Nouvelles technologies, le Département fait l’autruche

J’ai exposé hier un épisode de la dernière session plénière de l’assemblée départementale relatif à l’emploi des forces de l’ordre notamment face aux gilets jaunes.
Il est un autre sujet sur lequel je n’ai pas franchement été suivi par les autres représentants du peuple pour le Loiret, c’est l’évaluation des risques technologiques et en particulier la controverse sur les impacts possibles du déploiement de la 5G.
C’est que, dans l’antique hémicycle des élus des cantons, on a beaucoup de mal à émerger de la IIIème République et d’un positivisme obtus.
Ainsi, selon le mot de la Vice-Présidente Laurence Bellais, « nous n’irons pas contre une avancée de la technologie ». Position de principe assez effarante alors que les preuves s’accumulent concernant les dégâts que causent certaines technologies mal maîtrisées ou bien imposées à des populations impuissantes pour le seul profit des multinationales. Et imaginons ce que cela impliquerait s’il s’agissait du clonage des êtres humains !

Pire, il a fallu que j’insiste lourdement avant que le Président Gaudet accepte seulement de mettre à l’ordre du jour un texte que j’avais pourtant déposé en conformité avec le règlement de notre assemblée. Et, même ainsi, mon « voeu [concernant] le déploiement de la technologie de télécommunication 5G » a été traité par dessus la jambe par l’exécutif et rejeté sans discussion à la quasi unanimité. Je ne demandais pourtant pas la lune mais seulement que cette « avancée technologique » contestée, y compris de façon parfois irrationnelle, fasse l’objet d’une évaluation démocratique minimale avant sa mise en œuvre sur le territoire du Loiret.
D’autres collectivités ont déjà débattu et adopté (ou pas) de tels vœux. C’est donc un simple signal d’alarme envers les autorités nationales que je mettais en débat. Mais même cela est interdit dans l’esprit de la majorité départementale et de ses co-gérants de la minorité. Dès lors que l’on questionne le modèle économique dominant, productiviste, oligarchique et ravageur pour l’environnement, les mêmes qui se vantent d’agir « pour la planète » ne veulent plus rien entendre.
Voilà qui ne risque pas de rehausser le niveau de confiance envers la science ou envers les dirigeants politiques, au moment même où nous aurions besoin de sérénité pour utiliser efficacement la vaccination contre la pandémie de Covid-19.
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Peut-on parler des violences policières ?

« Un an après le contrôle policier qui a entraîné la mort de Cédric Chouviat à Paris, famille et soutiens ont défilé ce dimanche 3 janvier pour honorer sa mémoire mais aussi pour demander la suspension des policiers impliqués. » (France 3, publié le 3 janvier 2021)

Eh oui, l’année 2020 n’a pas connu qu’un seul thème d’actualité qui serait la crise sanitaire.
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Cyclistes, de quoi vous plaignez-vous ?

Comme je le soulignais dans mon précédent billet, la crise du Covid a au moins un effet positif sur le conseil départemental, c’est la plus grande publicité des débats de l’assemblée.
Même la commission permanente, une instance qui réunit les élus plus souvent mais dans une configuration réduite, ordinairement tenue à huis clos, est retransmise au grand public par vidéo pendant le confinement. C’est ainsi que chacun pouvait suivre la séance qui se tenait vendredi dernier et que je vais donc commenter ici.
Attention, il n’est pas indispensable de visionner les 2 heures 30 de la séance avant de me lire 😉

J’ai eu l’occasion d’intervenir sur différents sujets à propos desquels l’immobilisme de la collectivité départementale est tout à fait regrettable, à commencer par les aménagements cyclables.
Pas étonnant que l’on récolte des commentaires pour le moins sceptiques à ce sujet (ici un blog poétique mais bien documenté) lorsque l’on voit comment la majorité et son délégué « vélo » traitent les attentes des cyclistes et notamment les « vélotaffeurs » qui ont choisi ce mode de déplacement doux pour leur trajets domicile-travail.

Voici d’abord les questions que j’ai posées lors de la présentation d’un rapport lié à l’aménagement de « pistes » cyclables le long de la route départementale qui va de Saran à Gidy en passant par le centre pénitentiaire.

Et voici maintenant un patchwork des réponses qui m’ont été fournies respectivement par Alain Touchard, Vice-président en charge des routes, Michel Breffy, conseiller départemental référent pour le vélo et le président Marc Gaudet en personne.

Bref, circulez (à vélo), y a rien à voir.

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La transparence seulement sous la contrainte

Hourra ! Sept semaines après leur enregistrement, les vidéos de l’assemblée départementale viennent enfin d’être mises en ligne, très discrètement, par le conseil départemental. C’est qu’il ne faudrait pas que les habitants de notre territoire se piquent de vérifier ce qui se dit ou se décide en leur nom. Après tout, il y a la Pravda locale, Loiret magazine (ci-contre apologie du « vert »), pour les maintenir dans l’admiration de leurs représentants. Sans oublier les réseaux sociaux gérés par le service communication. Si toutefois ce genre de propagande sans scrupule arrive encore à convaincre quiconque dans une ambiance générale de méfiance envers les élus.

Vous me direz que mon propre blog n’est pas un modèle d’objectivité non plus puisqu’on y trouve presque exclusivement mon propre point de vue (en dehors de rares commentaires que je ne censure jamais). À ceci près que ce blog « engagé » ne prétend nullement à un quelconque pluralisme … et n’est absolument pas financé par l’argent public.

Bref, je me réjouis que les procès-verbaux obligatoires des séances de l’assemblée départementale soient désormais sous forme de vidéo intégrale des débats et qu’elles soient visibles par toutes et tous. Mais je regrette qu’un accès presque secret (sauf ci-dessous) et un délai long et inutile rendent les choses si compliquées. D’autant qu’il n’y a aucun obstacle technique si l’on observe ce qui est réalisé en situation de confinement. Ainsi, la prochaine session, les 10 et 11 décembre, sera visible en direct comme ce fut le cas en juin dernier. Mais c’est seulement parce qu’un décret national l’impose … ce qui n’était pas le cas le mois dernier.

Mais maintenant que l’on peut enfin voir la session d’octobre dernier, on constatera que je défendais déjà ce que je viens d’écrire ici (au bout d’1h02m50s dans la vidéo du débat sur le numérique le vendredi 13 ou simplement à écouter ci-dessous).

Les amateurs d’émotions pas trop fortes pourront également suivre les deux séances qui avaient précédé. Le matin du 12 octobre, nous avions pu parler du dénigrement des jeunes étrangers isolés tandis que l’après-midi suffisait à régler presque tous les dossiers et notamment les questions de primes Covid attribuées – ou pas – aux personnes ayant fait front contre la pandémie.