Le changement sans grand changement

Cela se passait lundi dernier déjà (le 13 novembre) : le Conseil départemental du Loiret a changé de président et la terre n’a pas vraiment tremblé.

Ce fut une simple péripétie, conséquence de l’appétit politique d’Hugues Saury. En effet, ce dernier, après seulement deux ans à la tête du Département, avait souhaité se présenter aux élections sénatoriales de septembre. Fort de sa grande compétence … et de sa notoriété de distributeur de subventions aux communes du Loiret, il fut élu au Sénat. Seulement, une loi récente a enfin pris en compte le fait que l’on ne saurait décemment cumuler un poste de parlementaire avec une responsabilité dans l’exécutif d’une collectivité locale. Une limite qui n’est pas superflue quand on se souvient comment Eric Doligé pouvait parfois se comporter au Sénat en simple porte-parole du conseil général du Loiret. Bref, Hugues Saury fut contraint de démissionner de ses éminentes responsabilités départementales pour se consacrer (presque) pleinement à son rôle de législateur.

C’est ainsi que l’assemblée départementale était convoquée pour procéder à l’élection d’un successeur. Pas de surprise, c’est le n°2 en exercice qui passa n°1 : le premier vice-président Marc Gaudet grimpait ainsi la dernière marche d’une carrière de conseiller général débutée en 2004 (ci-contre, en 2008, lorsque je siégeais à ses côtés, on voit qu’il s’agit d’un grand homme).

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C’est un scandale !

Avertissement : ceci n’est qu’un modeste blog dont la portée ne doit pas être surestimée mais quelques unes des premières réactions suscitées par ce billet m’amènent à penser que le ton adopté pour le rédiger peut le faire apparaître comme injustement agressif.
J’en ai donc retiré la conclusion qui était exagérée et je tiens à préciser que je ne mets en cause ni l’honnêteté ni la morale de mon collègue Marc Gaudet. Celui-ci a notamment démenti être un ami personnel du président de la commission d’enquête et j’en prends acte (avec des guillemets qui auraient été bienvenus dès le départ). Leur proximité n’en demeure pas moins suffisante pour que s’applique la charte de déontologie des commissaires enquêteurs. Le conflit d’intérêt dont il est question ne porte évidemment pas sur de l’argent mais sur ces liens personnels susceptibles de fausser l’appréciation. C’est un peu comme faire arbitrer un match de l’équipe de France par un arbitre français. Cela ne se fait pas. Même s’il n’y a pas d’argent en jeu et même si on peut imaginer que cet arbitre serait en capacité de rester neutre. Cela ne se fait pas, tout simplement. Si cela se produisait quand même, et si en plus deux ou trois penalties litigieux était accordés, je ne doute pas que les supporters du camp d’en face écriraient des chose bien plus graves que ce qui suit 😉

Vous vous souvenez sans doute des incroyables conclusions de l’enquête publique concernant le projet de déviation de la RD 921 à Jargeau. Le moins que l’on puisse dire est que l’avis favorable de la commission d’enquête m’avait surpris et laissé un sentiment de dupe (voir polémique au coeur de la session de juin).
Aujourd’hui, tout s’explique :
L’association Mardiéval révèle ce matin que le président de cette commission, Michel Badaire, était « un intime » du porteur de projet, mon collègue Marc Gaudet, élu du canton de Pithiviers et vice-président du Département en charge des routes.
C’est un conflit d’intérêt majeur qui jette la plus grande suspicion sur cette enquête publique.
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