Communiqué : Une abstention massive révélatrice des failles de la démocratie représentative

​En cette soirée électorale, toute la classe politique doit surtout réagir face au désavoeu majeur que représente l’abstention massive. La « proximité » revendiquée par de nombreux élus est illusoire et il convient de recréer les conditions d’une participation effective de nos concitoyens aux décisions qui les concernent. Le retour à une plus grande confiance envers l’action publique, envers celles et ceux qui la mènent, passe par une sévère remise en cause des pratiques clientélistes et un renouvellement des représentants élus trop enclins au cumul des fonctions.
À titre personnel, alors que je m’apprête à quitter l’assemblée départementale, je suis particulièrement satisfait de l’élection de Christine Tellier et Hugues Raimbourg qui inscrivent dans la durée la représentation de l’écologie dans le Loiret. Je sais qu’ils poursuivront avec détermination et responsabilité le travail que j’ai pu mener ainsi qu’Estelle Touzin par le passé.
Je souhaite que la majorité départementale reconduite sache mieux prendre en considération les problématiques environnementales et les urgences climatiques ou sociales que le Département peut gérer efficacement.

On est les meilleurs ! On est les meilleurs ! On est, on est …

Et voilà. Dans 48h, nous désignerons une nouvelle assemblée départementale. Du moins émergera-t-elle la semaine suivante à l’issue du second tour. Ce n’est définitivement plus un secret, je ne suis pas candidat pour un troisième mandat consécutif. Je vais donc, à titre personnel, tourner cette page.
D’autres continuent (ou espèrent continuer), parfois en menant de front deux ou trois fonctions électives majeures et un métier prenant.
Mais que l’on prône le renouvellement en commençant par laisser la place ou bien que l’on s’accroche encore et encore au rôle de conseiller·e départemental·e, l’heure est donc au bilan. C’est justement ce qui constitua une grande partie de la dernière session plénière de ce mandat, laquelle se déroulait à la fin du mois de mai.

Et le moins que l’on puisse dire en ayant écouté mes collègues, c’est que ce bilan est exceptionnel. À les entendre, non seulement le Département est la plus merveilleuse des collectivités locales, celle qui fait le bonheur de toute la population, mais l’action publique menée par cette collectivité dans le Loiret, en dépit des vents contraires, a été particulièrement pertinente, fructueuse et pour tout dire absolument remarquable.
Hourra ! On est les meilleurs !

Vous vous doutez bien que je ne tire pas le même bilan.
Cela transparaîtra donc dans cet ultime compte-rendu de session, un exercice auquel je n’ai jamais dérogé durant 13 années de mandats, sachant qu’il ne touche pas forcément nombre de mes concitoyens mais persuadé que le retour sur mon action est le minimum que je dois à toutes les Loirétaines et les Loirétains, c’est à dire celles et ceux qui étaient directement concerné·e·s par les décisions prises au sein du conseil départemental.

N.B. : les plus motivés parmi vous peuvent aussi revoir tous les enregistrements de cette session et se forger leur propre point de vue.

Continuer la lecture

L’ancien maire de Mardié se croit tout permis

Dans son édition du mardi 1er juin 2021, la République du Centre rapporte des propos de M Christian Thomas, ancien maire de Mardié et candidat à l’élection départementale, selon lesquels il n’aurait « jamais vu [ses] conseillers départementaux sur la commune ».

Je tiens à dénoncer ce mensonge éhonté qui contredit totalement mon engagement indéfectible auprès des Loirétaines et des Loirétains pendant les deux mandats que j’ai exercé, et ce dans n’importe quel endroit du territoire départemental.

Bien entendu, j’ai tout particulièrement été présent dans les communes de ma circonscription électorale dont Mardié fait partie. M Thomas m’y a forcément « vu » à de très nombreuses reprises quand il était maire, qu’il s’agisse de cérémonies officielles, inaugurations, assemblées et fêtes associatives ou populaires, rencontres des élus du canton, permanences régulières en mairie, pilotage et coordination du Point Info Tourisme … et même fréquentation de certains commerces locaux peut-être plus souvent que M Thomas lui-même.

Rien que l’agenda disponible sur ce blog et concernant le mandat qui s’achève contient pas loin d’un événement « officiel » par mois auquel j’ai participé à Mardié (ou que j’ai organisé avec Vanessa Slimani), très souvent en présence de M Thomas.

Mais peut-être n’acceptait-il pas très bien d’avoir à ses côtés un élu écologiste et de gauche ?

Je m’insurge donc contre l’accusation portée par M Thomas, incapable de reconnaître le travail de l’un de ses pairs ou prêt à tous les coups bas pour se mettre en avant.

Cette revendication malhonnête de « proximité » ne risque pas de rehausser la confiance de nos administrés dans leurs élus. D’autant que la véritable proximité que l’on doit attendre de conseillers départementaux, c’est celle qui consiste à être proche de toutes celles et tous ceux qui souffrent partout dans le Loiret.

Quarante années de budgets « historiques » qui ont bétonné le Loiret … et ça continue

Il y a deux semaines déjà, le conseil départemental du Loiret a adopté son budget pour l’année 2021. Cette fois encore, je suis le seul membre de l’assemblée à m’y être résolument opposé, pour des motifs démocratiques, sociaux et environnementaux. Face à une majorité écrasante de la droite et une minorité de gauche qui laisse faire, mes votes furent sans doute plus symboliques que déterminants mais je les ai appuyé de prises de position très tranchées que je veux partager ici.

Ces séances des 28 et 29 janvier dernier débutèrent comme il se doit par un grand discours d’introduction du président Gaudet. Il s’empressa de qualifier d’historique le budget 2021 à venir. On se demande bien pourquoi puisque les différentes décisions budgétaires qu’il annonça ensuite ont été préparées selon des principes inchangés. Avant tout investir, aménager et construire du neuf, puis, parce qu’il le faut bien, dégager des budgets de fonctionnement pour les actions sociales qui constituent l’essentiel de la compétence départementale. Là où je pense au contraire qu’il faudrait mettre le paquet sur les solidarités tout en gardant, parce qu’il le faut bien, quelques sous pour entretenir les routes et les bâtiments. Bref, si ce budget est « historique » c’est seulement parce qu’il répète toute les erreurs du passé.
Continuer la lecture

Communiqué : Les grands projets inutiles ne s’imposent plus. La gauche serait-elle en train d’évoluer dans le Loiret ?

Face aux nombreux projets d’infrastructures nuisibles à l’environnement, en France et dans le monde entier, les écologistes emploient depuis une dizaine d’années le concept de « grand projet inutile imposé » (GPII). Parce que ceux qui bâtissent à tout va ont en commun ces trois attributs : la folie des grandeurs qui pousse à résoudre un problème ordinaire par une construction d’ampleur démesurée et au coût exorbitant, la vanité de réalisations qui ne répondent à aucun besoin majeur si ce n’est ceux que l’on invente pour les justifier et enfin l’absence de débat démocratique et, si nécessaire, le recours massif aux forces de l’ordre en pour défendre des intérêts privés. Les projets combattus méritent ainsi d’être qualifiés de « grands », « inutiles » et « imposés ».

En France, le cas le plus emblématique fut celui du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La raison a triomphé dans ce cas-là, non sans mal, mais les GPII sont encore nombreux et le conflit est particulièrement virulent autour du projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure. La défense de l’environnement et de la vie humaine a encore du mal à se faire entendre face aux puissants lobbys à l’oeuvre pour les GPII.

Et pourtant, il semble que le vent est en train de tourner.

Il y a quelques jours, à l’initiative des écologistes, les élus de la Métropole de Rouen, après l’avoir soutenu par le passé, ont voté contre la poursuite du projet routier de contournement de la ville. Il s’agissait pour eux de « répondre à l’urgence écologique ». Peu après, nous apprenions que le Gouvernement a décidé d’interrompre le projet d’agrandissement de l’aéroport de Roissy afin de prendre en considération la lutte contre le réchauffement climatique.

Et dans le Loiret ?

Le projet de déviation de la RD921 à Jargeau cristallise les oppositions de celles et ceux qui luttent contre les GPII. Ce projet va délibérément à l’encontre des objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Il accroîtrait les nuisances et les déplacerait en empêchant des solutions alternatives plus efficaces. Il réclamerait l’équivalent d’au moins une année entière du budget d’investissement du conseil départemental, autant d’argent public qui fait cruellement défaut dans d’autres domaines essentiels. Il menace l’agriculture, la biodiversité et des doutes existent même sur la sécurité d’un pont s’appuyant sur le sous-sol karstique de la Loire.

Pour l’instant, seule la mouvance écologiste a osé s’opposer à ce projet absurde, coûteux, dangereux et rejeté par la population lors de l’enquête publique. Il se dit que le Parti communiste du Loiret, historique promoteur du projet, s’apprête à faire son aggiornamento. Est-ce que le Parti socialiste pourrait aussi, à l’instar de ses élus rouennais, rejoindre la lutte écologiste contre le conseil départemental du Loiret ?
Un tel revirement de la gauche loirétaine serait tout à fait réjouissant à quelques mois de l’élection d’une nouvelle assemblée pour diriger cette collectivité lourdement endettée.