Caricatural et excessif mais forcément moins drôle que Charlie Hebdo

Après une séance d’ouverture apaisée, la session reprit dans l’après-midi de jeudi avec l’examen des rapports un par un. Très rapidement, nous entrâmes dans le vif du sujet à propos de la présentation du bilan des trafics de l’année 2016 sur le réseau routier départemental, un sujet qui n’appelait pourtant pas de vote.

L’exposé d’Alain Touchard tourna involontairement à une forme d’apologie de la circulation automobile. Il se félicita de l’augmentation du trafic moyen sur le réseau départemental et sur l’autoroute A19 avec un impact discutable sur la route départementale RD2060 et quasi nul ailleurs. En réalité, la hausse de fréquentation de l’autoroute reste très modeste, au total en dessous des objectifs fixés il y a huit ans et, bien souvent, il s’agit de véhicules qui ne font que traverser le Loiret. Si cela s’accompagne d’une baisse du nombre de poids-lourds, surtout sensible dans la partie fluide de la RD2060, en revanche, dans la métropole d’Orléans, là où la RD2060 devient « tangentielle », le trafic est toujours aussi intense. Or, l’utilisation de revêtements réduisant les nuisances sonores demeure exceptionnelle, malheureusement.
Pas de quoi se réjouir de ce bilan, donc, d’autant que, Alain Touchard le souligna indirectement, le trafic poids-lourds important dans le Loiret suppose des crédits pour l’entretien du réseau routier. D’où une demande assez explicite de relever le budget des routes. Il reçut un accueil mitigé de la part de Pauline Martin, vice-présidente en charge des finances et le Président Saury plaisanta en annonçant qu’il « laisserait Thierry Soler répondre à cette demande ».
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Déplacements automobiles : préparons la suite

A la veille d’un week-end chargé sur les routes, force est de constater que, tandis que le CAC40 et le baril de pétrole repartent à la baisse, le litre de Super continue de monter (au risque de fâcher la majorité, je ne m’intéresserai pas au gas-oil, un carburant pour camions dont l’utilisation par des véhicules citadins est relativement inappropriée). Du coup, dans mon petit baromètre de la colonne latérale, je vais laisser de côté le baril (actuellement à 86 euros) pour continuer de poser la question rituelle : avec l’essence à 1 euro 52 le litre (à Saint-Jean de Braye), est-ce le moment de construire des ponts sur la Loire ?

Et justement, en dépit des départs en vacances d’une large part de la population – mais pas toute, loin s’en faut – la consommation d’automobile ne se porte pas très bien en ces temps de disette (les chiffres du chômage et du pouvoir d’achat s’obstinent à bafouer les promesses du Président). Tout d’abord, nous apprenons que les Français n’achètent plus beaucoup de voitures depuis que l’on a cessé de subventionner la casse des vieux modèles (encore un casse-tête écolo, ça : faut-il rouler avec une voiture qui marche encore et qui pollue ou bien user énergie et matières premières pour en produire une neuve qui pollue moins ?).
En outre, non seulement nous n’achetons plus autant de voitures mais nous nous servons un peu moins de celles qui existent. Rien que dans le Loiret, les trafics routiers sont en baisse régulière ces dernières années alors que la population du département est en hausse.

A priori, voilà de quoi réjouir un écologiste. Malheureusement, cette évolution, prévisible et prévue depuis longtemps par les écolos, n »a pas été anticipé par ceux qui ont gouverné en nous traitant de doux rêveurs. Oui, je me réjouirais de voir la population se détourner peu à peu de tous les usages superflus de l’automobile si seulement les alternatives avaient été correctement développées de façon à préserver la mobilité de tous. Or, si les Français laissent leur voiture de côté, c’est aujourd’hui le plus souvent sous la contrainte, faute d’argent ; une contrainte d’autant plus insupportable que notre société mène la vie dure à celui qui n’a pas de voiture. Et qu’est-ce qui a été prévu dans le Loiret pour que chacun puisse continuer à vivre sans se ruiner à payer sa bagnole ? L’A19, une des autoroutes les plus chères de France et pourtant largement subventionnée par les contribuables du Département. Et qu’est-ce qui est prévu par le Président du Conseil général pour l’avenir ? Encore une dizaine de nouvelles routes dont trois qui franchissent la Loire pour un coût si élevé qu’on ne peut même plus entretenir le réseau existant. Et toujours pas le moindre signe en faveur de la ligne de train Orléans-Châteauneuf que le Conseil Régional veut rétablir.

Alors de deux choses l’une : ou bien ceux qui gouvernent notre département et notre pays sont incapables de prévoir quoi que ce soit en matière de ressources disponibles et durables sur notre planète, ou bien ils savent réellement où ils vont et ont décidé de préparer une société ouvertement inégalitaire avec, pour ne parler que des déplacements, des aéroports, des autoroutes et des TGV pour que les privilégiés aillent plus vite tout en faisant croire aux masses que ce sont elles qui en profiteront.