La déviation de Jargeau va plomber le mandat

N.B. : Ce billet est le troisième de la série qui complète mon compte-rendu des dernières sessions du conseil départemental (novembre et décembre) paru sous le titre « Le Conseil départemental reste bourré de contradictions ».

Ainsi que je l’évoquai dans mes précédents billets, le projet de déviation avec un pont sur la Loire entre Mardié et Darvoy a beaucoup occupé la dernière session du conseil départemental.
Si vous avez écouté mon intervention de début de session (dans la version remaniée de mon billet du 19 décembre dont le lien est ci-dessus), vous savez que j’ai établi l’incohérence manifeste entre ce projet routier et, d’une part, les ambitions de développement durable réaffirmées dans le projet de mandat (billet du 25 décembre) et, d’autre part, le vœu concernant la lutte contre le changement climatique (billet du 26 décembre).

Au deuxième jour de la session, la déviation de la RD921 à Jargeau faisait l’objet d’un rapport spécifique qui nous était présenté accompagné d’un film pour exposer les enjeux. Si le rapport était essentiellement technique, le film était très orienté en faveur du projet. La nouvelle route et le pont y étaient décrits comme absolument indispensables au bonheur des Loirétains sans que leur coût exorbitant ne soit mentionné. On apprenait au passage que les routes bordées d’arbres étaient typiques des paysages du Loiret alors que ces mêmes arbres sont abattus en masse depuis quelques années pour des raisons de sécurité routière au demeurant discutables.
J’intervins en félicitant la direction des routes pour son travail, ajoutant que je déplorais qu’une « si grande compétence fut employée dans un but aussi calamiteux ». Je félicitai également les auteurs du « film de propagande » dans lequel, « lorsque l’on nous montre l’actuel pont de Jargeau, il est systématiquement couvert de véhicules tandis que les images du futur franchissement le représentent totalement vide » (à l’inverse de l’image ci-contre où l’on voit le pont actuel parfaitement fluide). Ce film se montrait « particulièrement optimiste en affirmant que la saignée dans la forêt et les arches par dessus le fleuve auraient des impacts environnementaux réduits ou compensés ».
[NB : les citations en italiques sont tirées du brouillon de mon intervention en séance – encore un enregistrement raté ;-)]
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Minable, vous avez dit « minable » ? comme c’est peu équitable : session budgétaire, acte final

La semaine de la session plénière, pour un conseiller général, c’est aussi un peu une semaine gastronomique, il faut bien l’avouer. Néanmoins, je ne crois pas avoir brutalement pris de l’embonpoint au point que le Président du Conseil général me confonde avec Gérard Depardieu et, à l’instar de Jean-Marc Ayrault envers le comédien exilé, en vienne à reprocher un « côté minable » à mes arguments politiques.

Mais qu’est-ce qui a pu énerver ainsi Eric Doligé ? Vous en jugerez par vous même avec cet ultime compte-rendu dont l’issue ne présente aucun suspens : le budget départemental pour 2013 est franchement un budget de droite et il a été adopté sans sourciller par les 27 conseillers généraux de la majorité contre les 14 écologistes, socialistes, communistes et républicains. A se demander à quoi bon nous élire un par un dans des cantons si les votes sont aussi prévisibles que dans les assemblées élues à la proportionnelle.

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