Liberté de la presse, mode d’emploi (session budgétaire épisode 2)

En poursuivant ce compte rendu de la session du conseil départemental de la semaine dernière, permettez-moi de sauter les étapes et de vous parler un peu de la polémique qui enfle autour du projet le plus contestable du Département. Un rapport du BRGM, commandé par le conseil départemental à propos du futur pont de Mardié, fait état de risques particulièrement inquiétants compte tenu du sous-sol karstique dans le lit de la Loire.
L’association Mardiéval l’a dévoilé publiquement et son président, Jean-Marie Salomon, n’a pas mâché ses mots à ce sujet lors d’un passage sur France bleu.

Réécouter ci-dessus ou télécharger l’extrait du journal de 7h du 1er février

Réécouter ci-dessus ou télécharger l’extrait du journal de 8h du 1er février

Cette interview, à sens unique mais somme toute assez raisonnable, a fait bouillir le président Marc Gaudet. Il faut dire qu’il est plutôt habitué, a contrario, à une communication où sa propre vision des choses est la seule retenue par les médias. Pour une fois qu’une possibilité de s’exprimer sans modération bénéficiait à leurs opposants, Marc Gaudet et ses collègues ont vu rouge et se sont autorisés à dézinguer publiquement le journaliste qui avait eu le malheur de donner du crédit à la thèse de Mardiéval.

Pour Marc Gaudet comme pour la plupart des élus départementaux, en effet, tout affront se lave en public et sans égard pour la personne visée. D’où la mise en scène de la consternation et la dénonciation du malheureux journaliste de France bleu. Seul point positif, cette noire colère contre un organe de presse amena le président départemental à reconnaître que ses précédentes fureurs contre l’association Mardiéval étaient finalement plus théâtrales que sincères. « Ils sont dans leur rôle lorsqu’ils me caricaturent », admit Marc Gaudet. Sous-entendu, c’est de la part d’un journaliste que « c’est inacceptable ».
Et là, mes collègues élus perdirent un peu la mesure de leurs propres responsabilités et profitèrent de la tribune que leur offre leur mandat électoral pour se défouler contre le malheureux rédacteur de la radio de service public. C’est presque sous les huées que je m’efforçai, seul, de défendre la liberté de la presse envers et contre tout. Je rappelai combien la réception des médias est brouillée lorsque l’on est soi-même partisan. J’en veux pour preuve un autre matin de session où j’étais arrivé furieux contre un article de journal avant de constater qu’Eric Doligé, président de l’époque, était tout aussi furieux de ce même article … mais pour des raisons totalement inverses. Je demandais donc à chacun de relativiser l’injustice dont ils se sentaient victime.
Le comble, c’est que, le lendemain, un autre journaliste s’attacha ne citer justement que mon nom parmi ceux qui avaient, selon lui, « dénoncé » son confrère (ci-contre). Comme quoi, on est toujours « trahi » par la presse … mais, je le maintiens, heureusement qu’elle est là.

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