faut-il une ligne grande vitesse (LGV) pour mieux desservir notre région ?

Le Conseil général veut en effet adopter à la fin du mois une nouvelle délibération en faveur de la LGV baptisée Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) en essayant de défendre le tracé le plus aberrant. En effet, les élus majoritaires persistent à ignorer les besoins de proximité des Loirétains et se focalisent encore sur les promesses de compétitivité, rayonnement et attractivité, ces fadaises qui permettent de justifier n’importe quel grand projet inutile et imposé (GPII, c’est le sigle qu’on retient par exemple pour le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes). En fait, seuls les écologistes voient les choses autrement.

Cela m’a donné l’occasion de développer nos propositions dans le journal régional de France 3 de mardi. Avec deux arguments qui commencent à faire leur chemin même chez les grands bâtisseurs invétérés : d’une part on se rend compte que la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) ne s’intéressent qu’à la liaison Paris-Lyon et pas du tout à Orléans ou Clermont-Ferrand ; d’autre part, il faut bien reconnaître qu’à part les clients de cette liaison Paris-Lyon, personne n’est à 10 minutes près pour se déplacer à travers le Massif Central.

Interview sur France 3 par Solercg45

L’ensemble du journal de France 3 sera disponible pendant quelques jours et la question commence à être traitée après 7 minutes et demi.

Lire la suite