Les intercommunalités, chasse gardée masculine !

J’ai largement développé les méfaits de l’élection des conseils qui administrent les intercommunalités à commencer par la Métropole d’Orléans. Je voudrais aujourd’hui me focaliser sur le non-respect de la parité femme-homme parmi les dirigeants élus de ces intercommunalités.

Les intercommunalités, kesako ?

Avant d’aborder la situation dans le Loiret puis celle des Métropoles en France, refaisons le point sur le contexte.
Depuis quelques décennies, la législation française a beaucoup évolué à propos des collectivités locales et peu à peu les municipalités ont été dépouillées de nombre de leurs attributions au profit de regroupements à une échelle plus vaste : les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).
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Rupture au groupe socialiste, écologiste et républicain du Conseil départemental

Après le hold-up contre la démocratie à la Métropole d’Orléans, il n’est plus possible pour moi de rester dans un groupe politique commun avec les conseillers départementaux socialistes et sous la houlette du nouveau président de la Métropole.

Un bref rappel.
Les lois récentes relatives aux collectivités territoriales ont donné un poids très fort aux intercommunalités pour des décisions engageant la vie de leurs habitant·e·s et cependant le mode de scrutin ne permet pas aux citoyens de débattre des enjeux politiques et de se prononcer en connaissance de cause.
À Orléans, malheureusement, les élu·e·s de l’assemblée métropolitaine ont renforcé ce déni de démocratie en se répartissant les postes au sein de l’exécutif le 16 juillet dernier en dépit de tout projet politique.
Sous couvert de recherche du consensus, Christophe Chaillou a pris la présidence à la tête d’une alliance contre-nature nouée entre sa sensibilité de gauche et la sensibilité la plus à droite que représente Serge Grouard.
Cette coalition improbable ne montre aucun égard pour les choix politiques qui se présentent dans le mandat à venir, au premier rang desquels la gestion des services de l’eau potable et de l’assainissement, mais aussi l’organisation des transports publics ainsi que leur gratuité ou non, la réponse sociale et économique à la pandémie de Covid19, … etc.
Enfin, dans cette scandaleuse répartition des vice-présidences, la parité femme-homme a été totalement méprisée alors que l’exemple de Montpellier prouve que cette exigence est facile à satisfaire.

Dans ces conditions de désaccord avec la démarche et les renoncements des élus de gauche de la Métropole, il ne me paraît plus possible de continuer à participer au groupe politique départemental socialiste écologiste et républicain que préside Christophe Chaillou et qui était le mien depuis douze ans. Je poursuivrais donc mon mandat au sein du conseil départemental en tant que « non-inscrit » et demeurerai un opposant à la politique de la majorité de Marc Gaudet, sans animosité et néanmoins sans concession sur les orientations politiques, à commencer par l’urgence de mesures sociales plus justes et d’une transition écologique plus rapide.

Faut-il vraiment prendre le risque de morts supplémentaires ?

Le feuilleton de la limitation de vitesse sur les routes départementales du Loiret devrait trouver son épilogue ce mois-ci avec une décision personnelle du président du Conseil départemental, Marc Gaudet.

Alors que nous vivons une crise sanitaire qui interroge nécessairement nos modes de vie à court terme mais aussi à long terme pour ce qui concerne les besoins de mobilité, est-il vraiment utile de promouvoir encore et toujours les déplacements automobiles en leur accordant un retour à la vitesse limite de 90 km/h sur les routes départementales ?

Pour l’instant, cela reste la volonté affichée par le président du Département en dépit des voix qui se sont exprimées, dont la mienne, pour souligner le risque pour la sécurité routière et l’impact sur l’environnement à travers les émissions de gaz à effet de serre.

Bien entendu, j’approuve volontiers les modifications concomitantes qui doivent réduire les vitesses autorisées sur la tangentielle, même si cela ne concerne que le coeur de la Métropole d’Orléans. Mais si Marc Gaudet s’en tient par ailleurs à un passage de 80km/h à 90km/h sur 400 km du reste du réseau départemental, il est clair que le signal envoyé reste l’encouragement des déplacements les plus polluants et de « la route qui ne pardonne pas ».

J’en appelle à une position plus raisonnable, celle de la commission départementale de sécurité routière de juin dernier, qui a validé le retour à une limitation à 90 km/h sur seulement deux tronçons qui y sont particulièrement adaptés. Il s’agit de la RD2020, dans sa partie située au nord d’Orléans, et de la RD2060, entre Châteauneuf-sur-Loire et Montargis.

Cher Marc Gaudet, ne cède pas aux sirènes de cette vie à plein tube qui nuit tellement à notre santé. Puisque la décision t’appartient, je t’en prie, conservons l’essentiel des routes départementales du Loiret dans le cadre national le plus protecteur pour les usagers et pour l’environnement.

Métropole : les votes des citoyens piétinés par leurs représentants.

J’ai l’habitude, lorsque j’émets un communiqué de presse de choisir un titre un brin provocateur. Hier, peu avant le conseil métropolitain d’Orléans, je signai donc un texte abordant les « petits arrangements entre ennemis » qui pouvaient résulter d’un mode de scrutin et d’un manque d’orientation politique délétère pour la vie démocratique.

Quelques heures plus tard, la réalité de ce conseil métropolitain surpassa, en pire, mon triste pronostic. On peut le revivre intégralement ici si l’on est masochiste.

Avec des mots feutrés et sous couvert de recherche du consensus, il semble qu’une alliance contre-nature s’est nouée tranquillement et que la sensibilité « de gauche » a accepté volontiers le renfort de la sensibilité la plus à droite pour prétendument sortir de l’impasse créée par la constitution de cette assemblée métropolitaine. Car, avec des modalités de désignation camouflées dans l’élection municipale, il est clair qu’aucune majorité ne peut sortir des urnes. Sauf à ce qu’un nombre suffisant de communes aient vu la victoire de candidats ayant conçu ensemble au préalable une future coalition. Ce n’était pas le cas dans la métropole orléanaise, loin s’en faut.

Ainsi, le conseil métropolitain qui s’installait hier était composé d’élu·e·s ayant défendu pendant leur campagne des orientations très diverses. Pour emporter la majorité dans sa ville, l’un·e ou l’autre pouvait avoir suggéré tantôt un modèle libéral et sécuritaire, tantôt un modèle basé sur les services publics et la social-démocratie, tantôt on avait défendu la bienveillance en même temps que l’exigence de l’effort, tantôt la lutte contre le capitalisme aux côtés des travailleurs, tantôt le gaullisme social ou le bon-sens villageois sans étiquette (de droite) et même dans certains cas, on pouvait avoir accédé à la magistrature municipale en se réclamant de la transition écologique et du refus d’un aménagement routier délirant que je combats moi-même au conseil départemental.

Rassemblés par une loi électorale stupide, ces 89 représentants étaient en quelque sorte sommés de se trouver une boussole et d’adopter un cap commun.

J’ajouterai un point important : il fallait trouver cette coalition dans le respect de leurs diverses promesses électorales dans leurs villes respectives et sur la base desquelles leurs concitoyens les avaient portés à ces responsabilités éminentes.

La réalité, c’est qu’ils n’ont pu que se répartir les postes dans la confusion politique et parfois la confusion tout court. Une pseudo-majorité s’étant constituée en tenaille contre le candidat de centre-droit, elle n’a pas tardé à partir à vau-l’eau au moment de se choisir un quinzième vice-président. Peu après, ce dérapage était rattrapé par des procédés dignes des plus sombres histoires municipales et que l’on croyait réservés, en France, à certaines communes des rives de la Méditerrannée.

Enfin, ce n’est pas nouveau, mais la parité hommes-femmes a évidemment été totalement piétinée lors de la composition de l’instance exécutive de la collectivité. Un président homme ainsi que les deux principaux vice-présidents puis seulement 5 femmes sur les 18 autres vice-présidences. Parmi un conseil métropolitain où siègent près de quarante femmes. Sauf que la loi ne prévoit pas la parité de l’exécutif comme c’est plus ou moins le cas dans un conseil municipal (communes de plus de 1000 habitants), départemental ou régional. Donc, au conseil métropolitain, on s’assoit dessus.

Malheureusement, il est indéniable que des gens pour qui j’avais beaucoup de respect ont été pris dans cet engrenage. Ils se défendent certainement en disant qu’il fallait bien trouver une solution. Franchement, je n’ai pas l’impression que l’élection de Christophe Chaillou coalisé avec Serge Grouard se soit faite seulement en désespoir de cause et comme ultime recours pour une collectivité ingouvernable autrement. Je peux me tromper, mais cela ressemblait plutôt à une issue savamment anticipée.

En tout état de cause, les électrices et les électeurs risquent d’avoir du mal à s’y retrouver, aussi bien ceux du camp Grouard à Orléans que ceux qui se sont choisis des maires de gauche dans d’autres villes.

Communiqué : Métropole d’Orléans, petits arrangements entre ennemis

Le Conseil métropolitain d’Orléans Métropole se réunit aujourd’hui pour son installation et l’élection de son bureau exécutif après un scrutin compliqué par la pandémie de Covid-19 et par des modalités de représentation très peu démocratiques.

En effet, il s’agit d’une collectivité territoriale dont l’assemblée délibérante n’est pas élue sur la base d’un projet présenté par des candidats face à l’ensemble des habitants du territoire qu’elle administre. Les citoyen·ne·s de chacune des 22 communes ont été amené·e·s à se prononcer séparément dans une confusion avec l’élection des conseils municipaux qui est savamment entretenue. Or, les compétences de la Métropole sont souvent prépondérantes sur celles des communes et il est aberrant qu’elles ne soient pas débattues devant les électrices et les électeurs.

Malheureusement, cela conduit à ce que le projet politique métropolitain ne soit pas plus discuté par les élus eux-mêmes. Ainsi, dans l’agglomération d‘Orléans, les antagonismes personnels prennent le pas sur le débat relatif aux orientations politiques souhaitables pour la collectivité. Où et quand, par exemple, sera donc posée, avec les citoyen·ne·s concerné·e·s, la question de la gestion de l’eau ? Il est légitime que le collectif « À l’Eau Citoyenne » se mobilise aujourd’hui face à ce déni de démocratie.

En fin de compte, ce sont les ambitions personnelles des uns et des autres qui restent le seul enjeu du conseil métropolitain et de la répartition des postes qui s’annonce. Quel que soit le vainqueur(1), la Métropole n’en sortira pas gagnante et ne sera ni de droite ni de gauche ni même écologiste mais elle demeurera la résultante de compromis acquis douloureusement entre les intérêts disjoints des 22 communes qui la composent. C’est tout à fait regrettable pour faire face aux difficultés qui nous attendent à très court terme (épidémie, inégalités sociales, plan de relance) ou à moyen terme (climat, qualité de l’environnement).

(1) Manifestement, il semble que personne n’envisage que ce soit une femme qui l’emporte.