Ça (trajectoire) plane pour les vieux dans le Loiret

J’ai assez abondamment disserté sur ma proposition de réduction de la fiscalité départementale sur l’électricité ici ou sur les réseaux sociaux. Néanmoins, ce ne fut pas la seule question abordée lors de la session de la semaine dernière. Agriculture, services publics et tarification des établissements médico-sociaux appelèrent également des débats contradictoires au sein de l’assemblée départementale. Tout cela, ne l’oublions pas, dans un contexte de réduction des dépenses de fonctionnement due au pacte, que j’ai déjà évoqué, par lequel le gouvernement impose au Département de ne pas accroître ses dépenses de plus de 1,2 %.
Curieusement, cette austérité obligatoire a conduit la majorité à une doctrine de la « trajectoire plane » pour ses choix budgétaires. Trajectoire plane, cela veut dire que les dépenses en 2019 devront rester identiques à celles réalisées en 2017 chaque fois que leur évolution ne dépend que des décisions du conseil départemental. Ainsi, tout en trouvant scandaleuse la limite imposée par l’État (+1,2 % maximum), le Département contraint ses partenaires à se débrouiller avec +0 % de dépenses tandis que l’inflation repart à la hausse. Il est probable que les services rendus, eux, diminueront. C’est à craindre notamment dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (les EHPAD).
Selon Pauline Martin, Vice-Présidente en charge des finances, forcer une « trajectoire plane » pour tous, c’est la condition pour ne pas avoir à supprimer certaines dépenses en faisant des choix entre les différentes actions. Or, c’est justement ce que je conteste, par exemple lorsque je propose de cesser toute intervention dans le domaine de l’agriculture dans la mesure où il s’agit d’une compétence facultative du Département et qu’il n’y applique aucune orientation politique d’intérêt public.
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Le détail d’un budget vraiment pas « durable »

Il y a quelques jours, je résumais ici le vote du budget survenu lors de la session plénière du Département. Comme à mon habitude, il me faut maintenant reprendre en détail les débats auxquels j’ai participé au cours des séances des 29 et 30 mars. L’examen de chaque thématique du budget, son vote et enfin une série de décisions de moindre « envergure » ont en effet occupé ces deux journées.

Pour le budget, il est clair que la question des dépenses routières aura été la plus clivante. Sur ce point, malheureusement, je demeure isolé face aux rêves d’expansion infinie des infrastructures qui motivent plus mes collègues que la lutte contre la pauvreté.

Pour le fonctionnement des collèges comme pour la plupart des politiques sociales du Département, la « vision comptable » qui continue de prévaloir empêche de mesurer clairement les besoins et d’y répondre de façon pertinente. Ainsi, ouvrir de nouveaux établissements d’accueil d’enfants handicapés reste un mirage tandis que certains parents galèrent toujours et doivent parfois chercher la solution jusqu’en Belgique.
Le plan départemental de cohésion sociale, comme bien d’autres textes de programmation des politiques publiques locales, semble voué à s’écraser contre le mur comptable. Il faut dire que les mesures gouvernementales de (non)financement des départements ne facilitent pas les choses, même dans un département ayant de fortes ressources comme c’est le cas du Loiret.

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Des voitures électriques pour justifier un pont qu’elles rendraient totalement superflu

Comme je l’indiquai hier dans un communiqué, le conseil départemental examinait ce matin son rapport d’orientation budgétaire au cours d’une brève séance plénière.

Ce fut bien sûr l’occasion pour moi de dénoncer les travers déjà repérés dans ces orientations, à savoir l’accélération des dépenses d’investissement par un endettement dangereux. Et cela pour des projets routiers à contre-sens de la transition énergétique.
Il me fut répondu que l’on aurait toujours besoin de routes et qu’elles n’apporteraient pas de pollution supplémentaire puisque les véhicules seraient bientôt presque tous électriques. Sauf que les cent millions d’euros promis à la seule déviation de Jargeau ne sont justifiés, paraît-il, que par les nuisances sonores et atmosphériques des véhicules qui passent en centre-ville. Autrement dit, si les véhicules électriques devenaient la norme, plus besoin de cette déviation qui ravage l’environnement ligérien. Mais la majorité départementale n’est jamais à une contradiction près.
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À nouveau en session pour adopter un budget 2016

A compter d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi, l’assemblée départementale est réunie en séance plénière et doit examiner essentiellement le budget du Loiret. Un an après le très large renouvellement des élues et des élus qui a vu l’accession d’Hugues Saury à la présidence, nous entrons (enfin!) dans le vif du sujet, avec notamment des sujets qui fâchent.

Au programme, augmentation d’impôt et serrage de boulons en matière sociale tandis que la volonté d’investir coûte que coûte pour des constructions discutables a manifestement survécu au règne d’Eric Doligé. Bref, si les méthodes de travail ont changé et si l’opposition de gauche et écologiste n’est pas mise à l’écart malgré sa faible représentation, les décisions n’en demeurent pas moins des choix de comptables pour qui ce sont avant tout les entreprises privées – multinationales – qui ont besoin de l’argent public pour faire le bonheur des gens tandis que l’Etat empêcherait les richesses de pleuvoir sur le Loiret.

Ce matin, la séance a bien entendu débuté par un moment de recueillement en pensant aux victimes des attentats de Bruxelles. Il va de soi que les modestes bisbilles que je m’apprête à narrer ici paraîtront dérisoires en regard de la brutalité qui a sévi contre des civils innocents en Belgique, quelques mois seulement après la France. Ce sera encore plus dérisoire si l’on songe à toutes les victimes quotidiennes des guerres menées au Proche-Orient et aux civils qui, en Syrie, meurent sous les bombardements du régime de Bachar El-Assad par exemple.
À ce propos, je veux dire ici mon estime envers la politique d’Angela Merkel en Allemagne. Je suis persuadé que sa détermination à accueillir dignement un nombre considérable de réfugiés n’est pas la cause indiscutable de la montée d’un parti extrémiste et raciste. La xénophobie est bien plus présente en France et le Front national en fait ses choux gras non pas parce que notre pays aurait fait preuve de générosité (au contraire) mais parce que de plus en plus de représentants politiques cèdent aux sirènes populistes et attisent les haines plus ou moins sciemment. En fait, je crois bien que la dignité a payé lors des récentes élections en Allemagne puisque, même si le parti AfD fait une percée remarquable, le Land de Bade-Wurtemberg, par exemple, a vu la victoire d’un écologiste qui n’a jamais caché son soutien aux aspects les plus généreux de la politique migratoire de madame Merkel.
Je suis convaincu que notre pays tout entier gagnerait à se montrer plus solidaire envers ceux qui souffrent. On verra que ce même raisonnement est valable pour les solidarités locales que gère le conseil départemental.

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Communiqué : Faire des choix budgétaires novateurs pour le Loiret

Le conseil général tient une séance exceptionnelle ce vendredi pour débattre des orientations budgétaires 2015. Dans un contexte de réforme des collectivités territoriales et de fortes contraintes financières, nous ne pouvons plus nous permettre de dilapider l’argent public ou seulement investir pour investir. Il faut choisir collectivement les investissements qui engendrent des économies plutôt que des dépenses supplémentaires, des projets viables, durables et pérennes pour le bien être des Loirétains.
Les orientations budgétaires proposées par la majorité suivent le modèle productiviste mondial actuel. Le conseil général s’obstine et continue de baser ses politiques sur un espoir illusoire de croissance économique censée revenir de façon cyclique. Pourtant, notre territoire ne peut continuer dans la même direction avec plus de camions, plus de voitures, plus de zones d’activité qui ne se remplissent pas …
Il est temps d’entamer une transition vers des activités intenses en emploi localement, répondant aux besoins des Loirétains plutôt qu’aux injonctions de la finance mondialisée. Il faudrait, par exemple, mieux assurer les missions de solidarité du conseil général en partenariat avec les acteurs de l’économie sociale.
Malheureusement, les orientations budgétaires proposées accroissent l’endettement du Département sans perspectives de retour sur investissement. La dette est passée de 300 à 500 millions d’euros en 4 ans (+60%). Eric Doligé semble dire « après moi le déluge ! ».
Au milieu de ce déluge, le rapport de développement durable du Loiret présente des actions pertinentes mais dérisoires face aux orientations budgétaires du conseil général. Ce ne sont malheureusement pas quelques aires de co-voiturage par-ci par-là qui contrarieront le tout-automobile qu’encouragent les centaines de millions qui sont prévus pour la construction de trois ponts sur la Loire et jusqu’à 100km de routes nouvelles.

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.