Pour Rémi Fraisse

Un jeune homme aimait la nature.
Passionné, inoffensif, à 21 ans, il connaissait sans doute les plantes mieux que je ne les connaîtrai jamais.

Il a participé à un rassemblement pacifique sur le site d’un projet de barrage qui n’a aucun sens si ce n’est de maintenir à grand frais un modèle agricole qui nous ruine, nous nourrit très mal et nous prive de la biodiversité qui garantit un avenir à l’humanité.

Je suppose qu’il voulait seulement être là. Témoigner. Tenter de préserver un petit bout de terre de l’appât du gain d’une poignée de décideurs coupés des réalités.

Les pouvoirs publics ont répondu de la pire des façons. Avec des hommes en arme à qui on a dit de s’en servir. Rémi a été tué par une grenade provenant de ceux-là même qui doivent nous protéger. Sous un gouvernement qui se dit de gauche et qui ne manifeste guère de compassion.

Je réalise peu à peu et je suis triste.

J’ai participé ce soir à un rassemblement commémoratif à Orléans.
Nous n’étions pas assez nombreux mais l’émotion était palpable.

Il se trouve qu’il y a un second rassemblement dimanche, à 16h, place du Martroi.
On n’est pas très bien organisé face à un tel drame. Deux initiatives distinctes pour défendre la même cause. Celle des citoyens libres et non-violents face à une oligarchie de brutes.

Mais cette seconde fois me donne l’occasion d’écrire ce billet. Pour Rémi Fraisse. Pour que nous ne l’oublions pas. Pour que peut-être l’un ou l’une de mes lecteurs viennent se joindre à moi dimanche.
16h, place du Martroi.