Caricatural et excessif mais forcément moins drôle que Charlie Hebdo

Après une séance d’ouverture apaisée, la session reprit dans l’après-midi de jeudi avec l’examen des rapports un par un. Très rapidement, nous entrâmes dans le vif du sujet à propos de la présentation du bilan des trafics de l’année 2016 sur le réseau routier départemental, un sujet qui n’appelait pourtant pas de vote.

L’exposé d’Alain Touchard tourna involontairement à une forme d’apologie de la circulation automobile. Il se félicita de l’augmentation du trafic moyen sur le réseau départemental et sur l’autoroute A19 avec un impact discutable sur la route départementale RD2060 et quasi nul ailleurs. En réalité, la hausse de fréquentation de l’autoroute reste très modeste, au total en dessous des objectifs fixés il y a huit ans et, bien souvent, il s’agit de véhicules qui ne font que traverser le Loiret. Si cela s’accompagne d’une baisse du nombre de poids-lourds, surtout sensible dans la partie fluide de la RD2060, en revanche, dans la métropole d’Orléans, là où la RD2060 devient « tangentielle », le trafic est toujours aussi intense. Or, l’utilisation de revêtements réduisant les nuisances sonores demeure exceptionnelle, malheureusement.
Pas de quoi se réjouir de ce bilan, donc, d’autant que, Alain Touchard le souligna indirectement, le trafic poids-lourds important dans le Loiret suppose des crédits pour l’entretien du réseau routier. D’où une demande assez explicite de relever le budget des routes. Il reçut un accueil mitigé de la part de Pauline Martin, vice-présidente en charge des finances et le Président Saury plaisanta en annonçant qu’il « laisserait Thierry Soler répondre à cette demande ».
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« Nous ne vivons pas dans le même monde »

La semaine dernière a vu le Département adopter son budget pour 2017 au cours d’une session de trois jours que, comme d’habitude, je vais m’efforcer de relater ici (et dans un ou deux autres billets à suivre).

Autant le dire tout de suite, je fus le seul à voter contre un budget que la majorité de droite a une nouvelle fois bâti selon sa fameuse « vision comptable » qu’elle oppose à mon prétendu « idéalisme ». La caricature à mon encontre prit un tour amusant lorsque le Président me reprocha de vouloir revenir à « la lampe à huile ». Il ne faisait pas allusion à mon génie personnel 😉 mais soulignait seulement que « nous ne vivons pas dans le même monde ».

En effet :

  • Je vis dans un monde aux quatre coins duquel sévit la guerre, notamment en Syrie où elle est particulièrement atroce pour la population civile, sans que nous ne trouvions comment résoudre ces crises ou simplement apporter un peu de réconfort aux victimes.
    Mais j’ai l’impression que Hugues Saury et les très raisonnables conseillers départementaux de sa majorité vivent dans un monde où il faut surtout s’occuper de son canton et attirer des investisseurs internationaux qui sont supposés y créer des emplois … même si c’est pour fabriquer des choses superflues ou dangereuses, voire pour produire les armes qui massacreront les gens ailleurs.
  • Je vis dans un monde dont la température moyenne se réchauffe, lentement mais sûrement, en nous promettant des dérèglements climatiques majeurs et bientôt irréversibles. Un monde où la pollution nous amène à nous intoxiquer chaque hiver avec des particules fines en excès – et ce n’est pas parce que nous sommes, cette semaine, redescendus en dessous du seuil d’alerte que l’air ambiant ne continue pas à favoriser l’asthme chez les enfants.
    Mais j’ai l’impression que Hugues Saury et les très raisonnables conseillers départementaux de sa majorité vivent dans un monde où l’on peut continuer à faire circuler toujours plus de véhicules diesel et de camions, quitte à engloutir l’essentiel de nos capacités d’investissement dans la construction de nouvelles routes au détriment des alternatives.
  • Je vis dans un monde qui est en train de perdre une part considérable de sa biodiversité avec la disparition de millions d’espèces vivantes et où l’on vient d’apprendre que même les girafes pourraient ne pas survivre au mode de vie des humains et rejoindre les dinosaures dans un futur bestiaire imaginaire (ci-dessous, des girafes, fuyant le réchauffement de l’Afrique, franchiraient la Loire sur un pont qui aurait largement contribué au dit réchauffement).
    Mais j’ai l’impression que Hugues Saury et les très raisonnables conseillers départementaux de sa majorité vivent dans un monde où il faut bien continuer à se nourrir de pesticides pour assurer la croissance du PIB. Un monde où les paysans se suicideraient, non pas parce qu’on leur demande de se comporter en industriels déconnectés de la nature et rémunérés par des subventions plutôt que par la vente de leurs produits, mais parce que l’État leur imposerait trop de règlementations sanitaires s’ajoutant à des aléas climatiques que l’on impute un peu vite à la seule fatalité.

Voilà pourquoi cette session budgétaire m’a paru si semblable aux huit que j’ai connues depuis mon élection et si peu propice à répondre aux premières nécessités, présentes et futures, des Loirétaines et des Loirétains.

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Communiqué : Une politique départementale de l’eau qui coule de source

Ce lundi 25 juin 2012, le Conseil général doit procéder à la signature de son second Plan départemental de l’eau.

Le premier Plan départemental de l’eau 2006-2011 a permis de prendre en considération les enjeux sur la qualité et la raréfaction de cette ressource indispensable aux habitants du département, essentielle pour l’environnement et la biodiversité et utile aux activités économiques.
Grâce à ce Plan départemental de l’eau , le Conseil général a regroupé de multiples partenaires tels que les communes, la Région, l’agence de bassin, la chambre d’agriculture, afin de réaliser des actions curatives (sécuriser et pérenniser l’alimentation en eau potable), préventives (lutte contre les pollutions ponctuelles et diffuses), de communication (en faveur de comportements éco-citoyens par exemple) et enfin toutes les actions pour améliorer l’assainissement et reconquérir la qualité des cours d’eau.

Le second plan départemental de l’eau 2012-2016 gagne un partenaire avec la chambre de commerce et d’industrie. Il intensifie les synergies entre les acteurs locaux et valorise les actions entreprises localement grâce à l’éco-conditionnalité des aides.

Les élus écologistes du Conseil général du Loiret se réjouissent de cette politique de l’eau volontariste et ambitieuse … tout en déplorant qu’elle soit seulement mise en œuvre dans le département voisin de Seine-et-Marne.

Estelle Touzin & Thierry Soler
Conseillers généraux du Loiret

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Post-scriptum :
Publié ici avec retard, en trichant sur la date affichée ci-dessus, ce communiqué a bel et bien été émis le 25 juin mais n’a pas été repris par la presse locale.
Depuis, la Commission permanente du Conseil général du Loiret a adopté le 6 juillet une mise à jour de la politique relative à l’eau ; celle-ci continue à se présenter comme un guichet où les collectivités qui font simplement leur travail de gestion des réseaux peuvent venir demander une aide financière ; la seule nouveauté c’est que, en période de crise, le guichet est moins généreux.
Ce fut pour moi l’occasion de parler de ressource à préserver ou de qualité de l’eau et de souligner que cette politique de l’eau pourrait avoir un peu plus de sens. Voici un échantillon des réponses de la majorité : « Je crois que, là, on fait quelque chose de pas mal » ; « on a mis des sommes pas négligeables » ; [les projets soutenus dans mon canton,] « ce sont de beaux projets ». Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.