Communiqué : Enfin une prime pour l’aide à domicile ! Le Département du Loiret va devoir s’y mettre.

Le 4 août à Toulon, le Président de la République a annoncé une mesure significative en faveur des personnes ayant assuré les services d’aide à domicile durant la crise sanitaire. C’est une décision bienvenue afin de ne pas négliger des personnels qui jouent un rôle majeur auprès des personnes handicapées ou des personnes âgées. Cette somme de mille euros pour une personne travaillant à temps plein sera versée pour moitié par les Départements qui ont en charge la politique sociale d’aide à domicile pour l’autonomie.

Ce faisant, l’État est plus cohérent que le conseil départemental du Loiret. Celui-ci avait jusqu’à présent refusé ce type de contribution et néanmoins consacré un budget beaucoup plus important pour intervenir dans des domaines ne relevant pas de ses compétences obligatoires. Dès le mois d’avril, j’avais pourtant proposé que, plutôt que de verser des aides économiques aux entreprises, le Département accorde une telle prime aux acteurs des services d’action sociale mobilisés pendant le confinement. D’ailleurs, la question d’une telle prime est toujours en suspens pour ce qui est des personnels des centres médico-sociaux et n’est toujours pas décidée pour la Maison de l’Enfance.

Comme je l’ai dit en vain depuis le début, le conseil départemental se fourvoie dans des actions qui ne relèvent pas obligatoirement de ses compétences et délaisse notamment l’économie sociale et solidaire et tous les agents publics ou privés oeuvrant au service des plus défavorisés.

Il faut espérer que, bousculé par l’annonce du Président de la République, l’exécutif départemental se saisira enfin des enjeux qui lui appartiennent et que les Loirétains en difficulté trouveront une oreille attentive auprès d’une administration renforcée pour faire face à la crise.

Métropole : les votes des citoyens piétinés par leurs représentants.

J’ai l’habitude, lorsque j’émets un communiqué de presse de choisir un titre un brin provocateur. Hier, peu avant le conseil métropolitain d’Orléans, je signai donc un texte abordant les « petits arrangements entre ennemis » qui pouvaient résulter d’un mode de scrutin et d’un manque d’orientation politique délétère pour la vie démocratique.

Quelques heures plus tard, la réalité de ce conseil métropolitain surpassa, en pire, mon triste pronostic. On peut le revivre intégralement ici si l’on est masochiste.

Avec des mots feutrés et sous couvert de recherche du consensus, il semble qu’une alliance contre-nature s’est nouée tranquillement et que la sensibilité « de gauche » a accepté volontiers le renfort de la sensibilité la plus à droite pour prétendument sortir de l’impasse créée par la constitution de cette assemblée métropolitaine. Car, avec des modalités de désignation camouflées dans l’élection municipale, il est clair qu’aucune majorité ne peut sortir des urnes. Sauf à ce qu’un nombre suffisant de communes aient vu la victoire de candidats ayant conçu ensemble au préalable une future coalition. Ce n’était pas le cas dans la métropole orléanaise, loin s’en faut.

Ainsi, le conseil métropolitain qui s’installait hier était composé d’élu·e·s ayant défendu pendant leur campagne des orientations très diverses. Pour emporter la majorité dans sa ville, l’un·e ou l’autre pouvait avoir suggéré tantôt un modèle libéral et sécuritaire, tantôt un modèle basé sur les services publics et la social-démocratie, tantôt on avait défendu la bienveillance en même temps que l’exigence de l’effort, tantôt la lutte contre le capitalisme aux côtés des travailleurs, tantôt le gaullisme social ou le bon-sens villageois sans étiquette (de droite) et même dans certains cas, on pouvait avoir accédé à la magistrature municipale en se réclamant de la transition écologique et du refus d’un aménagement routier délirant que je combats moi-même au conseil départemental.

Rassemblés par une loi électorale stupide, ces 89 représentants étaient en quelque sorte sommés de se trouver une boussole et d’adopter un cap commun.

J’ajouterai un point important : il fallait trouver cette coalition dans le respect de leurs diverses promesses électorales dans leurs villes respectives et sur la base desquelles leurs concitoyens les avaient portés à ces responsabilités éminentes.

La réalité, c’est qu’ils n’ont pu que se répartir les postes dans la confusion politique et parfois la confusion tout court. Une pseudo-majorité s’étant constituée en tenaille contre le candidat de centre-droit, elle n’a pas tardé à partir à vau-l’eau au moment de se choisir un quinzième vice-président. Peu après, ce dérapage était rattrapé par des procédés dignes des plus sombres histoires municipales et que l’on croyait réservés, en France, à certaines communes des rives de la Méditerrannée.

Enfin, ce n’est pas nouveau, mais la parité hommes-femmes a évidemment été totalement piétinée lors de la composition de l’instance exécutive de la collectivité. Un président homme ainsi que les deux principaux vice-présidents puis seulement 5 femmes sur les 18 autres vice-présidences. Parmi un conseil métropolitain où siègent près de quarante femmes. Sauf que la loi ne prévoit pas la parité de l’exécutif comme c’est plus ou moins le cas dans un conseil municipal (communes de plus de 1000 habitants), départemental ou régional. Donc, au conseil métropolitain, on s’assoit dessus.

Malheureusement, il est indéniable que des gens pour qui j’avais beaucoup de respect ont été pris dans cet engrenage. Ils se défendent certainement en disant qu’il fallait bien trouver une solution. Franchement, je n’ai pas l’impression que l’élection de Christophe Chaillou coalisé avec Serge Grouard se soit faite seulement en désespoir de cause et comme ultime recours pour une collectivité ingouvernable autrement. Je peux me tromper, mais cela ressemblait plutôt à une issue savamment anticipée.

En tout état de cause, les électrices et les électeurs risquent d’avoir du mal à s’y retrouver, aussi bien ceux du camp Grouard à Orléans que ceux qui se sont choisis des maires de gauche dans d’autres villes.

Communiqué : Métropole d’Orléans, petits arrangements entre ennemis

Le Conseil métropolitain d’Orléans Métropole se réunit aujourd’hui pour son installation et l’élection de son bureau exécutif après un scrutin compliqué par la pandémie de Covid-19 et par des modalités de représentation très peu démocratiques.

En effet, il s’agit d’une collectivité territoriale dont l’assemblée délibérante n’est pas élue sur la base d’un projet présenté par des candidats face à l’ensemble des habitants du territoire qu’elle administre. Les citoyen·ne·s de chacune des 22 communes ont été amené·e·s à se prononcer séparément dans une confusion avec l’élection des conseils municipaux qui est savamment entretenue. Or, les compétences de la Métropole sont souvent prépondérantes sur celles des communes et il est aberrant qu’elles ne soient pas débattues devant les électrices et les électeurs.

Malheureusement, cela conduit à ce que le projet politique métropolitain ne soit pas plus discuté par les élus eux-mêmes. Ainsi, dans l’agglomération d‘Orléans, les antagonismes personnels prennent le pas sur le débat relatif aux orientations politiques souhaitables pour la collectivité. Où et quand, par exemple, sera donc posée, avec les citoyen·ne·s concerné·e·s, la question de la gestion de l’eau ? Il est légitime que le collectif « À l’Eau Citoyenne » se mobilise aujourd’hui face à ce déni de démocratie.

En fin de compte, ce sont les ambitions personnelles des uns et des autres qui restent le seul enjeu du conseil métropolitain et de la répartition des postes qui s’annonce. Quel que soit le vainqueur(1), la Métropole n’en sortira pas gagnante et ne sera ni de droite ni de gauche ni même écologiste mais elle demeurera la résultante de compromis acquis douloureusement entre les intérêts disjoints des 22 communes qui la composent. C’est tout à fait regrettable pour faire face aux difficultés qui nous attendent à très court terme (épidémie, inégalités sociales, plan de relance) ou à moyen terme (climat, qualité de l’environnement).

(1) Manifestement, il semble que personne n’envisage que ce soit une femme qui l’emporte.

Verdir … mais pas trop quand même

Sous ce titre plein de scepticisme, vous pourriez croire que je m’apprête à commenter la formation du nouveau gouvernement au sein duquel Barbara Pompili va probablement ramer à contre-courant et en vain pour que la transition écologique devienne le « nouveau chemin » promis par le Président de la République.

Mais non, je reviens plus loin en arrière pour parler encore et toujours du Département du Loiret.

Je suis certain que vous avez profité de l’aubaine de la retransmission instantanée des débats pour avoir suivi et apprécié la session de l’assemblée départementale du mois dernier. Au cas où ce ne serait pas le cas 😉 je vais en poursuivre le compte-rendu que j’avais débuté ici-même en abordant les questions financières. D’autant que la seconde partie de la session était précisément consacrée aux efforts entrepris pour sauver la planète et que je suis intarissable sur le sujet.

Dois-je rappeler que c’est moins « la planète » qu’il s’agit de sauver que celles et ceux qui la peuplent, à commencer par les humains, menacés de disparition ou de profondes dégradations de leurs conditions de vie ?

Tout comme ils préfèrent les « territoires » à celles et ceux qui y vivent, les « entreprises » à celles et ceux qui y travaillent, la « vision comptable » plutôt que la réponse aux besoins de la population, mes collègues de la majorité départementale avaient baptisé du slogan « La planète en tête » le programme d’actions « écolo » (re)lancé, l’année dernière, sous la houlette de Christian Braux. « La planète en tête », c’est joli et ça sonne bien mais ça ne présage pas du souci de tous les êtres vivants. Certes, la plupart des actions rassemblées sous cet intitulé sont pertinentes. Elles visent à ce que « le Département prenne sa part dans la transition écologique ». Malheureusement, leur portée est terriblement limitée et leurs effets annulés par tant d’autres décisions prises avec « l’économie productiviste et libérale en tête ». C’est particulièrement criant quand il s’agit de construire un « Plan alimentaire territorial » (PAT) qui est confié à une Chambre d’agriculture soucieuse de préserver au maximum le modèle d’exploitation des terres qui produit de la malbouffe, gaspille les ressources et fait disparaître à petit feu le monde paysan.
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Communiqué : Le Loiret, la planète on s’en fiche

Il y a deux semaines à peine, le Conseil départemental du Loiret se vantait de ses ambitions écologiques baptisées « la planète en tête » et présentait notamment son Bilan Carbone et l’objectif de réduction de ses propres émissions de gaz à effets de serre. Thierry Soler faisait alors remarquer que, si la maîtrise du Bilan Carbone de l’institution n’est pas négligeable, la bataille pour le climat se joue avant tout par la baisse des impacts « Carbone » des politiques menées par la collectivité.

Or, ce n’est pas du tout la voie choisie par le Département quand il annonce peu après sa volonté persistante de rehausser les vitesses autorisées sur les routes du Loiret. Conforme à une priorité depuis longtemps accordée aux déplacements automobiles, ce choix va à contrecourant de la transition énergétique et aggravera sensiblement le Bilan Carbone du Loiret.
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