Comment peut-on dépenser tant d’argent pour des crapauds ?

Comme je vous le disais hier, la session du Conseil général entrait dans le vif du sujet aujourd’hui avec l’examen de différents rapports, sous la présidence d’Antoine Carré, en raison de l’absence du Sénateur-Président Doligé. D’ailleurs, celui-ci n’étant finalement pas revenu dans la journée, c’est seulement demain que se tiendra la séance de politique générale qui ouvre habituellement chaque session. En attendant, les débats furent sans surprise, plus cordiaux et sereins que dans d’autres enceintes dirigées par l’UMP à Orléans, mais pas vraiment consensuels en ce qui me concerne. En outre, Antoine Carré a toujours cette fâcheuse manie de considérer que le vote est vraiment la dernière activité à laquelle doit se livrer une assemblée. Du coup, pour chaque rapport où l’unanimité n’était pas de mise, il a fallu insister pour obtenir la comptabilisation des oppositions ou des abstentions.

Dans un premier temps, avant d’aborder les rapports un à un, nous avons tenu un débat d’ordre météorologique. Certains contestaient les mesures de suspension des transports de collégiens (c’est vrai que ça roulait bien ce matin) tandis que d’autres préféraient une mesure de précaution. Ce n’est finalement qu’après le bulletin météo de 14h que la décision fut possible. Ce bulletin disait que, comme le Président Doligé, la neige initialement annoncée aujourd’hui, arrivera finalement demain. Puisque nous gardions confiance en MétéoFrance malgré les réductions drastiques subies dans ce service public, tout le monde fut d’accord pour maintenir la suspension des transports collectifs.

Rapport A10 Agriculture

Face à un budget qui ne fait qu’accumuler des aides automatiques distribuées sans véritable orientation politique, je fis ma première intervention

A propos de l’agriculture biologique, Antoine Carré me répondit d’abord que l’association des producteurs bio du Loiret, le GABOR, n’a même pas fait sa demande de subvention dans les temps et que l’on a tout de même prévu au budget de quoi y répondre. Il ajouta que la politique agricole départementale a bien une orientation puisqu’elle est conçue avec la chambre d’agriculture. Marc Gaudet, conseiller général de Pithiviers et céréalier beauceron, vint ensuite à la rescousse en commençant paradoxalement par annoncer que ce n’est pas au Département de s’immiscer dans la politique agricole. Peut-être voulait-il dire que les élus ne sont là que pour donner les sous à la FNSEA qui décidera quoi en faire. Ensuite il souligna les actions en faveur de la protection des nappes phréatiques (un bon point, c’est non seulement écolo mais une mesure de bon sens évidente quand tant de communes s’inquiètent de leur captages d’eau potable). Malheureusement, Marc Gaudet classa aussi dans le développement durable les aides aux cultures à vocation énergétique. Et là, désolé, je ne suis pas d’accord. Les cultures énergétiques sont au contraire une insulte à tous ceux qui luttent contre les crises écologique et alimentaire mondiales. Enfin, à propos de mon argument sur l’approvisionnement des cantines avec du bio, Hugues Saury a tenu a souligner que la loi qui impose ce type d’alimentation, très modestement d’ailleurs, aura des répercussions financières : il faudrait donc choisir entre nourrir bio et nourrir pour pas cher. A croire que personne n’imagine que le choix se pose plutôt entre nourrir bio maintenant et guérir ou dépolluer très cher à l’avenir.

1 seul vote contre au final, le mien.

Rapport A1 Coopération décentralisée

J’ai noté des progrès à ce sujet d’où l’évolution de mon vote – traditionnellement contre – qui devient cette année une abstention. Ce budget reste très faible en regard des enjeux (seulement 0,025% du total). Il ne tient pas compte de la capacité d’un département comme le nôtre en matière de solidarité. C’est ce que je dis dans ma seconde intervention du jour. Michel Ricoud annonça lui aussi son abstention en évoquant les associations qui, dans son canton de la Source, ne reçoivent aucune aide avec un si petit budget. Antoine Carré lui répondit qu’on ne peut pas être partout et qu’il a été décidé de continuer à soutenir les projets anciens et de ne plus en prendre de nouveaux. Cela se traduit par une priorité donnée à la coopération avec la Roumanie.

2 abstentions pour finir.

Rapport A4 Economie

Michel Ricoud intervint le premier à propos des licenciés d’une entreprise de Neuville-aux-Bois. On lui promit une réponse d’Eric Doligé sous peu mais Jean-Noel Cardoux se crut obligé de faire remarquer que Neuville n’est pas dans le canton de La Source. Ce à quoi mon collègue orléanais rétorqua fort justement que nous sommes tous des conseillers généraux du Loiret. De mon côté, je trouvai d’autres causes de désagréments dans ce rapport:

Antoine Carré me répondit que la politique départementale n’a pas changé : on continuera à attirer des PME et aussi des grandes entreprises (on ne sort donc pas de la concurrence entre territoires). Il laissa tomber la question du Mécapôle estimant qu’on ne pourrait jamais me convaincre sur un tel sujet. A propos des Portes du Loiret Sud il me répondit que ça avançait bien et laissa la parole à Michel Guérin pour ce qui est de l’éco-quartier. Celui-ci nota d’abord que tandis que l’on reprochait à Michel Ricoud de sortir de son canton, je m’étais moi-même permis une incursion à Saran. Il répondit ensuite que l’éco-quartier viendra en dernier dans la réalisation de la ZAC, notamment pour des raisons de fouilles archéologiques. Il confirma qu’au conseil municipal de Saran, on a toujours envie de faire ce quartier dans les 3 à 4 ans. Enfin, Michel Guérin prit la défense du Mécapôle au nom du progrès de la technologie automobile. Finalement, Antoine Carré reprit la parole pour me parler d’un crapaud auquel il sera réservé une zone humide d’un hectare dans le cadre des Portes du Loiret Sud. Un homme prêt à partir en safari en Afrique pour le plaisir d’abattre un lion a du mal à admettre que l »on dépense autant d’argent pour une espèce de crapaud à préserver.

1 seul vote contre au final, le mien.

Rapport A3 Développement durable

Michel Guérin profita de ce débat comprenant les aides à la filière bois pour s’interroger à propos de Nicolas Hulot qui n’arrête pas de dire qu’il faut lutter contre la déforestation. Alors que, si Michel Guérin comprend que l’on nettoie les sous-bois pour faire du bois de chauffage ou des panneaux agglomérés, le bois de construction doit être de qualité et encourager les bâtiments en bois supposerait des abattages dans les forêts. Antoine Carré prit alors la peine de lui expliquer que la forêt est vivante et qu’il faut au contraire l’exploiter pour la préserver ; nos forêts étant sous-exploitées actuellement, il est donc parfaitement logique de soutenir la construction bois.

Je ne pouvais rater l’ occasion d’approuver un tel discours quoique j’eusse prévu de m’exprimer à ce sujet lors du débat de politique générale (non pas l’après-midi même comme je le pensais alors mais plutôt demain au retour du Président Doligé) :

Au final, nous fûmes 6 à voter contre ce budget développement durable grâce au renfort de mes amis socialistes.

Rapport A7 Politique territoriale

Ce rapport prévoyait initialement la suppression des aides aux syndicats de Pays et j’avais prévu de m’exprimer à ce sujet. Mais la Commission concernée a décidé d’échelonner cette mesure en commençant par la baisse systématique de 3,5% (une baisse commune à de nombreuses politiques en 2011) avant de passer à des coupes d’un tiers par an en 2012, 2013 et donc plus de budget en 2014, année de la mise en oeuvre de la réforme des collectivités. Après ce retournement de situation, plutôt que de passer encore pour celui qui refuse tout, je décidai d’attendre l’an prochain pour dénoncer l’abandon progressif des Pays.

Un peu plus tard arriva un débat à propos du CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Loiret) à propos duquel j’étais alerté sans vraiment avoir saisi le problème. Fort heureusement Marc Andrieu prit la parole pour défendre l’institution qu’il préside, laquelle se retrouve victime d’une coupe sévère de son budget. En effet, le CAUE a voté un budget prévisionnel prévoyant une contribution du Conseil général de 615 mille euros alors que nous débattions aujourd’hui d’un montant de 559 mille euros. La raison en est l’application de la baisse systématique de 3,5% en parallèle d’un nouveau dispositif qui prévoit de ne plus aligner à l’euro près ce budget sur la recette correspondante en provenance de la taxe sur les permis de construire. Un tel amortissement des fluctuations est plutôt intéressant pour le CAUE mais il se trouve que cela revient cette année à ne pas transférer la totalité de la recette fiscale. En gros, le département se rembourse de ce qui fut peut-être un soutien pendant les années de crise 2008 et 2009. Manifestement, Marc Andrieu était déçu et entendait voir évoluer ce budget malgré le vote d’aujourd’hui. Finalement, il annonça qu’il ne prendrai pas part au vote en raison de sa qualité de Président du CAUE. J’hésitai un instant à prendre la parole pour soutenir la nécessaire réévalution du budget du CAUE qui me tient à coeur mais la politique consiste parfois à laisser un Vice-Président UMP se débrouiller avec son Président UMP. Il sera toujours temps d’en reparler dans le courant de l’année 2011.

Adopté à l’unanimité.

Rapport A6 Collèges

Ce rapport bien droitier suscita de nombreuses réactions dans l’opposition de gauche. Micheline Prahecq évoqua le projet de collège d’Orléans Nord Est à propos duquel il est si difficile d’obtenir des précisions. Michel Ricoud parla du manque de moyens humains, en personnel de surveillance notamment. Jacques Girault rapporta les échos qui nous sont parvenus des représentants des chefs d’établissement qui ont lieu de se plaindre des relations que le Conseil général établit avec eux.

De mon côté, je fus chargé d’expliciter notre vote relatif à la systématisation des partenariats public-privé (PPP). Exercice d’autant plus délicat qu’Eric Doligé avait cru malin, il y a quelques jours, de nous narguer avec une lettre soulignant le recours à des PPP par le Conseil général à majorité socialiste et communiste de Seine Saint-Denis.

Evidemment, Antoine Carré reprit l’argument selon lequel les PPP c’est bien, parce que même des socialistes en font, na na nère. Il ajouta qu’avant de dire que le collège de Chécy se ferait en PPP, je devais attendre que se déroulent des études et des débats. Néanmoins, il indiqua peu après que la reconstruction à Chécy irait vite car le PPP fait gagner du temps. Autant dire que j’ai la réponse à ma question sans attendre les études et les débats. De son côté, Michel Grillon insista sur certains collèges du Loiret qui ne sont pas construits en PPP mais « avec des entreprises normales » et des concours et appels d’offres. Seulement, sa liste ne comprend que les collèges Montesquieu et Pelletier à Orléans, celui de Lorris et celui de Châlette. Tous déjà en travaux et décidés depuis longtemps, tandis qu’à chaque nouveau projet, le recours PPP est désormais sous-entendu dès le départ.

Au final, Antoine Carré nous refit le coup du passage discret au rapport suivant et après une réclamation énergique le décompte des votes donna 7 contre et 3 abstentions à gauche. « merci aux abstentionnistes » ironisa le Président qui dédaigne les votes.

Rapport A9 Transports collectifs

Je me permis juste une remarque pour souligner que le développement des transports collectifs reste un peu en chantier cette année avec la simple reconduction des moyens déjà en place. Antoine Carré s’énerva parce que je ne m’extasiais pas devant la hausse de 8% de la fréquentation des cars départementaux, hausse toute relative quand on pense au prix de l’essence et dont je n’avais aucun moyen d’être informé au demeurant.

1 abstention au final, la mienne.

Rapport B1 politique de l’eau

Je choisis de me contenter de quelques questions :

Peut-on étudier la mise en place de bonifications conditionnelles des aides aux communes pour évoluer vers des pratiques plus durables ?

On me répondit que, faute de finances, cela fait plusieurs années qu’il a été décidé de limiter les aides aux travaux d’amélioration de la qualité de l’eau et liés à la sécurité (bornes incendies ?). Les aides qui permettaient aux communes d’agrandir leur réseau ont été supprimées. Ce n’est pas ce que j’entendais par évolution des pratiques. Je crois qu’obtenir de l’eau de qualité ne suffit pas si cela se fait avec un impact chimique fort dans l’environnement. Le Conseil général pourrait favoriser les communes rurales qui souhaitent se lancer dans l’assainissement par lagunage (comme Sennely l’a fait). Après tout, le lagunage est un des arguments des promoteurs de l’autoroute A19 pour la proclamer éco-autoroute, alors cela doit bien avoir des vertus écologiques, non ?

Peut-on aider les communes qui souhaitent favoriser les faibles consommations en mettant en place des tarifs progressifs avec ou sans partie forfaitaire ?

On me corrigea en notant seulement que les tarifs forfaitaires sont interdits tout comme les tarifs dégressifs. Mais personne pour admettre que si une commune veut se lancer dans une tarification progressive, parfaitement légale et écologique, le Département ne lèvera pas le petit doigt pour l’aider.

Quel est le bilan de l’observatoire de l’eau ?

On m’assura qu’il n’y avait pas de bilan mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter car la commission suit ça au jour le jour.

1 abstention au final, la mienne.

Rapport B2 inondations

Jean-Louis Bernard saisit l’opportunité qui lui était offerte pour relancer le débat en faveur du barrage sur la Loire du Veurdre dont le rôle simplement écrêteur renforcerait l’effet déjà obtenu sur l’Allier avec la retenue de Villerest. Selon lui, un jour ou l’autre, nous connaîtrons une crue exceptionnelle (tout le monde est d’accord là-dessus). Il ne suffit pas de l’annoncer à la population en disant qu’on n’y peut rien mais il vaudrait mieux agir pour l’empêcher (là, il oublie un peu vite que la prévention des conséquences de la crue est quand même plus facile que la prévention de la crue elle-même). Antoine Carré et Jean-Noël Cardoux s’exprimèrent aussi en faveur du Veurdre et d’autres travaux comme ceux dans le lit de la Loire ou ceux qui concernent les levées (des travaux que l’Etat considère comme plus efficaces). Dépenser un peu aujourd’hui pour éviter des dégats énormes plus tard leur semble tout à fait rationnel dans le cas des inondations mais pas pour tous les sujets. Ils proposèrent pourtant de ne pas voter contre ce rapport mais que Jean-Louis Bernard prépare un voeu que l’assemblée pourrait adopter et faire connaître à l’Etat.

Plusieurs petites piques ayant été lancées contre les écologistes anti-barrages, je ne pouvais pas ne pas répondre :

La conclusion d’Antoine Carré fut qu’un ouvrage écrêteur ne peut faire que du bien et qu’il faut donc tout de suite le réclamer activement (j’espère qu’il ne dit pas la même chose à propos du cannabis). En ce qui me concerne, on verra quand le voeu sera rédigé.

Rapport adopté à l’unanimité

Rapport B3 Environnement

Ce rapport donna lieu à un léger cafouillage lorsque Jean-Noël Cardoux s’inquiéta de confier un travail de conseil au Conservatoire botanique d’Ile de France, un organisme qui, selon lui, aurait inclus dans un document précédent des remarques critiques envers les projets de pont sur la Loire.

Je m’apprêtais justement à évoquer le sujet :

Antoine Carré me précisa simplement que le Conservatoire botanique est une émanation du Museum national d’Histoire naturelle et donc compétent. Voilà ce qui s’appelle botter en touche. Vous ne trouvez pas que mes propos étaient un peu agressifs ? Je pensais avoir clairement décrit une méthode peu républicaine consistant à donner du boulot à ceux qui acceptent de se censurer. Eh bien, ce reproche ne dérange personne. Tout une équipe de Vice-Présidents coriaces me laissent sans broncher les accuser de manipuler les partenaires appelés à travailler sur notre environnement.

1 seul vote contre au final, le mien.

Rapport D13 Service départemental d’incendie et de secours

Un thème qui donne encore lieu à des débats sur les baisses de budget qui se traduisent par des projets différés. Christophe Chaillou s’inquiète d’ailleurs du devenir du Poste avancé d’Ingré dont la localisation est de nouveau incertaine. Je note que la phrase « on est en pleine réflexion sur la question » devient synonyme de « on n’a plus un sou pour le moment ».

Adopté à l’unanimité

Rapport C4 Culture

Après une intervention de Christophe Chaillou concernant encore des baisses de budget, nous nous retrouvons 9 élus de gauche à voter contre.

La session dans le vif du sujet

Départ au quart de tour ce matin sur les deux dossiers de la session qui me posent problème.

Nous étudions tout d’abord la signature d’un partenariat public-privé (PPP) pour la construction du collège de Châtillon Sainte-Geneviève des Bois. Mon groupe socialiste vert et républicain ainsi que le groupe communiste ne l’approuveront pas (10 contre, 1 abstention et 2 absents).
Avant le vote, j’ai toutefois souhaité revenir sur des propos que le Président a tenus devant la population de Meung sur Loire le 25 février dernier. Parmi différents arguments en faveur d’une reconstruction en PPP du collège de Meung, il affirmait alors qu’un partenaire privé, au moins, sait remplacer au pied levé les agents absents. Cela me paraît contradictoire avec la confiance constamment affichée à propos de la qualité des services départementaux. Cette confiance, je la partage volontiers car je ne vois pas pourquoi une entreprise privée serait a priori meilleure gestionnaire de son personnel … sauf peut-être à abuser un peu de la disponibilité de ce personnel. Les fonctionnaires territoriaux sont au moins aussi dévoués que les employés d’un partenaire privé mais ils sont sans doute moins corvéables et je m’en réjouis. Il me semble que lorsque le recours à un partenaire privé parvient à se montrer avantageux, cela se fait peut-être par une considération pour les sous-traitants bien inférieure aux normes en vigueur dans la commande publique ou une gestion des employés présentant moins de garanties que la fonction publique. Comme le dit le Président Doligé, à chacun sa préférence.

Deuxième désaccord en ce qui me concerne, le rapport qui propose d’apporter 250 000 euros au Fonds d’allègement des charges sociales mis en place par le gouvernement pour tenter de calmer des agriculteurs étranglés par le libéralisme de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire. Au vieux problème de la disparition des exploitations agricoles la droite persiste à répondre par des systèmes d’aides qui enferment toujours plus la profession dans la dépendance.
Voici mon intervention :

Antoine Carré notamment me rappela que le but était de répondre à une demande de la profession, de manière conjoncturelle et urgente : de nombreux dossiers sont déjà constitués pour ces aides. Le Département a d’autres dispositifs pour l’installation des jeunes et M Carré a encore reçu récemment des remerciements du mouvement des Jeunes agriculteurs.

A l’occasion du rapport consacré aux collèges départementaux, une des nombreuses décisions prise consistait à réapprovisionner le collège Louis Pasteur de La Chapelle Saint-Mesmin en mal de chauffage.
D’où mon intervention :

Sessions

Semaine chargée en perspective, demain démarre la session du Conseil général consacrée au budget 2010.

Je ne vais pas anticiper les débats mais je voudrais aujourd’hui combler un vide qui ne vous aura pas échappé : ce blog a connu un passage à vide en octobre et cela vous a privés d’un compte-rendu de la précédente session, celle des 29 et 30 septembre derniers. Après tout ce temps, l’intérêt a sensiblement diminué, d’autant qu’un problème technique m’a privé d’enregistrement audio. Néanmoins, les plus courageux d’entre vous pourrons s’attacher à rattraper le retard en attendant de connaître les débats qui m’occuperont cette semaine.

29 septembre : pré-ouverture de la session

Les aides économiques aux entreprises ayant défrayé la chronique tout l’été, en particulier le « scandale Cantalou », le Président du Loiret a commencé la journée par une « commission générale », réunion à huis clos de tous les conseillers. Je ne livre pas un grand secret en révélant qu’il s’agissait avant tout de passer un savon à ceux qui osent remettre en cause la politique économique départementale.  Prenant ses exemples dans les cantons des contestataires, Eric Doligé s’est efforcé de nous mettre face à des supposées contradictions en nous disant en substance : il n’y aura plus d’aides dans vos cantons si vous ne vous mouillez pas personnellement en votant pour et, dans ce cas, que je ne vous reprenne plus à émettre des critiques en public.  David Thiberge s’étonna du ton employé et répliqua calmement en démontrant la cohérence de nos votes toujours constructifs.

De mon côté, interpellé sur un prétendu projet de zone d’activité du maire de Chécy, je refusai de me prononcer avant d’en savoir plus. Il s’avérera qu’il s’agissait d’une idée du Président de l’Agglomération d’Orléans à propos de laquelle je partage les conditions et les réserves émises par Jean-Vincent Valliès. Je pus également souligner que la solidarité n’est pas seulement due au Président par les conseillers. A propos du plan social de la société Terr’Loire, j’aurais apprécié de pouvoir être reçu et soutenu par l’exécutif départemental. Néanmoins, malgré l’absence de dialogue avec le Président, je me suis gardé de m’exprimer contre lui dans les médias. Lequel des deux est le plus solidaire ?

Quant à l’affaire Cantalou, elle suscite selon moi quelques questions auxquelles il serait bon que le Conseil général réponde :

1/ Eric Doligé nous a annoncé qu’un contribuable a obtenu en justice un remboursement au profit du Conseil général d’un montant de plus de cent mille euros mais la société Cantalou conteste en appel le bien-fondé de cette restitution. Il serait souhaitable de connaître la position du Département : voulons-nous oui ou non récupérer ces cent mille euros ? Pas de réponse.
2/ Eric Doligé nous a annoncé que plusieurs entreprises ont renoncé à s’installer dans le Loiret par peur de ce contribuable teigneux. Quelles sont-elles ? Ont-elles fui parce qu’elle s’apprêtaient à abuser de nos aides économiques ? Pas de réponse.

29 septembre : ouverture de la session

Discours toujours satisfait du Président, en particulier à propos du projet de réforme territoriale.

J’intervins alors pour annoncer le voeu « ultimatum climatique » qui a été déposé et qui sera mis au vote en fin de session. Faute d’enregistrement, je vous livre mon brouillon de cette intervention.

30 septembre : les différents rapports

Rapport E3 visant à adapter le budget des routes, en particulier pour la politique de fluidité du trafic routier sur le réseau départemental.

Nul ne sera surpris que j’ai pris la parole à ce propos :

« M le Président,

Je voudrais dire en quelques mots pourquoi je voterai contre ce rapport.

En effet, ces modifications budgétaires portant sur notre politique d’infrastructures routières se divisent en gros en deux catégories.

Des crédits de paiement en baisse ce qui revient la plupart du temps à les reporter en 2010.

Des autorisations de programme en hausse ce qui signifie que cette politique nécessite encore et encore des fonds même si toutes ces autorisations ne déboucheront pas forcément sur des crédits dépensés.

Loin de moi l’idée de m’opposer aux programmes de sécurité ou de qualité, encore que pour ce dernier, l’ampleur des travaux nécessaires doit beaucoup à une politique constante pour attirer des camions dans le Loiret.

Cependant, à l’heure où vous nous demandez de la cohérence dans nos votes, il m’est impossible de ratifier certains des investissements engagés en matière fluidité.

Premièrement parce qu’il m’arrive de vous proposer parfois de nouvelles dépenses, par exemple abonder le budget alloué à Planète Loiret, il me semble cohérent d’affirmer quelles autres dépenses doivent être économisées. La fluidité du trafic de camions ne me paraît pas être la préoccupation première de nos concitoyens et d’autres réponses peuvent être apportées à leurs besoins de déplacement.

Ensuite parce que la multiplication des itinéraires ouverts aux poids lourds entraîne un afflux supplémentaire, certes relativisé par la baisse générale du trafic, et cet excès de camions entraîne de nouveaux besoins en programmes de qualité et de sécurité routière donc de nouvelles dépenses.

Malgré l’écho que ces arguments me paraissent recueillir jusqu’au sommet de l’Etat, il est probable que je ne vous aurai pas encore convaincu aujourd’hui aussi je ne demande pas de séparer le vote des différentes parties de ce rapport. »

La réponse du Président porta sur la fameuse zone d’activité de Chécy évoquée plus haut, toujours pour tenter de faire apparaître des contradictions hypothétiques.

Rapport E1 visant à embaucher un bureau d’études chargé de nous convaincre qu’il faut faire un partenariat public privé (PPP) pour le projet de pont de Sully-sur-Loire (officiellement, il s’agit de chercher la meilleure solution mais vous pariez combien que ce sera le PPP ?).

Vous vous doutez bien que j’ai voté contre ce rapport. Mon intervention entraîna une violente tirade de Jean-Noël Cardoux contre une militante écologiste de Sully que je fus obligé de défendre. Le Vice-Président Cardoux ne démordis pas de ses attaques personnelles et ajouta qu’il avait rencontré un autre opposante, d’origine roumaine, qu’il affirma avoir mis dans sa poche. La suite lui prouvera que non.

Avenant au rapport B2 visant à lancer un appel à projet concernant la marine de Loire.

L’un dans l’autrre, on en vint à parler de la réhabilitation du canal pouvant conduire à fermer le pont tournant qui conduit au quartier de la Patache à Combleux. Mon collègue Hugues Saury pris la défense des Combleusiens, mieux que je n’aurais pu le faire moi-même … mais j’intervins également pour soutenir le maire Jacques Bié.

Rapport C2 faisant le point sur les politiques sociales

Le groupe socialiste, vert et républicain s’y opposa pour souligner un certain constat d’échec. Cela est dû en particulier à un manque de personnel à propos duquel il nous fut annoncé un recours important aux heures supplémentaires. Clément Oziel s’en réjouit en se référant au « travailler plus pour gagner plus ». Ce genre d’argument ayant le don de me hérisser, je fis une réponse dont je n’ai plus de trace mais qui devait vanter le partage du travail et des choses aussi ringardes que la RTT.

Rapport D4  rassemblant toutes les modifications budgétaires de la session

Mon groupe s’opposa à ce constat de réductions des dépenses qui tombaient à pic vue la baisse des recettes en temps de crise et l’obstination à ne jamais augmenter les impôts (vous savez-bien, les impôts, ce truc qui permet de prendre aux riches pour donner à tous). On nous rétorqua que cela ne se faisait pas de refuser une modification budgétaire mais nous nous obstinâmes.

30 septembre : les voeux

J’avais personnellement préparé deux voeux qui ont été proposés l’un par le groupe socialiste, vert et républicain, à propos du sommet de Copenhague, l’autre conjointement avec le groupe communiste à propos de la privatisation de la poste. Le second a été expédié aux oubliettes par la majorité sans la moindre explication. Face au refus du voeu portant sur le réchauffement climatique, j’ai tout de même exigé de savoir pourquoi et il est apparu que la majorité du Conseil général a un problème avec les transferts de technologie vers les pays moins avancés lorsqu’il s’agit de les aider à se développer sans faire autant de dégâts sur le climat que n’en font les pays les plus avancés.

Une grande première !

Je ne peux conclure le compte rendu de cette session sans évoquer un événement marquant en ce qui me concerne :-).

La question des transports publics à Bou occupe nos esprits depuis la suppression du service assuré par le Conseil général en lieu et place de la Communauté d’Agglomération d’Orléans Val de Loire. Nous attendons toujours que celle-ci assume ses responsabilités et prenne le relais pour la desserte des lycées que fréquentent les jeunes Boumiens ou Mardésiens. Quoiqu’il arrive, les habitants de ces communes excentrées ne retrouveront pas l’excellent service Ulys qui leur permettait de se rendre directement en centre ville. Et c’est tant pis pour le Conseiller général !

En effet, depuis mon élection en mars 2008, il m’est arrivé assez souvent d’emprunter les cars départementaux pour me rendre aux sessions ou commissions qui se tiennent à l’Hôtel du Département. Aujourd’hui que ce n’est plus possible.

A quelque chose malheur est bon, ma condition physique pourrait en tirer bénéfice. Eh oui ! Je me suis enfin résolu à prendre mon vélo pour assister à une session plénière.

Mais il faut que je fasse un petit retour en arrière pour que vous goûtiez tout le sel de ce déplacement doux :
Au lendemain de mon installation dans le costume d’élu, j’eus un entretien avec un haut cadre des services départementaux avec qui nous constatâmes un intérêt partagé pour le cyclisme. Comme je lui parlais de mes déplacements professionnels en vélo, il me parut nécessaire de tempérer mes vertus écolos en soulignant l’avantage que présentait mon trajet vers le lycée Jacques Monod par un itinéraire très agréable. J’ajoutais que la disponibilité d’un vestiaire et d’une douche sur mon lieu de travail facilitait considérablement mes déplacements cyclables.
Quelques mois plus tard, je reçu un courrier m’informant qu’une douche était mise à ma disposition dans les locaux du Conseil général afin de me permettre de venir à vélo. C’est dire si l’opposition est choyée et devancée dans ses aspirations.

Malheureusement, à chaque fois que me prit l’envie de me déplacer dans le respect de mon environnement, je trouvai un car pour me transporter confortablement jusqu’à l’Hôtel du Département.
Faute de prendre mon vélo, j’appris que l’on me reprochait (par derrière) de ne pas profiter de la douche généreusement mise à ma disposition, par ailleurs utile et utilisée par différents agents du Département.
Grâce à la disparition du service Ulys en cette rentrée 2009, j’ai pu enfin tordre le cou à la rumeur et me voilà tout frais descendu de mon vélo, le 29 septembre, un quart d’heure avant la session. Juste le temps de filer à la douche et hop, le parking du canton de Chécy est devenu trop grand.

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Un bout de chemin ensemble

Après un long silence, je vous propose deux rendez-vous pour prendre l’air.

Dimanche 1er avril, ce n’est pas une blague, un immense rassemblement se tient à Paris, place du Trocadéro pour sauver la planète (ni plus, ni moins). L’idéal serait de s’y rendre en vélo mais il y à aussi beaucoup de trains qui vont et viennent à Paris. J’y serai mais aucune chance que nous nous retrouvions là-bas, il y aura trop de monde.
Infos pratiques chez Nicolas Hulot.
Lundi 2 avril, l’enjeu sera moins planétaire mais nous serons également nombreux à nous exprimer sur le « grand contournement » d’Orléans. Autour de Noël Mamère, porte parole de Dominique Voynet, les Verts invitent à un rassemblement à Mardié, en bord de Loire à hauteur de Latingy à 14h30. C’est l’endroit où le Conseil général du Loiret envisage de faire franchir la Loire à la grande rocade qui doit encercler Orléans mais qu’il ne faut pas appeler « grand contournement d’Orléans ». A Bègles, Noël Mamère s’est élevé contre un projet routier demesuré autour de Bordeaux. Partout en France, Dominique Voynet milite pour l’abandon des projets autoroutiers et des contournements d’agglomération qui sont bâtis sur des prévisions d’accroissement du trafic routiers à la fois irréalistes et catastrophiques pour l’environnement et le climat. Pour préserver le partimoine mondial classé par l’UNESCO, vous êtes les bienvenus à Latingy.

Plus de détails sur le site de l’association Mardiéval (même s’il n’est pas tout à fait à jour concernant la personnalité présente le 2 avril).

A bientôt