« Nous ne vivons pas dans le même monde »

La semaine dernière a vu le Département adopter son budget pour 2017 au cours d’une session de trois jours que, comme d’habitude, je vais m’efforcer de relater ici (et dans un ou deux autres billets à suivre).

Autant le dire tout de suite, je fus le seul à voter contre un budget que la majorité de droite a une nouvelle fois bâti selon sa fameuse « vision comptable » qu’elle oppose à mon prétendu « idéalisme ». La caricature à mon encontre prit un tour amusant lorsque le Président me reprocha de vouloir revenir à « la lampe à huile ». Il ne faisait pas allusion à mon génie personnel 😉 mais soulignait seulement que « nous ne vivons pas dans le même monde ».

En effet :

  • Je vis dans un monde aux quatre coins duquel sévit la guerre, notamment en Syrie où elle est particulièrement atroce pour la population civile, sans que nous ne trouvions comment résoudre ces crises ou simplement apporter un peu de réconfort aux victimes.
    Mais j’ai l’impression que Hugues Saury et les très raisonnables conseillers départementaux de sa majorité vivent dans un monde où il faut surtout s’occuper de son canton et attirer des investisseurs internationaux qui sont supposés y créer des emplois … même si c’est pour fabriquer des choses superflues ou dangereuses, voire pour produire les armes qui massacreront les gens ailleurs.
  • Je vis dans un monde dont la température moyenne se réchauffe, lentement mais sûrement, en nous promettant des dérèglements climatiques majeurs et bientôt irréversibles. Un monde où la pollution nous amène à nous intoxiquer chaque hiver avec des particules fines en excès – et ce n’est pas parce que nous sommes, cette semaine, redescendus en dessous du seuil d’alerte que l’air ambiant ne continue pas à favoriser l’asthme chez les enfants.
    Mais j’ai l’impression que Hugues Saury et les très raisonnables conseillers départementaux de sa majorité vivent dans un monde où l’on peut continuer à faire circuler toujours plus de véhicules diesel et de camions, quitte à engloutir l’essentiel de nos capacités d’investissement dans la construction de nouvelles routes au détriment des alternatives.
  • Je vis dans un monde qui est en train de perdre une part considérable de sa biodiversité avec la disparition de millions d’espèces vivantes et où l’on vient d’apprendre que même les girafes pourraient ne pas survivre au mode de vie des humains et rejoindre les dinosaures dans un futur bestiaire imaginaire (ci-dessous, des girafes, fuyant le réchauffement de l’Afrique, franchiraient la Loire sur un pont qui aurait largement contribué au dit réchauffement).
    Mais j’ai l’impression que Hugues Saury et les très raisonnables conseillers départementaux de sa majorité vivent dans un monde où il faut bien continuer à se nourrir de pesticides pour assurer la croissance du PIB. Un monde où les paysans se suicideraient, non pas parce qu’on leur demande de se comporter en industriels déconnectés de la nature et rémunérés par des subventions plutôt que par la vente de leurs produits, mais parce que l’État leur imposerait trop de règlementations sanitaires s’ajoutant à des aléas climatiques que l’on impute un peu vite à la seule fatalité.

Voilà pourquoi cette session budgétaire m’a paru si semblable aux huit que j’ai connues depuis mon élection et si peu propice à répondre aux premières nécessités, présentes et futures, des Loirétaines et des Loirétains.

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Nous allons sauver le climat

A l’occasion du Conseil fédéral de mon parti, Europe écologie les Verts, j’ai participé au lancement de la campagne nationale « je sauve le climat ».

Cela va se mettre en place progressivement sur le site www.jesauveleclimat.fr où l’on peut d’ores et déjà concevoir son propre slogan.

Il s’agit d’enclencher une dynamique de réussite de la conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre prochain. Cette grande réunion sous l’égide de l’ONU doit déboucher sur un accord engageant plus de 190 pays dans la lutte contre le réchauffement accéléré de la planète pour le limiter à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Dans son dernier livre – “Climat – 30 questions pour comprendre la conférence de Paris“, éditions Les Petits Matins – Pascal Canfin démontre pourquoi le monde arrive aujourd’hui à un tournant : les énergies renouvelables sont peu à peu en train de gagner le match contre le charbon et l’on pourra aussi se passer du nucléaire (moins de 5% de l’énergie consommée dans le monde).
Ce n’était notamment pas le cas en 2009, au moment de la conférence climat de Copenhague qui s’était soldée par un échec. Raison de plus pour se mobiliser et pousser les dirigeants de tous les pays à accompagner ce tournant avec des mesures politiques internationales qui préserveront la planète des bouleversements climatiques.

Dans l’immédiat, je me suis prêté au petit jeu de la photo personnelle en empoignant un panneau qui me convient bien puisque hier encore, je jardinais à Bou en répandant le terreau issu de mon compost. Vous noterez aussi que je porte un T-shirt original que j’ai acheté à la boutique Artisans du monde de la rue de Bourgogne à Orléans. Ce vêtement fabriqué de façon artisanale coûtait un peu plus des 3 euros réclamés dans un supermarché pour des tissus fabriqués par des quasi-esclaves. Mais dix ans après, il est à peine usé et juste un peu déformé. Si l’on y réfléchit bien, non seulement j’ai économisé de l’argent par rapport à des T-shirts bon marché que j’aurais dû renouveler chaque année. Mais en outre, l’impact écologique d’une telle fabrication de qualité est bien moindre. Moins d’énergie dépensée, moins de matière première et plus de travail humain. Pour plaisanter un peu, disons que je ne suis pas bien fringué mais je sauve le climat 😉

Le Gâtinais menacé par les gaz de schistes

Je vous appelle à aller d’urgence réagir sur le site du ministère de l’écologie qui a lancé une consultation à propos de demande de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Loiret. Il s’agirait d’accorder à une multinationale l’autorisation de creuser des puits en vue de trouver du pétrole mais en fait certainement pour découvrir et exploiter des gaz de schistes.
Il y a quelques jours seulement, suite à une mobilisation exemplaire, le même type de demande a été rejeté dans le Lubéron. A cette occasion, Ségolène Royal avait déclaré que si une entreprise procède à des forages, « elle pourra nous dire : « Je n’ai pas trouvé les hydrocarbures traditionnels que je cherchais, mais j’ai foré jusqu’à la roche mère, où je pense que se trouve un peu de gaz de schiste. J’ai procédé à des investissements, ces forages m’ont coûté cher : laissez-moi maintenant provoquer des explosions pour récupérer du gaz de schiste ! » C’est précisément cela que je ne veux pas voir, non seulement dans le parc du Lubéron, mais partout ailleurs ! »
La députée Laurence Abeille lui a rappelé cette déclaration dans une question écrite à propos des demandes de permis de « Dicy » et de « Cezy » qui nous concernent directement dans l’Est du Loiret.
Il nous faut absolument réussir à obtenir que ce « partout ailleurs » de la Minisitre de l’écologie englobe bien le Gâtinais. Il faut aller dire que, pour la transition énergétique, nous préférons la polyculture et la méthanisation qui sont à l’oeuvre à Château-Renard plutôt que la prospection de ressources fossiles dont l’exploitation ne ferait qu’aggraver les risques climatiques.
Il y a urgence. Pour vous exprimer, je le rappelle, c’est là.
Je trouve d’autant plus déplorable d’avoir à se mobiliser ainsi que, il y a deux ans, ma collègue Estelle Touzin et moi-même avions proposé au Conseil général de se prononcer clairement à ce sujet au moyen d’un vœu officiel. Nous n’avions pas été suffisamment suivis, malheureusement, bien qu’Eric Doligé ait conclu en soulignant que « le vœu n’est pas adopté mais il est entendu ».

PS: Je vous invite également à consulter le texte d’un communiqué que j’ai rédigé hier pour EELV Orléanais.

Des trains pour tous !

L’actualité ferroviaire nous ramène un débat qu’on croyait enterré : faut-il une ligne grande vitesse (LGV) pour mieux desservir notre région ?

Le Conseil général veut en effet adopter à la fin du mois une nouvelle délibération en faveur de la LGV baptisée Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) en essayant de défendre le tracé le plus aberrant. En effet, les élus majoritaires persistent à ignorer les besoins de proximité des Loirétains et se focalisent encore sur les promesses de compétitivité, rayonnement et attractivité, ces fadaises qui permettent de justifier n’importe quel grand projet inutile et imposé (GPII, c’est le sigle qu’on retient par exemple pour le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes). En fait, seuls les écologistes voient les choses autrement.

Cela m’a donné l’occasion de développer nos propositions dans le journal régional de France 3 de mardi. Avec deux arguments qui commencent à faire leur chemin même chez les grands bâtisseurs invétérés : d’une part on se rend compte que la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) ne s’intéressent qu’à la liaison Paris-Lyon et pas du tout à Orléans ou Clermont-Ferrand ; d’autre part, il faut bien reconnaître qu’à part les clients de cette liaison Paris-Lyon, personne n’est à 10 minutes près pour se déplacer à travers le Massif Central.

Interview sur France 3 par Solercg45

L’ensemble du journal de France 3 sera disponible pendant quelques jours et la question commence à être traitée après 7 minutes et demi.

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Surprenants écolos

Les travaux de la session se poursuivaient vendredi avec l’examen des différents rapports occultés la veille par le grand débat sur la réforme territoriale. Celui-ci ne reprit qu’en toute fin de séance avec la discussion de 3 vœux élaborés par la majorité départementale et son président histoire de poursuivre sa petite bataille personnelle de sénateur d’opposition.

Comme prévu, pour moi, élu écologiste, plusieurs sujets à l’ordre du jour prenaient plus d’importance que les jérémiades à propos de frontières régionales ou départementales. Il s’agissait de l’agenda 21 d’une part et du schéma d’orientation pour les espaces naturels sensibles, notamment. Su ces deux thèmes et sur un autre sujet ayant trait à l’écologie, les propositions de la majorité départementale étaient loin d’être satisfaisante. Fallait-il néanmoins les soutenir pour valoriser le fait que l’on sorte d’années d’atermoiements sur ces problématiques majeures ? Ou bien s’opposer frontalement pour montrer que le compte n’y était pas ? Avec ma collègue Estelle Touzin nous avons choisi de nous abstenir afin de ne pas cautionner sans pour autant renier certaines annonces mirobolantes.

Les élus de droite feindront de s’en étonner comme Xavier Deschamps qui s’exclamera au final : « chaque fois que l’on parle d’environnement, les écologistes s’abstiennent ». Il faut dire que le conseil général du Loiret a vraiment une drôle de façon de se préoccuper de l’environnement. Bref, nous ne sommes pas de si « surprenants écologistes » si nous ne nous y retrouvons pas … contrairement à ce titre dans la presse.
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