Peut-on parler des violences policières ?

« Un an après le contrôle policier qui a entraîné la mort de Cédric Chouviat à Paris, famille et soutiens ont défilé ce dimanche 3 janvier pour honorer sa mémoire mais aussi pour demander la suspension des policiers impliqués. » (France 3, publié le 3 janvier 2021)

Eh oui, l’année 2020 n’a pas connu qu’un seul thème d’actualité qui serait la crise sanitaire.
Continuer la lecture

La transparence seulement sous la contrainte

Hourra ! Sept semaines après leur enregistrement, les vidéos de l’assemblée départementale viennent enfin d’être mises en ligne, très discrètement, par le conseil départemental. C’est qu’il ne faudrait pas que les habitants de notre territoire se piquent de vérifier ce qui se dit ou se décide en leur nom. Après tout, il y a la Pravda locale, Loiret magazine (ci-contre apologie du « vert »), pour les maintenir dans l’admiration de leurs représentants. Sans oublier les réseaux sociaux gérés par le service communication. Si toutefois ce genre de propagande sans scrupule arrive encore à convaincre quiconque dans une ambiance générale de méfiance envers les élus.

Vous me direz que mon propre blog n’est pas un modèle d’objectivité non plus puisqu’on y trouve presque exclusivement mon propre point de vue (en dehors de rares commentaires que je ne censure jamais). À ceci près que ce blog « engagé » ne prétend nullement à un quelconque pluralisme … et n’est absolument pas financé par l’argent public.

Bref, je me réjouis que les procès-verbaux obligatoires des séances de l’assemblée départementale soient désormais sous forme de vidéo intégrale des débats et qu’elles soient visibles par toutes et tous. Mais je regrette qu’un accès presque secret (sauf ci-dessous) et un délai long et inutile rendent les choses si compliquées. D’autant qu’il n’y a aucun obstacle technique si l’on observe ce qui est réalisé en situation de confinement. Ainsi, la prochaine session, les 10 et 11 décembre, sera visible en direct comme ce fut le cas en juin dernier. Mais c’est seulement parce qu’un décret national l’impose … ce qui n’était pas le cas le mois dernier.

Mais maintenant que l’on peut enfin voir la session d’octobre dernier, on constatera que je défendais déjà ce que je viens d’écrire ici (au bout d’1h02m50s dans la vidéo du débat sur le numérique le vendredi 13 ou simplement à écouter ci-dessous).

Les amateurs d’émotions pas trop fortes pourront également suivre les deux séances qui avaient précédé. Le matin du 12 octobre, nous avions pu parler du dénigrement des jeunes étrangers isolés tandis que l’après-midi suffisait à régler presque tous les dossiers et notamment les questions de primes Covid attribuées – ou pas – aux personnes ayant fait front contre la pandémie.

Faut-il demander leur avis à celles et ceux que l’on gouverne ?

Pour finir mon compte-rendu -tardif – de la dernière session plénière du conseil départemental du Loiret, il me reste à aborder le sujet qui fut mis à l’honneur à cette occasion : le numérique, ses installations et ses usages. Cette aspect thématique, développé désormais à chaque session, est sans doute une bonne idée mais encore faudrait-il qu’il y ait quelque chose à mettre en débat. Sinon, il s’agit d’une simple opération de communication qui n’a pas grand-chose à voir avec la réunion de l’assemblée élue. Et je ne parle même pas d’ouvrir le débat à la population elle-même puisque, vous le verrez, ce n’est vraiment pas le souci du président Gaudet.

Comme, je ne m’attendais pas à ce que le thème ne soit là que pour amuser la galerie, j’avais quand même apporté mon point de vue sur le sujet, à défaut de pouvoir faire évoluer les décisions. Le plus drôle, c’est que, comme j’abordais la question de la démocratisation de ces prises de décisions, justement, Marc Gaudet s’enflamma pour défendre le rôle des élus qu’il estime non seulement prépondérant mais exclusif pour ce qui est de gouverner la société. Pour lui, une fois que les citoyens ont désigné leurs représentants, ils n’ont plus qu’à rentrer sagement chez eux jusqu’aux prochaines élections. Ensuite, les élus se chargent de tout.

Le principe connaît une application au sein même du conseil départemental. Une fois le président élu par l’assemblée avec les membres de l’exécutif, les élus de la majorité (et parfois de la minorité) n’ont plus qu’à siéger gentiment et écouter l’énoncé des décisions qu’il leur suffira ensuite de valider.
Bref, en ce qui concerne le numérique, nous étions plutôt dans l’opération de communication institutionnelle que dans l’intelligence collective.
Mais comme je reste attaché aux vertus de la délibération, je suis donc intervenu, quasiment seul, dans le grand débat thématique de la session.
Continuer la lecture

Covid-19 : le Département n’a-t-il pas déjà jeté trop d’argent par les fenêtres ?

J’avais déjà publié un article à propos de la dernière session du conseil départemental afin de rendre compte en particulier du débat sur les mineurs non accompagnés (MNA).
Bien que j’aie sans doute trop attendu, il me reste à reprendre mon récit à propos des autres sujets abordés le mois dernier et notamment un budget toujours tranché par la majorité en faveur de la sauvegarde de l’économie plutôt que la solidarité avec celles et ceux qui sont laissés pour compte. Sans parler de l’écologie qui demeure essentiellement un enjeu de communication mais certainement pas une priorité traduite par des engagements financiers !

De budget, il en fut forcément question, pourtant, puisque la crise sanitaire et ses conséquences bousculent les équilibres savamment établis par l’exécutif. Les critères de bonne gestion et de solidité financière que la majorité départementale s’était elle-même imposée (un ratio de 10 % d’épargne brute et une dette maîtrisée) ont dû être abandonnés afin de pourvoir aux besoins croissants de la population dans une période d’incertitude sur les moyens dont disposera la collectivité. Nous avons donc étudié plusieurs chapitres du budget 2020 afin de les modifier en fonction de la situation constatée et de faire face aux engagements à tenir jusqu’au 31 décembre. Pour beaucoup d’entre eux, je n’ai trouvé aucune raison d’approuver les choix de la majorité et, en fin de compte, j’ai rejeté la délibération globale que concluait cette décision modificative (DM) du budget.

De mon point de vue, les dépenses très généreuses décidées au printemps dernier ont sans doute été un peu rapide. Aujourd’hui que la deuxième vague nous crée de nouvelles difficultés, on voit bien que le conseil départemental va devoir mobiliser toutes les ressources possibles afin de jouer son rôle dans le domaine social. Je maintiens que ce n’était pas au Département de se charger du soutien aux acteurs économiques, aussi apprécié qu’il ait pu être par ceux qui en bénéficièrent. D’ailleurs, l’État, la Région et les intercommunalités n’ont pas fait défaut aux entreprises et commerces en difficulté.
Le conseil départemental est la collectivité qui est compétente pour la cohésion sociale et qui gère notamment les allocations individuelles de solidarité ainsi que la protection de l’enfance. Dans ces domaines, les besoins sont aussi criants voire plus que pour les entreprises privées. Et aucune autre collectivité locale n’a le pouvoir d’agir dont dispose le conseil départemental, parfois en partage avec les services de l’État. Je suis donc particulièrement agacé du fait que l’on soit si peu réactifs lorsqu’il s’agit de soutenir le secteur médico-social ou les acteurs de l’économie sociale et solidaire qui oeuvrent pour l’insertion des publics défavorisés, pour l’autonomie des personnes handicapées et des personnes âgées, pour la protection des enfants en danger. Aucune mesure urgente n’est prise pour renforcer ces secteurs (hormis des évolutions positives mais lentes du côté de la Maison de l’Enfance) tandis que celles et ceux qui y travaillent « en première ligne » reçoivent (ou pas) des primes attribuées au lance-pierre et non sans mesquinerie.
Continuer la lecture

Stigmatisations et amalgames : le MNA-bashing ça s’appelle de la xénophobie

Comme vous l’aurez certainement deviné avec la parution de mon récent communiqué sur les primes Covid, le conseil départemental était réuni en session plénière en début de semaine, le lundi 12 et mardi 13 octobre. En pratique, trois petites séances menées à un train d’enfer et n’ayant guère laissé de place au débat. C’est que le président et sa majorité se mettent d’accord sur tout à l’avance, par des moyens plus ou moins démocratiques mais en tous les cas sans délibération publique. Ainsi, je fus à nouveau le seul ou presque à soulever des questions ou des objections aux décisions prises. Et bien que l’institution ait démontré au printemps qu’il n’y avait aucune difficulté à diffuser en direct les débats de notre assemblée, nous en sommes revenu à la culture du secret et il vous faudra attendre plusieurs semaines avant de pouvoir éventuellement vous rendre compte de ce que disent et décident vos représentants départementaux (ce sera sur la chaîne youtube adhoc, mais pas avant décembre).

Outre le fait que j’aime bien commenter mon propre travail ;-), me voilà donc obligé de vous faire dès maintenant un compte-rendu de cette session. Ce sera légèrement différent de la propagande officielle et de ses relais locaux. Ne serait-ce que sur la question des mineurs étrangers non accompagnés (MNA) que je développerai au terme de ce billet. En effet, bien que prompte à dénoncer l’agri-bashing, mouvement réel ou supposé de dénigrement (en bon français) des paysans, la majorité départementale ne s’est pas montrée aussi gênée par le sinistre xénophobe de Cnews qui propage la haine envers l’ensemble des MNA. Non, plutôt que de dénoncer tous les amalgames injustes, à l’égard des paysans comme à l’égard des jeunes, Marc Gaudet a surtout passé son temps à distiller de petites phrases sur les écolos, s’adonnant ainsi à une forme puérile de contre-bashing (en conservant l’anglicisme).

Cela commença par son discours d’ouverture, censé balayer l’actualité et les sujets à l’ordre du jour. Bien entendu, la crise sanitaire persistante occupa la première place. « Dans les prochaines années, nous vivrons comme une reconstruction d’après-guerre » nous asséna-t-il d’emblée. Est-ce à dire que lui aussi va ressortir le programme national de la Résistance ? Ou bien est-ce le mot « construction » qui lui importe tant, construire sans rien changer au monde d’avant, empiler le béton sur des hectares et des hectares de Loiret juste parce que l’on doit donner « la priorité à l’emploi ».
Continuer la lecture