Le Conseil départemental reste bourré de contradictions

L’année 2015 est quasiment achevée pour les élus départementaux du Loiret après les deux jours de session qui se déroulaient jeudi et vendredi dernier. Je veux vous en parler longuement et je reviendrai aussi sur la journée du 19 novembre dernier qui préparait les décisions de cette semaine.

C’est en effet en novembre que j’ai proposé une première fois à mes collègues de se positionner, dans le cadre de la COP21, en faveur du désinvestissement des énergies fossiles. Ce voeu a finalement été remanié et adopté à l’unanimité cette semaine. Il fait du développement durable un pré-requis de toutes les politiques engagées par le Département du Loiret. Il rappelle des objectifs tels que « zéro carbone en 2050 » ou « zéro précarité énergétique en 2050 ». Il incite les forces vives du département à retirer leurs investissements du secteur des énergies fossiles.
Sur le papier, c’est un grand pas en avant.

Malheureusement, la même assemblée a approuvé très largement un projet de mandat qui fait la part belle aux vieilles habitudes. Malgré des finances très affectées par les contraintes nationales et plombées par un endettement qui s’est envolé durant le précédent mandat, la majorité a choisi de limiter ses dépenses sociales et de poursuivre son action dans tous les autres domaines ou presque. Certes, la méthode a changé, les politiques de guichet laisseront place, le plus souvent, à des politiques concertées et ciblées. Mais la priorité reste la poursuite d’une croissance introuvable selon un modèle économique qui nous amène dans le mur depuis 50 ans.

Concernant ce demi-siècle écoulé, une des vice-présidentes départementales n’a pas hésité à remettre en cause le trop grand confort dont notre société aurait bénéficié. Cette idée est discutable puisque le gaspillage fut réel, mais le confort, tous n’en ont pas profité. Même en admettant que notre société a vécu « au-dessus de ses moyens », j’ai été scandalisé qu’elle en attribue la faute à un excès de droits et de libertés individuelles accordés aux Français. Comme si c’était la démocratie qu’il fallait abandonner pour ne surtout pas remettre en cause la société de consommation et les énormes inégalités qu’elle engendre. Sans s’en rendre compte parfois, la majorité départementale s’engage dans une voie particulièrement réactionnaire où l’égalité des droits et la liberté feraient obstacle au grand projet productiviste qui ravage notre environnement.

Résultat, pour rétablir la fameuse « cohésion sociale », le projet de mandat de la droite Loirétaine prévoit de construire de nouvelles routes et de baisser les allocations individuelles de solidarité. Si les pauvres veulent manger, il faudra qu’ils le méritent, s’ils sont vieux ou malades et demandent de l’aide, il leur faudra démontrer qu’ils ne l’ont pas « bien cherché ». En revanche, si vous êtes un investisseur déjà nanti et que vous êtes prêt à les faire trimer (i.e. si vous promettez de créer des emplois), alors le Loiret vous accueillera à bras ouverts. Le projet de mandat ne prépare pas un environnement bienveillant pour tous les habitants, mais il veut construire avant tout un « territoire » attractif pour les riches.

C’est donc en vain que j’ai tenté de convaincre mes collègues que le projet de pont entre Mardié et Darvoy est totalement contradictoire avec la lutte contre le changement climatique car il pérennise le tout-camion et le tout-voiture. En outre, cette déviation ne résoudrait que partiellement les nuisances que connaissent les habitants de Saint-Denis-de-l’Hôtel et de Jargeau, nuisances qui seraient en revanche amplifiées ailleurs. Enfin, une telle infrastructure aurait indiscutablement un impact sur le fameux « capital nature » du Loiret, comme disent mes collègues quand ils parlent des êtres vivants, de l’air, de l’eau et de la beauté du département. Malgré cela, la majorité entend y consacrer près de 20% des dépenses d’investissement d’ici 2021 au détriment de bien d’autres besoins.

Comme à mon habitude, je ferai un récit détaillé des débats du conseil départemental ayant conduit à ces décisions.
L’essentiel de mes préoccupations était d’ailleurs déjà présent dans mon intervention de début de session, jeudi 17 décembre même si l’enregistrement à pâti d’un décalage des haut-parleurs de la salle :

Je vous propose de reprendre ces mêmes thèmes au fil de mes prochains billets qui traiteront du projet de mandat, du développement durable avec le voeu sur les énergies fossiles, de la déviation de la RD921, du débat budgétaire 2016 et enfin des dotations des collèges.

Le Gâtinais menacé par les gaz de schistes

Je vous appelle à aller d’urgence réagir sur le site du ministère de l’écologie qui a lancé une consultation à propos de demande de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Loiret. Il s’agirait d’accorder à une multinationale l’autorisation de creuser des puits en vue de trouver du pétrole mais en fait certainement pour découvrir et exploiter des gaz de schistes.
Il y a quelques jours seulement, suite à une mobilisation exemplaire, le même type de demande a été rejeté dans le Lubéron. A cette occasion, Ségolène Royal avait déclaré que si une entreprise procède à des forages, « elle pourra nous dire : « Je n’ai pas trouvé les hydrocarbures traditionnels que je cherchais, mais j’ai foré jusqu’à la roche mère, où je pense que se trouve un peu de gaz de schiste. J’ai procédé à des investissements, ces forages m’ont coûté cher : laissez-moi maintenant provoquer des explosions pour récupérer du gaz de schiste ! » C’est précisément cela que je ne veux pas voir, non seulement dans le parc du Lubéron, mais partout ailleurs ! »
La députée Laurence Abeille lui a rappelé cette déclaration dans une question écrite à propos des demandes de permis de « Dicy » et de « Cezy » qui nous concernent directement dans l’Est du Loiret.
Il nous faut absolument réussir à obtenir que ce « partout ailleurs » de la Minisitre de l’écologie englobe bien le Gâtinais. Il faut aller dire que, pour la transition énergétique, nous préférons la polyculture et la méthanisation qui sont à l’oeuvre à Château-Renard plutôt que la prospection de ressources fossiles dont l’exploitation ne ferait qu’aggraver les risques climatiques.
Il y a urgence. Pour vous exprimer, je le rappelle, c’est là.
Je trouve d’autant plus déplorable d’avoir à se mobiliser ainsi que, il y a deux ans, ma collègue Estelle Touzin et moi-même avions proposé au Conseil général de se prononcer clairement à ce sujet au moyen d’un vœu officiel. Nous n’avions pas été suffisamment suivis, malheureusement, bien qu’Eric Doligé ait conclu en soulignant que « le vœu n’est pas adopté mais il est entendu ».

PS: Je vous invite également à consulter le texte d’un communiqué que j’ai rédigé hier pour EELV Orléanais.

Lutte contre la pauvreté

Il y a bien des façons de lutter contre la pauvreté.

Le gouvernement vient d’annoncer un plan d’action pour apporter des solutions qui ne sont pas négligeables. Je suis particulièrement sensible à tout ce qui permettra, par des choix collectifs, de faire baisser la dépendance aux énergies fossiles, notamment pour les plus démunis : logements mieux isolés, transports publics efficaces, alimentation biologique dans les cantines et productions locales … etc.

Du point de vue européen, il existait jusqu’à cette année un programme d’aide alimentaire basé sur les stocks issus de la politique agricole commune. Plusieurs pays européens le remettent aujourd’hui en cause, pour des raisons budgétaires, alors que tout laisse penser que cette aide alimentaire fera cruellement défaut. Une immense inquiétude est née parmi les associations françaises qui en bénéficient et l’utilisent pour offrir des repas à ceux qui n’ont rien à manger. Voilà pourquoi le groupe socialiste, écologiste et républicain, dont je fais partie, proposera cette semaine à l’ensemble du Conseil général d’adopter une résolution demandant le maintien de cette politique européenne indispensable.

Bien sûr, il restera toujours la générosité des citoyens pour apporter des moyens aux organisations qui interviennent sur le terrain. Je veux saluer tout particulièrement l’association « Coup de coeur » qui oeuvre à Chécy, Mardié et Bou, depuis des années, afin de récolter des fonds qui seront remis aux Restaurants du coeur ainsi qu’au Secours catholique et au Secours populaire. Après un concert qui se tenait vendredi, Coup de coeur nous invite à une randonnée pédestre ce dimanche à partir de 14h, au départ de la salle Maurice Genevoix (rue de la paix en Algérie à Chécy). Je ne peux que vous inviter à m’y rejoindre.

Oui, je sais, j’écris ces lignes un peu tard et tandis qu’une averse s’abat sur Bou ce matin. Mais ça ne fait rien, peut-être que vous me lirez à temps et qu’il fera très beau cet après-midi pour cette randonnée. Du moins, peut-être aurez-vous envie d’apporter votre obole sous la pluie ou de soutenir Coup de coeur en une autre occasion. De même que ceux qui sont pauvres n’en sont pas coupables pour autant, ceux qui sont assez riches ne doivent pas croire qu’ils ont forcément un grand mérite à posséder plus. Le mérite revient surtout à ceux qui partagent, quel que soit leur propre situation sociale.