Budget départemental, des clivages à l’heure des choix

Au soir d’une deuxième journée de session budgétaire très dense, je vous promets seulement d’ici quelques jours d’en faire un compte rendu étoffé.

Le conseil général a entériné de sérieuses réductions de budget, dans un contexte que le riche département du Loiret n’était pas habitué à connaître. Il fallait faire des choix. On a donc vu la différence entre un budget UMP et les propositions de l’opposition. Encore une fois, les écologistes ont exposé les plus profondes alternatives en affirmant clairement ce à quoi il fallait renoncer pour se recentrer sur l’action en faveur des populations les plus fragiles.

Au final, le budget départemental a été voté par 27 voix de droite contre 14 du PS, du PC et d’EELV.

L’essentiel des enjeux est résumé dans un communiqué que j’ai rédigé pour notre groupe politique socialiste, écologiste et républicain sous le titre : budget départemental, des clivages à l’heure des choix

Le Conseil général du Loiret achève aujourd’hui le vote du budget 2014. Après les accusations outrancières proférées par Eric Doligé en ouverture de la session, il apparaît que le budget 2014, en légère augmentation, est loin de refléter l’asphyxie du département que l’on nous présente.

Les conseillers généraux socialistes, écologistes et républicains sont d’accord pour dire que la situation financière de l’Etat est délicate, avec une dette qui n’a cessé de croître depuis plus de dix ans. Cela impose aux collectivités territoriales l’obligation de mesurer leurs actions et de les concentrer dans les domaines où elles sont incontournables et où l’urgence est la plus sensible. Pour ce qui est du Département, cela aurait dû se traduire par une plus grande bienveillance envers les personnes les plus fragiles et par un renforcement des actions sociales qui sont de la compétence exclusive du conseil général.

Le président Doligé qualifie désormais « d’aberration » la clause de compétence générale qui autorise les collectivités locales à intervenir dans tous les domaines. Il aurait été courageux dans ce cas de refonder les différentes politiques menées par le Conseil général du Loiret en clarifiant ce qui relève des compétences départementales obligatoires et en mettant à plat les interventions volontaristes et facultatives aux côtés d’autres acteurs publics. Malheureusement, la volonté de la majorité de poursuivre de grands programmes d’investissements se traduit par des coupes budgétaires en ordre dispersé, frappant souvent là où cela est le plus sensible, au détriment des jeunes, des personnes âgées, de ceux qui sont éloignés de l’emploi ou des personnes handicapées.

Cette fuite en avant en matière d’infrastructures nouvelles entraîne un accroissement inquiétant de la dette départementale dont la croissance est amplifiée par le recours aux partenariats public-privé. Avec une capacité de désendettement de 9 ans prévue à la fin de l’année, le Loiret se situera parmi les collectivités les plus endettées malgré les avertissements que la chambre régionale des comptes a formulés il y a quelques mois.

Il ne faudrait pas que l’antienne « c’est la faute à l’Etat » finisse par devenir « après moi le déluge » alors que l’exécutif départemental au complet, à commencer par le président Doligé, nous a promis de laisser la place en 2015.