Carrière à Mardié : un premier pas en arrière

Sans qu’il en soit question outre-mesure sur ce blog, l’affaire a occupé les habitants du canton de Chécy depuis le début de l’été : il a fallu faire face à une demande d’ouverture de carrière d’extraction de granulats sur le territoire de Mardié et en limite de Donnery. En juin dernier, le Préfet a soudain diligenté une enquête publique dans les différentes communes proches du lieu envisagé. Je vous avais alors encouragé à participer à cette enquête en donnant votre propre avis mais sans vous cacher mon opposition au projet. Comme je n’étais pas le seul à pousser en ce sens, ce sont finalement plus de mille personnes qui ont désapprouvé le projet, lequel n’a reçu de soutien public que de la part des propriétaires des terrains destinés à l’exploitation.

Bonne nouvelle : le commissaire enquêteur vient donc de remettre un avis défavorable à l’implantation de cette carrière.

Il faut dire que la municipalité de Mardié n’a pas ménagé ses efforts pour montrer les incohérences et les nuisances du projet. Deux associations locales, déjà mobilisées contre la création de nouveaux franchissements routiers de la Loire, se sont jointes à la lutte.

En juin déjà, comme je réunissais les élus des sept communes du canton, à la suite d’un exposé très convaincant de Pierre Charron, Maire de Mardié, nous avions décidé d’écrire conjointement au Préfet pour lui faire savoir l’opposition unanime du canton à cette carrière.

L’usage étant que le Préfet ne se démarque pas outre mesure des conclusions de l’enquête publique, nous pouvons espérer, au moins dans l’immédiat, que notre avis sera entendu.

Il n’en reste pas moins que cette affaire n’est pas sans lien avec la problématique des déviations routières, autour d’Orléans ou ailleurs. Il n’y a pas de hasard dans le fait que plusieurs projets de carrières surgissent dans le Loiret alors que le Conseil général s’évertue à goudronner les quatre coins du département. On ne peut s’en tenir à la simplification à l’extrême de ces questions par le Président Doligé lorsqu’il nous dit que, là où la circulation est encombrée, il suffit de faire une nouvelle route et tout est réglé.

En effet, pour reprendre un slogan écologiste bien connu, il semble qu’avant d’agir localement il faut penser globalement. Ainsi, une déviation routière, ce ne sont pas seulement quelques kilomètres de bitume luisant, avec ou sans joli pont sur un fleuve ou un canal. C’est avant tout un choix d’aménagement de territoire avec toutes ses implications plus ou moins visibles. Or, la construction de routes nouvelles a toujours un corollaire, c’est qu’il faut encore plus fouiller la terre à la recherche de granulats et d’autres matières premières indispensables. Si l’on s’en tient seulement à la question agricole, on voit donc que non seulement des terres arables sont condamnées sur le tracé de la route mais également là où de nouvelles carrières voient le jour. Plus généralement, c’est tout un enchaînement de nuisances qui succédera à une politique d’infrastructures routières irréfléchie. Loin de réduire les embouteillages, on les déplace. Au lieu de proposer des alternatives pour nos déplacements, on persiste dans la destruction de la biodiversité et l’émission de gaz à effet de serre qui détraquent le climat. Au lieu de chercher à accroître la qualité de vie, on développe une société toujours plus pressée et stressée.