Le retour du grand contournement d’Orléans ?

La commission des bâtiments, des routes et des transports du Conseil départemental du Loiret est partie en voyage d’études dans le Sud de la France ces derniers jours.

Ce n’était pas pour profiter des dernières chaleurs de l’été qui s’achève lentement au bord de la Méditerrannée. Le programme des travaux de la commission (ci-dessous) prévoyait d’aborder notamment deux projets importants : le canal du midi et la rocade de Narbonne.

Curieusement, la visite du chantier d’achèvement de la rocade de contournement de Narbonne est mise en relation avec le projet de déviation routière à Jargeau. Serait-ce un signe que le contournement d’Orléans revient à l’ordre du jour ?

Lorsque j’ai posé la question à Marc Gaudet, vice-président en charge des routes, il s’est contenté de hausser les épaules en souriant. Comme s’il s’agissait d’une bonne blague. Pourtant, il fut un temps où la réalisation d’un grand contournement d’Orléans était bien la raison invoquée pour justifier le projet de déviation de Jargeau, alors associé à une déviation à Meung-sur-Loire et au barreau autoroutier Artenay-Meung. Lorsqu’il est apparu que cela motivait une très forte opposition aux différents éléments de ce contournement, le conseil général avait fait du rétropédalage en reniant ses propres études de projet.

Alors, peut-être que l’ensemble d’une grande rocade autour d’Orléans n’est plus à l’ordre du jour mais la comparaison avec Narbonne vient renforcer l’évidence selon laquelle le projet de Jargeau est avant tout un ouvrage de contournement de la Métropole et pas seulement une déviation de village (un peu) encombré. Comme je l’ai rappelé à Marc Gaudet, les études les plus récentes montrent bien que la réalisation d’un nouveau pont entre Mardié et Darvoy ,avec ses 14km de route jusqu’à La Source, ne ferait que susciter un accroissement global du trafic depuis l’Est d’Orléans vers le Sud. Tout cela contribuera à encombrer d’autres villes que Jargeau et Saint-Denis -de-l’Hôtel sans résoudre durablement la question de la mobilité dans la métropole. Au contraire, le Conseil départemental est en pleine contradiction avec les modestes objectifs affichés en matière de lutte contre le changement climatique. Nos compatriotes des Antilles apprécieront sans doute que l’augmentation de l’intensité des cyclones tropicaux soit le cadet des soucis de notre majorité départementale.

Ci-dessous, la rocade de Narbonne est juste au ras de cette petite ville au carrefour de grands axes reliant notamment à l’Espagne. A côté, l’ancien projet de contournement d’Orléans passait à 20km du centre-ville et ne visait qu’à amplifier la circulation des camions à travers tout le Loiret.

Une mentalité cantonale qui mène à de grands projets imposés

Avec l’apparition des premiers frimas, le mois de septembre s’achevait jeudi et vendredi dernier par la session plénière d’automne du conseil départemental. Comme il y avait relativement peu de nouvelles décisions à l’ordre du jour, nous débattîmes encore de la contractualisation des aides que le conseil départemental apporte dorénavant aux communes et intercommunalités.

Bien sûr, le dossier de la déviation de Jargeau se glissa également dans les prises de parole, étant donné la récente déclaration d’utilité publique du projet par le Préfet, et ce malgré la révélation du conflit d’intérêt concernant le président de la commission d’enquête publique. D’ailleurs, il est clair que l’exécutif départemental continue de penser qu’il n’y a aucun mal à ce que ce soit un « ami politique » qui ait rédigé un verdict favorable à la déviation. Du coup, je fus parfois pris à partie – invité à « prendre de la hauteur » – comme si le fait d’avoir dénoncé ici-même le dévoiement de la consultation des habitants équivalait à avoir porté des coup bas. A l’inverse, on me demanda de rester zen face à des insinuations marquées à l’encontre du président de l’association Mardiéval, le plus connu parmi les très nombreux citoyens qui estiment que ce projet routier est aberrant.

On verra pourtant que, à propos d’un autre « grand projet inutile imposé », comme on dit à Notre-Dame-des-Landes, certains de mes collègues n’auront aucun scrupule à douter de la neutralité des résultats d’une consultation publique pourtant bien garantie contre les petits arrangements à la sauce pithivérienne.

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C’est un scandale !

Avertissement : ceci n’est qu’un modeste blog dont la portée ne doit pas être surestimée mais quelques unes des premières réactions suscitées par ce billet m’amènent à penser que le ton adopté pour le rédiger peut le faire apparaître comme injustement agressif.
J’en ai donc retiré la conclusion qui était exagérée et je tiens à préciser que je ne mets en cause ni l’honnêteté ni la morale de mon collègue Marc Gaudet. Celui-ci a notamment démenti être un ami personnel du président de la commission d’enquête et j’en prends acte (avec des guillemets qui auraient été bienvenus dès le départ). Leur proximité n’en demeure pas moins suffisante pour que s’applique la charte de déontologie des commissaires enquêteurs. Le conflit d’intérêt dont il est question ne porte évidemment pas sur de l’argent mais sur ces liens personnels susceptibles de fausser l’appréciation. C’est un peu comme faire arbitrer un match de l’équipe de France par un arbitre français. Cela ne se fait pas. Même s’il n’y a pas d’argent en jeu et même si on peut imaginer que cet arbitre serait en capacité de rester neutre. Cela ne se fait pas, tout simplement. Si cela se produisait quand même, et si en plus deux ou trois penalties litigieux était accordés, je ne doute pas que les supporters du camp d’en face écriraient des chose bien plus graves que ce qui suit 😉

Vous vous souvenez sans doute des incroyables conclusions de l’enquête publique concernant le projet de déviation de la RD 921 à Jargeau. Le moins que l’on puisse dire est que l’avis favorable de la commission d’enquête m’avait surpris et laissé un sentiment de dupe (voir polémique au coeur de la session de juin).
Aujourd’hui, tout s’explique :
L’association Mardiéval révèle ce matin que le président de cette commission, Michel Badaire, était « un intime » du porteur de projet, mon collègue Marc Gaudet, élu du canton de Pithiviers et vice-président du Département en charge des routes.
C’est un conflit d’intérêt majeur qui jette la plus grande suspicion sur cette enquête publique.
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Communiqué : Le Conseil départemental confisque encore des terres agricoles pour un projet inutile déjà abandonné

Lors de la commission permanente du vendredi 24 juin, le Conseil départemental du Loiret a décidé d’acheter des parcelles de terres agricoles à Baule sous prétexte de l’improbable déviation de la RD18 dont la délibération rappelle pourtant que « la déclaration d’utilité publique n’a pas été sollicitée » car « ce projet routier ne figure pas au projet de mandat ».
En effet, malgré des annonces diverses du temps du président Eric Doligé, un nouveau franchissement de la Loire à Meung-sur-Loire n’est certainement pas justifié par le trafic routier qui se situe très loin des critères de saturation des routes départementales. En mai 2011, le Conseil départemental avait renoncé à toute réserve foncière à Cercottes où la circulation sur la RD2020 est pourtant deux fois plus importante mais où les services du Département n’ont observé « ni problème de fluidité du trafic routier (…) ni problème de sécurité routière ».
Il semble malheureusement que l’incohérence la plus totale préside aujourd’hui à l’achat d’une réserve foncière, au mépris des exploitants agricoles. On l’avait déjà constaté à Donnery et Fay-aux-Loges où le Département a mené à terme son aménagement foncier alors que celui-ci est devenu inutile depuis que le projet de déviation est lui aussi sorti du plan pluriannuel d’investissement. Nombre d’agriculteurs ont ainsi vu leurs terres amputées ou coupées en deux pour attribuer au conseil départemental des parcelles où il ne construira jamais de route.
Alors pourquoi répéter la même erreur et acheter des terres agricoles autour de Meung-sur-Loire pour un pont qui ne se fera pas ?
Est-ce pour relancer l’hypothèse de « grand contournement routier » d’Orléans que le Conseil départemental avait jadis imaginé avant de le démentir vigoureusement ?
A l’heure où le Loiret se relève d’inondations catastrophiques qui vont nécessiter bien d’autres investissements publics, comment peut-on justifier l’acharnement à poursuivre des « grands travaux » routiers qui ne correspondent à aucun besoin pressant qui ne puisse être résolu à moindre coût ?

Inondations : consensus en faveur des sinistrés mais pas sur les causes

Vous êtes nombreux à m’avoir fait remarquer que je n’écrivais plus beaucoup depuis quelques temps. J’avoue, je ne prends pas assez de temps pour raconter mes engagements politiques : ils n’en sont pas moins actifs. Vous le constatez parfois ci-contre au travers d’un tweet et cela se confirme si vous consultez mon agenda maintenu à jour plus régulièrement. Et puis, il m’arrive aussi de m’exprimer en tant que porte-parole local d’Europe Écologie Les Verts comme c’était encore le cas le 24 mai dernier.
En tous cas, même si tout cela m’a un peu détourné de ce blog, je maintiens mes traditionnels compte-rendus des sessions du conseil départemental et c’est à celle des 9 et 10 juin dernier que je consacrerai ce billet (et sans doute un autre bientôt).

L’ordre du jour prévoyait quelques dossiers importants comme l’adoption du plan d’investissement, de nouvelles formes de collaboration avec les communes, la réorientation de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA et une évolution du soutien aux personnes âgées.
Bien sûr, les récentes inondations qui ont frappé le Département occupèrent aussi une place de choix dans les débats. Autant le dire de suite, la proposition du président Saury d’attribuer 800 000 € aux sinistrés n’a pas rencontré d’opposition. Cependant, lorsque le 1er vice-président Gaudet a entrepris de justifier le projet de pont à Jargeau comme réponse aux inondations, j’ai bien été obligé de retrouver une position d’opposant, têtu certes, mais toujours à partir d’arguments sérieux auxquels mes collègues n’opposent qu’une foi aveugle en une vision passéiste du Loiret.
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