La concertation réaffirmée comme méthode du nouveau président

Avec l’entrée dans le mois d’octobre se tenait, hier et aujourd’hui, la seconde session plénière du nouveau mandat du conseil départemental (en exceptant les séances d’installations). Elle n’aura pas été le théâtre d’affrontements sur le fond dans la mesure où l’assemblée n’a pas achevé son travail de préparation du « projet de mandat » amené à orienter les 5 prochaines années. Du coup, les sujets abordés relevaient surtout de l’information des conseillers et n’entraînaient pas forcément de décisions.

Ce fut donc l’occasion pour le président Saury de réaffirmer sa méthode faite de dialogue et de diversité. Et l’occasion pour moi de lui en donner acte et de m’en réjouir. Il y a un véritable renouvellement de ce point de vue et c’est très bien. Certes, la majorité reste bien de droite mais, même dans son opposition aux « diktats » de l’Etat, le ton mesuré est de mise et la plupart des analyses sont justes. Il est nettement plus facile ainsi de soutenir des points de vue consensuels.

Et justement, pour ce qui concerne les débats sans vote, notamment à propos de l’avenir des départements, nous sommes d’accord pour dire qu’il y a un gros problème de financement des allocations individuelles de solidarité (AIS) payées par les départements sans que les recettes correspondantes leur soient assurées. Mon groupe socialiste, écologiste et républicain le disait déjà dès 2008 : il n’est pas possible que l’Etat intègre ces dépenses aux budgets départementaux sans les compenser à 100%. Or, nous en sommes loin. Résultat, les départements doivent réduire d’autres dépenses parfois aussi cruciales que les AIS.

Mais si l’ambiance a nettement changé, nous ne sommes pas d’accord sur tout.
Par exemple, je continue de trouver absurde l’argumentaire de la majorité départementale contre la péréquation entre départements. Leur idée, ressassée à n’en plus finir durant ces deux jours, c’est qu’il faudrait que le Loiret soit exempté de solidarité avec les départements plus pauvres sous prétexte qu’il serait « bien géré ». Je n’ai jamais remis en cause cette plutôt « bonne gestion », en tous les cas le fait que les dépenses ne sont pas inconsidérées même quand les priorités ne sont pas les miennes. Mais cela n’a strictement rien à voir avec le fait de partager nos ressources avec les départements défavorisés. La notion de péréquation repose justement sur le fait que les critères pour savoir qui paie et qui reçoit sont des critères de richesse. Or le Loiret est favorisé par sa géographie et sa structure socio-économique, autrement dit ce qui ne relève pas des choix de son administration. La péréquation le conduit donc à être contributeur de sorte qu’il se retrouve sur la même ligne de départ que les départements moins avantagés par des externalités. C’est ensuite qu’il y aura des écarts. La péréquation met les compteurs à zéro mais, après, c’est la gestion de chaque département qui fera la différence. Et si le Loiret est bien géré, cela se verra dans les meilleurs services rendus à ses administrés.

En ce qui concerne les prises de position au cours de cette session, je retiens surtout que, en partie à mon initiative, une déclaration a été adoptée à l’unanimité en faveur de l’accueil de réfugiés dans le Loiret. Je retiens également que les points de vue ont été beaucoup plus contrastés pour ce qui concerne la dotation financière des collèges que la majorité a décidé d’amputer en 2016.

Mais tâchons de raconter cette session dans l’ordre chronologique
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Pourquoi pas un coup de balai dès le mois de mars ?

Deux occupations principales me retenaient loin de ce blog ces derniers temps : outre les activités usuelles d’un élu départemental qui ne cessent jamais tout à fait, j’ai multiplié les manifestations contre les retraites et participé à la création d’une dynamique à gauche pour les prochaines élections cantonales.

Pour ce qui est des retraites, certes, la loi est adoptée. Elle a cependant déclenché des mobilisations d’une ampleur exceptionnelle, d’autant que la répétition des grèves et des manifestations n’a que très peu entamé le mouvement jusqu’à aujourd’hui. Si l’on maintient un million de manifestants à nouveau demain, quand bien même nous fûmes plusieurs fois bien au-delà, cela restera un record pour la contestation d’une loi votée. En ce qui me concerne, je rejoindrai le cortège parisien en raison de ma participation à une autre mobilisation importante, celle pour le droit des femmes à choisir leur maternité.

En ce qui concerne les prochaines élections, certains trouveront qu’il est un peu tôt pour s’en préoccuper. Néanmoins ces dernières semaines m’ont amené à participer à des échanges fructueux entre les trois formations politiques dont l’alliance en 2008 a contribué à mon élection. Le résultat positif de ces rencontres annonce clairement la couleur, face à une majorité doligéenne qui tient de moins en moins bien ensemble. Je ne parle même pas de mon malheureux collègue Daniel Mériau, mis en examen cet été, mais les tensions ne cessent de croître entre les plus hauts fonctionnaires du Département (l’un d’eux est parti au printemps) et entre ces fonctionnaires et les principaux élus qui entourent le Président. Dans ces circonstances, je me réjouis du bilan de mon groupe politique et de la poursuite d’une alliance conquérante pour l’échéance des 20 et 27 mars. Dès le 16 novembre, nous mettrons en place tout ce qu’il faut pour élaborer un projet alternatif complet et bien plus ambitieux que le plan stratégique de la majorité actuelle. Et pour commencer, n’oublions pas le principal, que chacun s’inscrive bien sur les listes électorales et fasse inscrire tous les citoyens intéressés à l’avenir du Loiret.

Un renfort inattendu

Encore une belle manifestation dans les rues d’Orléans cet après-midi.
Réunir une nouvelle fois plus de 15000 personnes n’était pas garanti après les nombreuses journées de mobilisation déjà réussies ces dernières semaines.
Pari à nouveau gagné pour la rue.
Quant à ceux qui gouvernent, il faudra bien un jour qu’ils se débouchent les oreilles et reprennent ce dossier sans les a priori qui les conduisent pour l’instant à pénaliser de préférence les plus défavorisés.

Un renfort inattendu nous a quasiment rejoint en fin de cortège avec l’apparition inopinée à nos côtés d’un sénateur pourtant enclin à défendre la loi qui détricote nos retraites. Eric Doligé fut en effet contraint de parcourir quelques mètres de la manif pour regagner son véhicule, imprudemment garé sur le parcours (à l’UMP, on n’a pas trop la culture des parcours de manif). Sa présence suscita un élan populaire immédiat dans le cortège des socialistes qui s’écrièrent « Doligé avec nous ! ». Celui-ci préféra cependant encourager le « porte-drapeau » des écologistes qui cheminait à côté de son vélo avec une immense banderole que le Président du Conseil général assimila à une voile. Une façon de reconnaître l’ingéniosité de l’écologie politique et de lui souhaiter bon vent ?

Même le soleil fait grève

Au risque de me répéter, il me faut commenter l’immense mobilisation qui se met en branle contre la réforme de notre système de retraite.

Avant tout, cette réforme n’est pas d’une réponse rationnelle à un problème démographique que l’on aurait refusé de prendre en compte par le passé. Ce ne sont ni le vieillissement de la population ni l’allongement de la durée de vie qui mettent sous pression le financement des retraites. Il s’agit essentiellement d’une question de répartition des richesses.

Depuis plusieurs dizaines d’années, en effet, l’accroissement de la productivité du travail a presque unilatéralement été affecté aux profits et pas aux salariés eux-mêmes. La part du PIB distribuée aux travailleurs n’a cessé de diminuer. Même les avancées que constituent la retraite à soixante ans ou les trente-cinq heures n’ont pas infléchi ce mouvement car, d’une certaine manière, ce sont les bénéficiaires qui les ont financées. Ainsi, il me semble que le véritable enjeu est de savoir si la capacité d’une personne à produire, au cours de sa vie, les biens et les services qui satisfont ses besoins, l’oblige à y consacrer les trois-quarts de son existence à raison de 48h par semaine et sans congés payés (situation pas si lointaine) ou bien peut-on y arriver avec 30 ans d’activité à 32h par semaine et avec 5 semaines de congés ?

Seuls les écologistes attirent l’attention sur le paramètre « besoins » dans cette équation. Certains, dans l’excès, prônent une restriction de ces besoins tandis que d’autres cherchent avant tout à redéfinir cette notion en insistant sur le besoin de vie confortable et en bonne santé plus que sur le besoin de posséder toujours plus de gadgets.

En revanche, nombreux sont les économistes qui reconnaissent que, quels que soient les besoins à satisfaire au final, il reste encore de sacrées marges de manoeuvre dans la répartition des richesses de façon à ne pas pas faire travailler quelques uns comme des brutes pendant que d’autres crèvent la faim. Malheureusement, le gouvernement semble avoir choisi cette voie injuste. Repousser aujourd’hui l’âge de départ à la retraite c’est multiplier les chômeurs de plus de cinquante ans et les miséreux de plus de soixante pendant que les jeunes devront accepter n’importe quels sacrifice pour entrer sur le marché du travail.

Pour refuser cette idéologie, allons donc défiler en masse.