À nouveau en session pour adopter un budget 2016

A compter d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi, l’assemblée départementale est réunie en séance plénière et doit examiner essentiellement le budget du Loiret. Un an après le très large renouvellement des élues et des élus qui a vu l’accession d’Hugues Saury à la présidence, nous entrons (enfin!) dans le vif du sujet, avec notamment des sujets qui fâchent.

Au programme, augmentation d’impôt et serrage de boulons en matière sociale tandis que la volonté d’investir coûte que coûte pour des constructions discutables a manifestement survécu au règne d’Eric Doligé. Bref, si les méthodes de travail ont changé et si l’opposition de gauche et écologiste n’est pas mise à l’écart malgré sa faible représentation, les décisions n’en demeurent pas moins des choix de comptables pour qui ce sont avant tout les entreprises privées – multinationales – qui ont besoin de l’argent public pour faire le bonheur des gens tandis que l’Etat empêcherait les richesses de pleuvoir sur le Loiret.

Ce matin, la séance a bien entendu débuté par un moment de recueillement en pensant aux victimes des attentats de Bruxelles. Il va de soi que les modestes bisbilles que je m’apprête à narrer ici paraîtront dérisoires en regard de la brutalité qui a sévi contre des civils innocents en Belgique, quelques mois seulement après la France. Ce sera encore plus dérisoire si l’on songe à toutes les victimes quotidiennes des guerres menées au Proche-Orient et aux civils qui, en Syrie, meurent sous les bombardements du régime de Bachar El-Assad par exemple.
À ce propos, je veux dire ici mon estime envers la politique d’Angela Merkel en Allemagne. Je suis persuadé que sa détermination à accueillir dignement un nombre considérable de réfugiés n’est pas la cause indiscutable de la montée d’un parti extrémiste et raciste. La xénophobie est bien plus présente en France et le Front national en fait ses choux gras non pas parce que notre pays aurait fait preuve de générosité (au contraire) mais parce que de plus en plus de représentants politiques cèdent aux sirènes populistes et attisent les haines plus ou moins sciemment. En fait, je crois bien que la dignité a payé lors des récentes élections en Allemagne puisque, même si le parti AfD fait une percée remarquable, le Land de Bade-Wurtemberg, par exemple, a vu la victoire d’un écologiste qui n’a jamais caché son soutien aux aspects les plus généreux de la politique migratoire de madame Merkel.
Je suis convaincu que notre pays tout entier gagnerait à se montrer plus solidaire envers ceux qui souffrent. On verra que ce même raisonnement est valable pour les solidarités locales que gère le conseil départemental.

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La concertation réaffirmée comme méthode du nouveau président

Avec l’entrée dans le mois d’octobre se tenait, hier et aujourd’hui, la seconde session plénière du nouveau mandat du conseil départemental (en exceptant les séances d’installations). Elle n’aura pas été le théâtre d’affrontements sur le fond dans la mesure où l’assemblée n’a pas achevé son travail de préparation du « projet de mandat » amené à orienter les 5 prochaines années. Du coup, les sujets abordés relevaient surtout de l’information des conseillers et n’entraînaient pas forcément de décisions.

Ce fut donc l’occasion pour le président Saury de réaffirmer sa méthode faite de dialogue et de diversité. Et l’occasion pour moi de lui en donner acte et de m’en réjouir. Il y a un véritable renouvellement de ce point de vue et c’est très bien. Certes, la majorité reste bien de droite mais, même dans son opposition aux « diktats » de l’Etat, le ton mesuré est de mise et la plupart des analyses sont justes. Il est nettement plus facile ainsi de soutenir des points de vue consensuels.

Et justement, pour ce qui concerne les débats sans vote, notamment à propos de l’avenir des départements, nous sommes d’accord pour dire qu’il y a un gros problème de financement des allocations individuelles de solidarité (AIS) payées par les départements sans que les recettes correspondantes leur soient assurées. Mon groupe socialiste, écologiste et républicain le disait déjà dès 2008 : il n’est pas possible que l’Etat intègre ces dépenses aux budgets départementaux sans les compenser à 100%. Or, nous en sommes loin. Résultat, les départements doivent réduire d’autres dépenses parfois aussi cruciales que les AIS.

Mais si l’ambiance a nettement changé, nous ne sommes pas d’accord sur tout.
Par exemple, je continue de trouver absurde l’argumentaire de la majorité départementale contre la péréquation entre départements. Leur idée, ressassée à n’en plus finir durant ces deux jours, c’est qu’il faudrait que le Loiret soit exempté de solidarité avec les départements plus pauvres sous prétexte qu’il serait « bien géré ». Je n’ai jamais remis en cause cette plutôt « bonne gestion », en tous les cas le fait que les dépenses ne sont pas inconsidérées même quand les priorités ne sont pas les miennes. Mais cela n’a strictement rien à voir avec le fait de partager nos ressources avec les départements défavorisés. La notion de péréquation repose justement sur le fait que les critères pour savoir qui paie et qui reçoit sont des critères de richesse. Or le Loiret est favorisé par sa géographie et sa structure socio-économique, autrement dit ce qui ne relève pas des choix de son administration. La péréquation le conduit donc à être contributeur de sorte qu’il se retrouve sur la même ligne de départ que les départements moins avantagés par des externalités. C’est ensuite qu’il y aura des écarts. La péréquation met les compteurs à zéro mais, après, c’est la gestion de chaque département qui fera la différence. Et si le Loiret est bien géré, cela se verra dans les meilleurs services rendus à ses administrés.

En ce qui concerne les prises de position au cours de cette session, je retiens surtout que, en partie à mon initiative, une déclaration a été adoptée à l’unanimité en faveur de l’accueil de réfugiés dans le Loiret. Je retiens également que les points de vue ont été beaucoup plus contrastés pour ce qui concerne la dotation financière des collèges que la majorité a décidé d’amputer en 2016.

Mais tâchons de raconter cette session dans l’ordre chronologique
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