Le détail d’un budget vraiment pas « durable »

Il y a quelques jours, je résumais ici le vote du budget survenu lors de la session plénière du Département. Comme à mon habitude, il me faut maintenant reprendre en détail les débats auxquels j’ai participé au cours des séances des 29 et 30 mars. L’examen de chaque thématique du budget, son vote et enfin une série de décisions de moindre « envergure » ont en effet occupé ces deux journées.

Pour le budget, il est clair que la question des dépenses routières aura été la plus clivante. Sur ce point, malheureusement, je demeure isolé face aux rêves d’expansion infinie des infrastructures qui motivent plus mes collègues que la lutte contre la pauvreté.

Pour le fonctionnement des collèges comme pour la plupart des politiques sociales du Département, la « vision comptable » qui continue de prévaloir empêche de mesurer clairement les besoins et d’y répondre de façon pertinente. Ainsi, ouvrir de nouveaux établissements d’accueil d’enfants handicapés reste un mirage tandis que certains parents galèrent toujours et doivent parfois chercher la solution jusqu’en Belgique.
Le plan départemental de cohésion sociale, comme bien d’autres textes de programmation des politiques publiques locales, semble voué à s’écraser contre le mur comptable. Il faut dire que les mesures gouvernementales de (non)financement des départements ne facilitent pas les choses, même dans un département ayant de fortes ressources comme c’est le cas du Loiret.

Lire la suite

À nouveau en session pour adopter un budget 2016

A compter d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi, l’assemblée départementale est réunie en séance plénière et doit examiner essentiellement le budget du Loiret. Un an après le très large renouvellement des élues et des élus qui a vu l’accession d’Hugues Saury à la présidence, nous entrons (enfin!) dans le vif du sujet, avec notamment des sujets qui fâchent.

Au programme, augmentation d’impôt et serrage de boulons en matière sociale tandis que la volonté d’investir coûte que coûte pour des constructions discutables a manifestement survécu au règne d’Eric Doligé. Bref, si les méthodes de travail ont changé et si l’opposition de gauche et écologiste n’est pas mise à l’écart malgré sa faible représentation, les décisions n’en demeurent pas moins des choix de comptables pour qui ce sont avant tout les entreprises privées – multinationales – qui ont besoin de l’argent public pour faire le bonheur des gens tandis que l’Etat empêcherait les richesses de pleuvoir sur le Loiret.

Ce matin, la séance a bien entendu débuté par un moment de recueillement en pensant aux victimes des attentats de Bruxelles. Il va de soi que les modestes bisbilles que je m’apprête à narrer ici paraîtront dérisoires en regard de la brutalité qui a sévi contre des civils innocents en Belgique, quelques mois seulement après la France. Ce sera encore plus dérisoire si l’on songe à toutes les victimes quotidiennes des guerres menées au Proche-Orient et aux civils qui, en Syrie, meurent sous les bombardements du régime de Bachar El-Assad par exemple.
À ce propos, je veux dire ici mon estime envers la politique d’Angela Merkel en Allemagne. Je suis persuadé que sa détermination à accueillir dignement un nombre considérable de réfugiés n’est pas la cause indiscutable de la montée d’un parti extrémiste et raciste. La xénophobie est bien plus présente en France et le Front national en fait ses choux gras non pas parce que notre pays aurait fait preuve de générosité (au contraire) mais parce que de plus en plus de représentants politiques cèdent aux sirènes populistes et attisent les haines plus ou moins sciemment. En fait, je crois bien que la dignité a payé lors des récentes élections en Allemagne puisque, même si le parti AfD fait une percée remarquable, le Land de Bade-Wurtemberg, par exemple, a vu la victoire d’un écologiste qui n’a jamais caché son soutien aux aspects les plus généreux de la politique migratoire de madame Merkel.
Je suis convaincu que notre pays tout entier gagnerait à se montrer plus solidaire envers ceux qui souffrent. On verra que ce même raisonnement est valable pour les solidarités locales que gère le conseil départemental.

Lire la suite

Le projet de mandat reste dans le flou … sauf pour bétonner le paysage

N.B. : Ce billet est le premier d’une série qui complète mon compte-rendu des dernières sessions du conseil départemental (novembre et décembre) paru sous le titre « Le Conseil départemental reste bourré de contradictions ».

Parmi les innovations enclenchées par notre nouveau président en avril dernier, il y avait la promesse d’écrire collectivement un projet cohérent pour les actions à mener par le conseil départemental d’ici 2021. Il est vrai que le mode de scrutin cantonal ne facilite par la lisibilité des ambitions des candidats, du moins pour ceux qui s’accommodent de se présenter sans projet. Toujours est-il que la majorité a inauguré une méthode intéressante d’y remédier une fois élue. C’est ainsi que l’ensemble des conseillers départementaux, les agents de la collectivité et un certain nombre d’institutions partenaires ont pu plancher tranquillement sur le futur immédiat du Département. Côté élus, le travail a consisté en des séminaires d’un jour ou deux, par commissions thématiques, début septembre, puis en une synthèse présenté devant l’assemblée entière en novembre. Un rapport complet a enfin été rédigé au niveau de l’exécutif.
C’est cette démarche qui vient d’aboutir à l’adoption d’un projet de mandat sur lequel je reste assez partagé puisque je me suis abstenu. C’est que, en fait, malgré la concertation réelle au sein de l’institution départementale, non seulement ce projet de mandat n’est pas celui des écologistes pour le Loiret, mais il présente des points sensibles sur lesquels la majorité n’a pas beaucoup avancé par rapport au passé, faute de véritables arbitrages.
Lire la suite

La solidarité sera-t-elle bien « assise » dans le Loiret ?

Alors que la dernière journée des Assises de la solidarité va se tenir ce jeudi 10 septembre, sur le thème de l’insertion cette fois, je reviens de façon plus globale sur le bilan que je tire des premières étapes, en juillet dernier, sur les thèmes des personnes âgées, de l’enfance et des personnes handicapées.

Après des années de système Doligé à la tête du Département, les Assises proposées par le nouveau président, Hugues Saury, renouvellent radicalement l’approche des partenaires extérieurs au Département qui lui sont si utiles pour remplir son rôle de service public social.

L’impression générale qui ressort des deux premières journées est positive. C’est le début seulement mais le rétablissement du dialogue entre administration et associations ne peut que me réjouir puisqu’il figure dans les programmes électoraux du groupe socialiste et écologiste depuis ma campagne électorale de 2008. Cette étape est indispensable au retour à une confiance réciproque entre le Département et ses partenaires.

Bien entendu, ce n’est pas encore « le changement, maintenant » comme disait l’autre. Il y a peu de chances que l’on cesse d’avoir des enfants laissés pour compte quand ils ne sont pas français ou bien de jeunes majeurs sans aucun suivi au sortir d’une enfance difficile (mais de cela, il sera encore question demain lors des assises de l’insertion).
Lire la suite

La solidarité mérite de solides Assises

Trois mois après son élection à ce poste, le nouveau président départemental, Hugues Saury, lançait aujourd’hui les « Assises » thématiques destinées à rétablir le dialogue avec les partenaires du conseil départemental, à commencer par les associations. Sans surprise, ce sont les questions de solidarité qui arrivent les premières dans cette démarche puisque cette compétence majeure du Département a le plus souffert de la vision purement comptable du précédent exécutif. Bien entendu, Hugues Saury dément tout reniement des choix de son prédécesseur mais ces dénégations ne font que renforcer l’idée selon laquelle, dans la méthode au moins, la politique départementale a radicalement changé. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai assisté et participé à cette première journée consacrée à l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.
Lire la suite