Le Préfet nous rend visite

En attendant de développer un plus ample compte rendu de cette session, je me contenterai d’évoquer la visite du Préfet devant l’assemblée départementale ce matin.

Le représentant de l’Etat dans le département nous a présenté quelques éléments de l’activité et de l’actualité de ses services dans le Loiret.

Contrairement au Président Doligé, le Préfet Moisselin admet que « le redémarrage de l’activité économique tarde à se traduire en terme d’emploi ». Il n’en est pas moins convaincu que la crise, on s’en sort toujours sans rien remettre en cause. En effet, nous serions toujours « sortis par le haut » des « dépressions économiques » du siècle dernier alors il n’y a « pas de raison que ce ne soit pas pareil aujourd’hui ».
Il me semble qu’en prenant en considération la finitude des ressources de notre planète, il est raisonnable de penser que, si l’on peut s’en sortir « par le haut » à l’avenir, ce ne sera sans doute pas en s’inspirant du 20e siècle et en faisant « pareil aujourd’hui ».

Dans un second temps, le bilan des services de l’Etat en matière de sécurité nous est présenté comme particulièrement (auto)satisfaisant . Toutefois, je ne peux m’empêcher de frémir lorsque j’entends dans la bouche d’un aussi haut fonctionnaire une phrase qui aborde la question des gens du voyage en précisant « je ne veux stigmatiser personne mais … ». A-t-on vraiment besoin de la suite pour comprendre ce que signifie ce « mais » ?

Parmi les autres thèmes abordés par le Préfet du Loiret, on trouve évidemment la réforme des collectivités territoriales et il nous est précisé que les infrastructures ou l’agriculture auraient pu elles aussi être à l’ordre du jour. C’est ainsi qu’il faudra attendre une question de David Thiberge pour que l’on entre dans le coeur de métier d’un Conseil général, à savoir les actions sociales, lesquelles ne sont pas les moindres des préoccupations des Français.

Quant à moi, c’est en accord avec des associations de terrain que j’avais préparé une question relative à l’hébergement d’urgence :

J’obtiendrai une réponse qui reconnaît les difficultés qu’entraîne le transfert des moyens réservés à l’urgence vers d’autres formes de lutte contre la précarité des sans domicile fixe. Pour les demandeurs d’asile en revanche, nous aurions tort de nous inquiéter de les voir dormir dehors avec leurs enfants car en fait leur situation est « globalement satisfaisante ».

Carrière à Mardié : un premier pas en arrière

Sans qu’il en soit question outre-mesure sur ce blog, l’affaire a occupé les habitants du canton de Chécy depuis le début de l’été : il a fallu faire face à une demande d’ouverture de carrière d’extraction de granulats sur le territoire de Mardié et en limite de Donnery. En juin dernier, le Préfet a soudain diligenté une enquête publique dans les différentes communes proches du lieu envisagé. Je vous avais alors encouragé à participer à cette enquête en donnant votre propre avis mais sans vous cacher mon opposition au projet. Comme je n’étais pas le seul à pousser en ce sens, ce sont finalement plus de mille personnes qui ont désapprouvé le projet, lequel n’a reçu de soutien public que de la part des propriétaires des terrains destinés à l’exploitation.

Bonne nouvelle : le commissaire enquêteur vient donc de remettre un avis défavorable à l’implantation de cette carrière.

Il faut dire que la municipalité de Mardié n’a pas ménagé ses efforts pour montrer les incohérences et les nuisances du projet. Deux associations locales, déjà mobilisées contre la création de nouveaux franchissements routiers de la Loire, se sont jointes à la lutte.

En juin déjà, comme je réunissais les élus des sept communes du canton, à la suite d’un exposé très convaincant de Pierre Charron, Maire de Mardié, nous avions décidé d’écrire conjointement au Préfet pour lui faire savoir l’opposition unanime du canton à cette carrière.

L’usage étant que le Préfet ne se démarque pas outre mesure des conclusions de l’enquête publique, nous pouvons espérer, au moins dans l’immédiat, que notre avis sera entendu.

Il n’en reste pas moins que cette affaire n’est pas sans lien avec la problématique des déviations routières, autour d’Orléans ou ailleurs. Il n’y a pas de hasard dans le fait que plusieurs projets de carrières surgissent dans le Loiret alors que le Conseil général s’évertue à goudronner les quatre coins du département. On ne peut s’en tenir à la simplification à l’extrême de ces questions par le Président Doligé lorsqu’il nous dit que, là où la circulation est encombrée, il suffit de faire une nouvelle route et tout est réglé.

En effet, pour reprendre un slogan écologiste bien connu, il semble qu’avant d’agir localement il faut penser globalement. Ainsi, une déviation routière, ce ne sont pas seulement quelques kilomètres de bitume luisant, avec ou sans joli pont sur un fleuve ou un canal. C’est avant tout un choix d’aménagement de territoire avec toutes ses implications plus ou moins visibles. Or, la construction de routes nouvelles a toujours un corollaire, c’est qu’il faut encore plus fouiller la terre à la recherche de granulats et d’autres matières premières indispensables. Si l’on s’en tient seulement à la question agricole, on voit donc que non seulement des terres arables sont condamnées sur le tracé de la route mais également là où de nouvelles carrières voient le jour. Plus généralement, c’est tout un enchaînement de nuisances qui succédera à une politique d’infrastructures routières irréfléchie. Loin de réduire les embouteillages, on les déplace. Au lieu de proposer des alternatives pour nos déplacements, on persiste dans la destruction de la biodiversité et l’émission de gaz à effet de serre qui détraquent le climat. Au lieu de chercher à accroître la qualité de vie, on développe une société toujours plus pressée et stressée.