À 18 ans, mettons les enfants à la porte, ce sera toujours ça de moins à payer

La canicule est de retour dans le Loiret, avec son lot de bons conseils et de restrictions. Le débit de la Loire est en dessous de tout, la nappe de Beauce a franchi le seuil entraînant des mesures de préservation, il va falloir s’habituer à ces épisodes météorologiques extrêmes d’autant que, comme je l’exposais dans mon premier compte-rendu de la dernière session plénière du Conseil départemental, bon nombre de dirigeants politiques ne sont pas prêts à entreprendre une transition écologique allant au-delà de modestes ajustements de nos modes de vie. Inutile d’en rajouter à ce sujet. Je vais plutôt poursuivre mon compte-rendu de la session et ce n’est pas trop tôt vu qu’elle se déroulait les 20 et 21 juin 😉

Plusieurs rapports examinés par l’assemblée départementale abordaient les questions sociales qui lui incombent en priorité (même si la majorité trouve plus de panache à dépenser une centaine de millions pour promouvoir les déplacements automobiles et les transports routiers). Il s’agissait notamment de la lutte contre la pauvreté, le premier accueil des usagers des services sociaux et la prise en charge des jeunes protégés par le dispositif d’aide sociale à l’enfance (ASE).

L’actualité de l’été m’amène à aborder d’abord la question de ces jeunes pour lesquels le conseil départemental constitue une famille de substitution, soit parce qu’ils sont loin de la leur, soit parce qu’ils en sont séparés pour leur propre sauvegarde.
Ce mercredi 24 juillet, une nouvelle manifestation viendra dénoncer conjointement le Département et l’État pour leur refus de s’occuper d’eux.
C’est le sens de l’appel des associations qui les soutiennent.
Ce sont 150 jeunes qui sont menacés de se retrouver à la rue à la fin de l’été.
Leur tort ? Avoir atteint 18 ans sans leur famille.

Mais quel rapport avec le Département ?
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Faisons les comptes en attendant les « assises »


La semaine passée, se tenait la session du nouveau conseil départemental dont on peut dire qu’elle ouvrait véritablement le mandat. Après les séances d’avril consacrées à la mise en place de l’assemblée, il s’agissait cette fois d’examiner des délibérations sur le fond, en l’occurrence essentiellement des décisions financières. En effet, nous avions à adopter le compte administratif retraçant les recettes et dépenses réellement engagées dans l’année 2014. Il convenait également de modifier le budget 2015 de façon à y intégrer, justement, le résultat 2014, mais aussi des ajustements répondant aux évolutions constatées en début d’année.

De simples ajustements, donc, car la majorité, bien que profondément renouvelée, ne comptait pas remettre en cause les choix du passé, ainsi que l’a exprimé le président Saury. Le budget 2015 voté en décembre dernier n’aura donc été modifié qu’à la marge. En revanche, dans la méthode, le nouvel exécutif a réaffirmé sa volonté de dialogue avec tous les partenaires de l’institution départementale et les premières « assises » ont été programmées les 7 et 9 juillet prochain pour aborder les compétences sociales du conseil départemental avec ceux qui contribuent à les exercer et, je l’espère, ceux qui défendent les intérêts des bénéficiaires.

Bref, rien n’a changé dans les comptes mais tout va (potentiellement) changer dans le projet départemental dont on verra que la majorité n’en a pas encore dessiné les contours.

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Communiqué : Le Conseil général doit apporter plus d’attention aux politiques centrales de sa principale compétence !

A la veille de la session plénière du conseil général du Loiret, dont les travaux doivent conduire à l’adoption du budget du Département pour 2015, le groupe socialiste, écologiste et républicain, sous la signature de Michel Brard, président de groupe, vient de publier ce communiqué auquel je souscris complètement.

« La session de décembre du Conseil général porte sur la proposition de budget 2015 pour le département et sa déclinaison dans ses différentes compétences.
Si, comme cela a été le cas les années précédentes, nous sommes en accord avec un nombre non négligeables de propositions, nous considérons que le Conseil général n’apporte pas suffisamment d’attention aux politiques centrales de sa principale compétence.

Cela concerne aussi bien, le secteur pour l’autonomie des personnes âgées, tout particulièrement dans les dispositifs de maintien à domicile, des personnes en situation de handicap, nombre de places adultes et enfants, dysfonctionnement de la MDPH (Maison Départementale Personnes Handicapées), Enfance-Famille, insuffisance de la prévention, et enfin insertion, disparition de plusieurs acteurs associatifs importants.
Nous avons bien conscience de la difficulté budgétaire en lien avec la diminution des dotations de l’Etat. Mais cela n’explique pas tout, et au contraire, cela devrait nous inciter à concentrer nos moyens, en priorité sur ces domaines qui interviennent dans la vie de milliers d’habitants du Loiret !
De plus, la défiance de l’institution départementale vis-à-vis des acteurs de terrain, associations, services, établissements, ne permet pas d’optimiser de manière partenariale des projets nécessaires de mutualisation pour un meilleur maillage du territoire.
Une fois encore, nous regrettons la tonalité des documents présentés, marqués du sceau d’un clan partisan et politicien. »

Communiqué : Assez de polémiques partisanes, les territoires, ce sont d’abord des femmes et des hommes

Confronté au projet de réforme territoriale, Eric Doligé utilise les moyens de la collectivité pour faire de la propagande auprès des cadres du Conseil général et vers le grand public. Lors de la prochaine session de l’assemblée départementale il compte faire adopter un texte d’une violence incroyable à l’égard des institutions démocratiques.

En fait, le Président et Sénateur du Loiret se présente en victime d’un gouvernement qu’il déteste alors que lui-même bricole des « innovations territoriales » à géométrie variable, sans concertation et au mépris des angoisses que cela peut créer parmi les agents départementaux.

Cependant, le Conseil général du Loiret, contraint à des choix budgétaires délicats, montre qu’il se soucie peu de ses administrés qui souffrent des restrictions brutales imposées à l’action sociale, l’insertion et l’emploi afin de préserver des dépenses facultatives en faveur de publics favorisés et d’infrastructures discutables.

Depuis longtemps, nous sommes prêts à voir disparaître la collectivité que nous administrons aujourd’hui en tant que conseillers généraux. C’est le sens des propositions réaffirmées ce week-end par notre parti Europe Écologie les Verts. Mais cela suppose que des solutions de proximité et plus efficaces soient trouvées pour assurer la solidarité envers les personnes handicapées, les familles ou les personnes âgées. Parce que l’essentiel, lorsque l’on parle de « territoires », c’est de répondre aux besoins de ceux qui y vivent.

Estelle Touzin et Thierry Soler
Conseillers généraux du Loiret.