#ilestencoretemps mais le conseil départemental fait l’autruche face aux enjeux climatiques

Le Conseil départemental entamait ce mercredi sa session d’automne, par une journée chaude et ensoleillée en dépit de la date plus tardive que les années passées. La session débuta par un tour d’horizon et la présentation de l’ordre du jour par le Président Gaudet, très remonté par la confrontation entre les collectivités territoriales et l’État. Il annonça notamment le nouveau « plan jeunesse », les ajustements budgétaires ou l’achat du Canal d’Orléans, sujets qui seront débattus par la suite.

Plus original, Marc Gaudet se référa à l’actualité des derniers jours – sans doute pensait-il aux inondations – et nous expliqua que « la problématique environnementale est d’importance ». Reprenant la définition du rapport Bruntland, il rappela que le développement durable consiste à assurer les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à assurer leurs propres besoins. C’est justement la formulation qui a ma préférence quand j’aborde ce sujet. A ceci près que, en matière de climat ou de biodiversité, ce ne sont pas des générations à venir dont il faut se préoccuper désormais, mais de nous-mêmes. Les mesures à prendre sont urgentes et radicales tout en étant parfaitement possibles en modifiant seulement nos plus mauvaises habitudes de vie.
Malheureusement, Marc Gaudet ne voit pas les choses ainsi et ses propres contradictions deviennent vite insurmontables. Le développement durable, même après l’avoir si bien défini, il le voit comme la poursuite de toutes nos erreurs dans l’aménagement du territoire et dans nos modes de déplacement … avec quelques petits ajustements à la marge. Ainsi, il se vanta des prétendus 8 millions d’euros qui, dans le budget de la funeste déviation de Jargeau, seraient affectés à des mesures « environnementales ». Comme si, lorsque l’on dépense 80 millions pour encourager la production de gaz à effet de serre et l’aggravation du réchauffement climatique, il suffisait de réserver un dixième de cette somme à des mesures compensatoires plus ou moins raisonnables pour s’exonérer de toute responsabilité.

Et les responsabilités de mes collègues élus départementaux sont écrasantes. Développer les déplacements et le transport routiers aujourd’hui, ce n’est pas seulement jeter l’argent par les fenêtres, c’est s’employer à faire de la terre une planète invivable pour les humains. Et pourtant, je reste convaincu que toute l’assemblée départementale a bien conscience que le réchauffement climatique nous conduit à des drames et tous veulent sincèrement agir dans l’intérêt de la population.

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Le détail d’un budget vraiment pas « durable »

Il y a quelques jours, je résumais ici le vote du budget survenu lors de la session plénière du Département. Comme à mon habitude, il me faut maintenant reprendre en détail les débats auxquels j’ai participé au cours des séances des 29 et 30 mars. L’examen de chaque thématique du budget, son vote et enfin une série de décisions de moindre « envergure » ont en effet occupé ces deux journées.

Pour le budget, il est clair que la question des dépenses routières aura été la plus clivante. Sur ce point, malheureusement, je demeure isolé face aux rêves d’expansion infinie des infrastructures qui motivent plus mes collègues que la lutte contre la pauvreté.

Pour le fonctionnement des collèges comme pour la plupart des politiques sociales du Département, la « vision comptable » qui continue de prévaloir empêche de mesurer clairement les besoins et d’y répondre de façon pertinente. Ainsi, ouvrir de nouveaux établissements d’accueil d’enfants handicapés reste un mirage tandis que certains parents galèrent toujours et doivent parfois chercher la solution jusqu’en Belgique.
Le plan départemental de cohésion sociale, comme bien d’autres textes de programmation des politiques publiques locales, semble voué à s’écraser contre le mur comptable. Il faut dire que les mesures gouvernementales de (non)financement des départements ne facilitent pas les choses, même dans un département ayant de fortes ressources comme c’est le cas du Loiret.

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Inondations : consensus en faveur des sinistrés mais pas sur les causes

Vous êtes nombreux à m’avoir fait remarquer que je n’écrivais plus beaucoup depuis quelques temps. J’avoue, je ne prends pas assez de temps pour raconter mes engagements politiques : ils n’en sont pas moins actifs. Vous le constatez parfois ci-contre au travers d’un tweet et cela se confirme si vous consultez mon agenda maintenu à jour plus régulièrement. Et puis, il m’arrive aussi de m’exprimer en tant que porte-parole local d’Europe Écologie Les Verts comme c’était encore le cas le 24 mai dernier.
En tous cas, même si tout cela m’a un peu détourné de ce blog, je maintiens mes traditionnels compte-rendus des sessions du conseil départemental et c’est à celle des 9 et 10 juin dernier que je consacrerai ce billet (et sans doute un autre bientôt).

L’ordre du jour prévoyait quelques dossiers importants comme l’adoption du plan d’investissement, de nouvelles formes de collaboration avec les communes, la réorientation de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA et une évolution du soutien aux personnes âgées.
Bien sûr, les récentes inondations qui ont frappé le Département occupèrent aussi une place de choix dans les débats. Autant le dire de suite, la proposition du président Saury d’attribuer 800 000 € aux sinistrés n’a pas rencontré d’opposition. Cependant, lorsque le 1er vice-président Gaudet a entrepris de justifier le projet de pont à Jargeau comme réponse aux inondations, j’ai bien été obligé de retrouver une position d’opposant, têtu certes, mais toujours à partir d’arguments sérieux auxquels mes collègues n’opposent qu’une foi aveugle en une vision passéiste du Loiret.
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