Tout va très bien, continuons comme prévu

Le Conseil départemental s’est réuni, la semaine passée, pour la session du premier trimestre 2017. Elle se déroula au cours d’une seule demi-journée en raison d’un ordre du jour très modeste. Avant d’évoquer les (rares) questions de fond abordées, permettez-moi de m’attarder sur la forme.

Quand Hugues Saury eut, dans un bref discours d’introduction, très rapidement présenté l’ordre du jour, la tradition voulait que s’engage un débat général. Or, quand le président demanda si certains conseillers souhaitaient prendre la parole, ce fut d’abord le silence.
Côté « opposition » de gauche et écologiste, nous n’avions pas prévu de sujet à aborder dans cette phase de démarrage habituellement assez théâtrale car en présence de journalistes locaux. C’est que, d’une part, nous ne sommes pas si nombreux et, d’autre part, du moins en ce qui me concerne, ce que nous avions à dire pouvait s’exprimer au moment de la présentation des rapports proprement dits.
Côté « majorité » l’habitude a été prise depuis le début de ce mandat et contrairement à l’ère Doligé, d’alimenter la séance introductive par une série de questions soigneusement anticipées en accord avec l’exécutif auquel elles sont adressées, au point que l’on y sent souvent la patte du cabinet du Président.
L’absence d’intervention de l’opposition déstabilisa cette belle organisation.
Même l’écolo d’ordinaire si bavard ne levait pas la main et chacun se regardait en chien de faïence (de Gien).
Hugues Saury, perplexe, se résigna à passer directement à l’examen des rapports à l’ordre du jour en commençant par ceux relatifs au réseau routier.
In extremis et fort heureusement pour les efforts de l’équipe majoritaire, notre collègue Agnès Chantereau se décida enfin à demander la parole en proposant une question relative aux routes avant même l’énoncé du premier rapport.
Ouf. Les préparatifs de la majorité étaient sauvés. Hugues Saury sauta sur l’occasion et put enfin lancer le débat général avec sa propre majorité. On s’aperçut alors que nos collègues avaient de nombreuses interventions sous le coude pour animer et valoriser les travaux de notre assemblée, sur des sujets variés. Selon un plan soigneusement établi, chacun.e des orateur.trice préalablement désigné.e commenta positivement l’action de la majorité (non sans une dose d’autosatisfaction) puis tourna sa dernière phrase en forme d’interrogation de façon à ce que l’un.e ou l’autre des vice-président.e.s soit appelé.e à y répondre et puisse confirmer que le conseil départemental fait de belles choses (non sans ajouter une dose d’autosatisfaction).
Nous apprîmes ainsi que le Département lutte activement pour la sécurité routière, mène un excellent dialogue social, prépare un beau festival de musique, travaille à la sécurité dans les collèges ou anime avec succès ses Assises de la solidarité.

Je ne manquai pas de sourire lorsque l’un de mes collègues, ayant assisté à la conférence de presse de présentation du Festival de Sully et du Loiret, trouva néanmoins indispensable de demander en séance quel serait le programme de ce festival. Ce qui donna lieu à une belle réponse en tout point conforme à l’exposé tenu devant la presse et déjà diffusé par celle-ci.
On approcha la franche rigolade lorsque, en réponse à l’une de ces questions supposées spontanées et si longues à venir, une des vice-présidentes se borna à lire péniblement la réponse déjà écrite qui était manifestement déposée devant elle.
Mais peut-être n’ai-je pas vraiment compris l’usage des éléments de langages. Qui sait si la majorité n’apprécierait pas, comme réciprocité à ses efforts pour guider mes discours en public que je lui fournisse mes interventions avant les séances, voire que je rédige aussi d’avance la réponse que je souhaite que l’on me fasse ?

Mais foin de ces taquineries de blogueur qui me valent ensuite des réprimandes ;-), laissez-moi vous conter les débats sur le fond.

Lire la suite

Entrée en matière contrastée pour le budget 2015

L’assemblée départementale entamait hier une semaine de session plénière consacrée au vote du budget tandis qu’une contestation inédite s’exprimait à nos portes, rassemblant l’ensemble des organismes qui assurent l’hébergement de personnes handicapées.
A l’intérieur, le climat était plus calme, les esprits étant sans doute déjà tournés vers la future campagne électorale qui se prépare pour les élections départementales des 22 et 29 mars prochain.

En attendant, jusqu’à vendredi, il faudra quand même examiner avec attention le budget préparé par la majorité pour l’année 2015. Hormis le lancement de la labellisation de l’Agenda 21, il n’y aura pas vraiment d’autres décisions prises dans les jours qui viennent.
Lire la suite

Déplacements automobiles : préparons la suite

A la veille d’un week-end chargé sur les routes, force est de constater que, tandis que le CAC40 et le baril de pétrole repartent à la baisse, le litre de Super continue de monter (au risque de fâcher la majorité, je ne m’intéresserai pas au gas-oil, un carburant pour camions dont l’utilisation par des véhicules citadins est relativement inappropriée). Du coup, dans mon petit baromètre de la colonne latérale, je vais laisser de côté le baril (actuellement à 86 euros) pour continuer de poser la question rituelle : avec l’essence à 1 euro 52 le litre (à Saint-Jean de Braye), est-ce le moment de construire des ponts sur la Loire ?

Et justement, en dépit des départs en vacances d’une large part de la population – mais pas toute, loin s’en faut – la consommation d’automobile ne se porte pas très bien en ces temps de disette (les chiffres du chômage et du pouvoir d’achat s’obstinent à bafouer les promesses du Président). Tout d’abord, nous apprenons que les Français n’achètent plus beaucoup de voitures depuis que l’on a cessé de subventionner la casse des vieux modèles (encore un casse-tête écolo, ça : faut-il rouler avec une voiture qui marche encore et qui pollue ou bien user énergie et matières premières pour en produire une neuve qui pollue moins ?).
En outre, non seulement nous n’achetons plus autant de voitures mais nous nous servons un peu moins de celles qui existent. Rien que dans le Loiret, les trafics routiers sont en baisse régulière ces dernières années alors que la population du département est en hausse.

A priori, voilà de quoi réjouir un écologiste. Malheureusement, cette évolution, prévisible et prévue depuis longtemps par les écolos, n »a pas été anticipé par ceux qui ont gouverné en nous traitant de doux rêveurs. Oui, je me réjouirais de voir la population se détourner peu à peu de tous les usages superflus de l’automobile si seulement les alternatives avaient été correctement développées de façon à préserver la mobilité de tous. Or, si les Français laissent leur voiture de côté, c’est aujourd’hui le plus souvent sous la contrainte, faute d’argent ; une contrainte d’autant plus insupportable que notre société mène la vie dure à celui qui n’a pas de voiture. Et qu’est-ce qui a été prévu dans le Loiret pour que chacun puisse continuer à vivre sans se ruiner à payer sa bagnole ? L’A19, une des autoroutes les plus chères de France et pourtant largement subventionnée par les contribuables du Département. Et qu’est-ce qui est prévu par le Président du Conseil général pour l’avenir ? Encore une dizaine de nouvelles routes dont trois qui franchissent la Loire pour un coût si élevé qu’on ne peut même plus entretenir le réseau existant. Et toujours pas le moindre signe en faveur de la ligne de train Orléans-Châteauneuf que le Conseil Régional veut rétablir.

Alors de deux choses l’une : ou bien ceux qui gouvernent notre département et notre pays sont incapables de prévoir quoi que ce soit en matière de ressources disponibles et durables sur notre planète, ou bien ils savent réellement où ils vont et ont décidé de préparer une société ouvertement inégalitaire avec, pour ne parler que des déplacements, des aéroports, des autoroutes et des TGV pour que les privilégiés aillent plus vite tout en faisant croire aux masses que ce sont elles qui en profiteront.