Le détail d’un budget vraiment pas « durable »

Il y a quelques jours, je résumais ici le vote du budget survenu lors de la session plénière du Département. Comme à mon habitude, il me faut maintenant reprendre en détail les débats auxquels j’ai participé au cours des séances des 29 et 30 mars. L’examen de chaque thématique du budget, son vote et enfin une série de décisions de moindre « envergure » ont en effet occupé ces deux journées.

Pour le budget, il est clair que la question des dépenses routières aura été la plus clivante. Sur ce point, malheureusement, je demeure isolé face aux rêves d’expansion infinie des infrastructures qui motivent plus mes collègues que la lutte contre la pauvreté.

Pour le fonctionnement des collèges comme pour la plupart des politiques sociales du Département, la « vision comptable » qui continue de prévaloir empêche de mesurer clairement les besoins et d’y répondre de façon pertinente. Ainsi, ouvrir de nouveaux établissements d’accueil d’enfants handicapés reste un mirage tandis que certains parents galèrent toujours et doivent parfois chercher la solution jusqu’en Belgique.
Le plan départemental de cohésion sociale, comme bien d’autres textes de programmation des politiques publiques locales, semble voué à s’écraser contre le mur comptable. Il faut dire que les mesures gouvernementales de (non)financement des départements ne facilitent pas les choses, même dans un département ayant de fortes ressources comme c’est le cas du Loiret.

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Des voitures électriques pour justifier un pont qu’elles rendraient totalement superflu

Comme je l’indiquai hier dans un communiqué, le conseil départemental examinait ce matin son rapport d’orientation budgétaire au cours d’une brève séance plénière.

Ce fut bien sûr l’occasion pour moi de dénoncer les travers déjà repérés dans ces orientations, à savoir l’accélération des dépenses d’investissement par un endettement dangereux. Et cela pour des projets routiers à contre-sens de la transition énergétique.
Il me fut répondu que l’on aurait toujours besoin de routes et qu’elles n’apporteraient pas de pollution supplémentaire puisque les véhicules seraient bientôt presque tous électriques. Sauf que les cent millions d’euros promis à la seule déviation de Jargeau ne sont justifiés, paraît-il, que par les nuisances sonores et atmosphériques des véhicules qui passent en centre-ville. Autrement dit, si les véhicules électriques devenaient la norme, plus besoin de cette déviation qui ravage l’environnement ligérien. Mais la majorité départementale n’est jamais à une contradiction près.
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À nouveau en session pour adopter un budget 2016

A compter d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi, l’assemblée départementale est réunie en séance plénière et doit examiner essentiellement le budget du Loiret. Un an après le très large renouvellement des élues et des élus qui a vu l’accession d’Hugues Saury à la présidence, nous entrons (enfin!) dans le vif du sujet, avec notamment des sujets qui fâchent.

Au programme, augmentation d’impôt et serrage de boulons en matière sociale tandis que la volonté d’investir coûte que coûte pour des constructions discutables a manifestement survécu au règne d’Eric Doligé. Bref, si les méthodes de travail ont changé et si l’opposition de gauche et écologiste n’est pas mise à l’écart malgré sa faible représentation, les décisions n’en demeurent pas moins des choix de comptables pour qui ce sont avant tout les entreprises privées – multinationales – qui ont besoin de l’argent public pour faire le bonheur des gens tandis que l’Etat empêcherait les richesses de pleuvoir sur le Loiret.

Ce matin, la séance a bien entendu débuté par un moment de recueillement en pensant aux victimes des attentats de Bruxelles. Il va de soi que les modestes bisbilles que je m’apprête à narrer ici paraîtront dérisoires en regard de la brutalité qui a sévi contre des civils innocents en Belgique, quelques mois seulement après la France. Ce sera encore plus dérisoire si l’on songe à toutes les victimes quotidiennes des guerres menées au Proche-Orient et aux civils qui, en Syrie, meurent sous les bombardements du régime de Bachar El-Assad par exemple.
À ce propos, je veux dire ici mon estime envers la politique d’Angela Merkel en Allemagne. Je suis persuadé que sa détermination à accueillir dignement un nombre considérable de réfugiés n’est pas la cause indiscutable de la montée d’un parti extrémiste et raciste. La xénophobie est bien plus présente en France et le Front national en fait ses choux gras non pas parce que notre pays aurait fait preuve de générosité (au contraire) mais parce que de plus en plus de représentants politiques cèdent aux sirènes populistes et attisent les haines plus ou moins sciemment. En fait, je crois bien que la dignité a payé lors des récentes élections en Allemagne puisque, même si le parti AfD fait une percée remarquable, le Land de Bade-Wurtemberg, par exemple, a vu la victoire d’un écologiste qui n’a jamais caché son soutien aux aspects les plus généreux de la politique migratoire de madame Merkel.
Je suis convaincu que notre pays tout entier gagnerait à se montrer plus solidaire envers ceux qui souffrent. On verra que ce même raisonnement est valable pour les solidarités locales que gère le conseil départemental.

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Communiqué : Faire des choix budgétaires novateurs pour le Loiret

Le conseil général tient une séance exceptionnelle ce vendredi pour débattre des orientations budgétaires 2015. Dans un contexte de réforme des collectivités territoriales et de fortes contraintes financières, nous ne pouvons plus nous permettre de dilapider l’argent public ou seulement investir pour investir. Il faut choisir collectivement les investissements qui engendrent des économies plutôt que des dépenses supplémentaires, des projets viables, durables et pérennes pour le bien être des Loirétains.
Les orientations budgétaires proposées par la majorité suivent le modèle productiviste mondial actuel. Le conseil général s’obstine et continue de baser ses politiques sur un espoir illusoire de croissance économique censée revenir de façon cyclique. Pourtant, notre territoire ne peut continuer dans la même direction avec plus de camions, plus de voitures, plus de zones d’activité qui ne se remplissent pas …
Il est temps d’entamer une transition vers des activités intenses en emploi localement, répondant aux besoins des Loirétains plutôt qu’aux injonctions de la finance mondialisée. Il faudrait, par exemple, mieux assurer les missions de solidarité du conseil général en partenariat avec les acteurs de l’économie sociale.
Malheureusement, les orientations budgétaires proposées accroissent l’endettement du Département sans perspectives de retour sur investissement. La dette est passée de 300 à 500 millions d’euros en 4 ans (+60%). Eric Doligé semble dire « après moi le déluge ! ».
Au milieu de ce déluge, le rapport de développement durable du Loiret présente des actions pertinentes mais dérisoires face aux orientations budgétaires du conseil général. Ce ne sont malheureusement pas quelques aires de co-voiturage par-ci par-là qui contrarieront le tout-automobile qu’encouragent les centaines de millions qui sont prévus pour la construction de trois ponts sur la Loire et jusqu’à 100km de routes nouvelles.

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.

Budget départemental, des clivages à l’heure des choix

Au soir d’une deuxième journée de session budgétaire très dense, je vous promets seulement d’ici quelques jours d’en faire un compte rendu étoffé.

Le conseil général a entériné de sérieuses réductions de budget, dans un contexte que le riche département du Loiret n’était pas habitué à connaître. Il fallait faire des choix. On a donc vu la différence entre un budget UMP et les propositions de l’opposition. Encore une fois, les écologistes ont exposé les plus profondes alternatives en affirmant clairement ce à quoi il fallait renoncer pour se recentrer sur l’action en faveur des populations les plus fragiles.

Au final, le budget départemental a été voté par 27 voix de droite contre 14 du PS, du PC et d’EELV.

L’essentiel des enjeux est résumé dans un communiqué que j’ai rédigé pour notre groupe politique socialiste, écologiste et républicain sous le titre : budget départemental, des clivages à l’heure des choix

Le Conseil général du Loiret achève aujourd’hui le vote du budget 2014. Après les accusations outrancières proférées par Eric Doligé en ouverture de la session, il apparaît que le budget 2014, en légère augmentation, est loin de refléter l’asphyxie du département que l’on nous présente.

Les conseillers généraux socialistes, écologistes et républicains sont d’accord pour dire que la situation financière de l’Etat est délicate, avec une dette qui n’a cessé de croître depuis plus de dix ans. Cela impose aux collectivités territoriales l’obligation de mesurer leurs actions et de les concentrer dans les domaines où elles sont incontournables et où l’urgence est la plus sensible. Pour ce qui est du Département, cela aurait dû se traduire par une plus grande bienveillance envers les personnes les plus fragiles et par un renforcement des actions sociales qui sont de la compétence exclusive du conseil général.

Le président Doligé qualifie désormais « d’aberration » la clause de compétence générale qui autorise les collectivités locales à intervenir dans tous les domaines. Il aurait été courageux dans ce cas de refonder les différentes politiques menées par le Conseil général du Loiret en clarifiant ce qui relève des compétences départementales obligatoires et en mettant à plat les interventions volontaristes et facultatives aux côtés d’autres acteurs publics. Malheureusement, la volonté de la majorité de poursuivre de grands programmes d’investissements se traduit par des coupes budgétaires en ordre dispersé, frappant souvent là où cela est le plus sensible, au détriment des jeunes, des personnes âgées, de ceux qui sont éloignés de l’emploi ou des personnes handicapées.

Cette fuite en avant en matière d’infrastructures nouvelles entraîne un accroissement inquiétant de la dette départementale dont la croissance est amplifiée par le recours aux partenariats public-privé. Avec une capacité de désendettement de 9 ans prévue à la fin de l’année, le Loiret se situera parmi les collectivités les plus endettées malgré les avertissements que la chambre régionale des comptes a formulés il y a quelques mois.

Il ne faudrait pas que l’antienne « c’est la faute à l’Etat » finisse par devenir « après moi le déluge » alors que l’exécutif départemental au complet, à commencer par le président Doligé, nous a promis de laisser la place en 2015.