Sessions

Semaine chargée en perspective, demain démarre la session du Conseil général consacrée au budget 2010.

Je ne vais pas anticiper les débats mais je voudrais aujourd’hui combler un vide qui ne vous aura pas échappé : ce blog a connu un passage à vide en octobre et cela vous a privés d’un compte-rendu de la précédente session, celle des 29 et 30 septembre derniers. Après tout ce temps, l’intérêt a sensiblement diminué, d’autant qu’un problème technique m’a privé d’enregistrement audio. Néanmoins, les plus courageux d’entre vous pourrons s’attacher à rattraper le retard en attendant de connaître les débats qui m’occuperont cette semaine.

29 septembre : pré-ouverture de la session

Les aides économiques aux entreprises ayant défrayé la chronique tout l’été, en particulier le « scandale Cantalou », le Président du Loiret a commencé la journée par une « commission générale », réunion à huis clos de tous les conseillers. Je ne livre pas un grand secret en révélant qu’il s’agissait avant tout de passer un savon à ceux qui osent remettre en cause la politique économique départementale.  Prenant ses exemples dans les cantons des contestataires, Eric Doligé s’est efforcé de nous mettre face à des supposées contradictions en nous disant en substance : il n’y aura plus d’aides dans vos cantons si vous ne vous mouillez pas personnellement en votant pour et, dans ce cas, que je ne vous reprenne plus à émettre des critiques en public.  David Thiberge s’étonna du ton employé et répliqua calmement en démontrant la cohérence de nos votes toujours constructifs.

De mon côté, interpellé sur un prétendu projet de zone d’activité du maire de Chécy, je refusai de me prononcer avant d’en savoir plus. Il s’avérera qu’il s’agissait d’une idée du Président de l’Agglomération d’Orléans à propos de laquelle je partage les conditions et les réserves émises par Jean-Vincent Valliès. Je pus également souligner que la solidarité n’est pas seulement due au Président par les conseillers. A propos du plan social de la société Terr’Loire, j’aurais apprécié de pouvoir être reçu et soutenu par l’exécutif départemental. Néanmoins, malgré l’absence de dialogue avec le Président, je me suis gardé de m’exprimer contre lui dans les médias. Lequel des deux est le plus solidaire ?

Quant à l’affaire Cantalou, elle suscite selon moi quelques questions auxquelles il serait bon que le Conseil général réponde :

1/ Eric Doligé nous a annoncé qu’un contribuable a obtenu en justice un remboursement au profit du Conseil général d’un montant de plus de cent mille euros mais la société Cantalou conteste en appel le bien-fondé de cette restitution. Il serait souhaitable de connaître la position du Département : voulons-nous oui ou non récupérer ces cent mille euros ? Pas de réponse.
2/ Eric Doligé nous a annoncé que plusieurs entreprises ont renoncé à s’installer dans le Loiret par peur de ce contribuable teigneux. Quelles sont-elles ? Ont-elles fui parce qu’elle s’apprêtaient à abuser de nos aides économiques ? Pas de réponse.

29 septembre : ouverture de la session

Discours toujours satisfait du Président, en particulier à propos du projet de réforme territoriale.

J’intervins alors pour annoncer le voeu « ultimatum climatique » qui a été déposé et qui sera mis au vote en fin de session. Faute d’enregistrement, je vous livre mon brouillon de cette intervention.

30 septembre : les différents rapports

Rapport E3 visant à adapter le budget des routes, en particulier pour la politique de fluidité du trafic routier sur le réseau départemental.

Nul ne sera surpris que j’ai pris la parole à ce propos :

« M le Président,

Je voudrais dire en quelques mots pourquoi je voterai contre ce rapport.

En effet, ces modifications budgétaires portant sur notre politique d’infrastructures routières se divisent en gros en deux catégories.

Des crédits de paiement en baisse ce qui revient la plupart du temps à les reporter en 2010.

Des autorisations de programme en hausse ce qui signifie que cette politique nécessite encore et encore des fonds même si toutes ces autorisations ne déboucheront pas forcément sur des crédits dépensés.

Loin de moi l’idée de m’opposer aux programmes de sécurité ou de qualité, encore que pour ce dernier, l’ampleur des travaux nécessaires doit beaucoup à une politique constante pour attirer des camions dans le Loiret.

Cependant, à l’heure où vous nous demandez de la cohérence dans nos votes, il m’est impossible de ratifier certains des investissements engagés en matière fluidité.

Premièrement parce qu’il m’arrive de vous proposer parfois de nouvelles dépenses, par exemple abonder le budget alloué à Planète Loiret, il me semble cohérent d’affirmer quelles autres dépenses doivent être économisées. La fluidité du trafic de camions ne me paraît pas être la préoccupation première de nos concitoyens et d’autres réponses peuvent être apportées à leurs besoins de déplacement.

Ensuite parce que la multiplication des itinéraires ouverts aux poids lourds entraîne un afflux supplémentaire, certes relativisé par la baisse générale du trafic, et cet excès de camions entraîne de nouveaux besoins en programmes de qualité et de sécurité routière donc de nouvelles dépenses.

Malgré l’écho que ces arguments me paraissent recueillir jusqu’au sommet de l’Etat, il est probable que je ne vous aurai pas encore convaincu aujourd’hui aussi je ne demande pas de séparer le vote des différentes parties de ce rapport. »

La réponse du Président porta sur la fameuse zone d’activité de Chécy évoquée plus haut, toujours pour tenter de faire apparaître des contradictions hypothétiques.

Rapport E1 visant à embaucher un bureau d’études chargé de nous convaincre qu’il faut faire un partenariat public privé (PPP) pour le projet de pont de Sully-sur-Loire (officiellement, il s’agit de chercher la meilleure solution mais vous pariez combien que ce sera le PPP ?).

Vous vous doutez bien que j’ai voté contre ce rapport. Mon intervention entraîna une violente tirade de Jean-Noël Cardoux contre une militante écologiste de Sully que je fus obligé de défendre. Le Vice-Président Cardoux ne démordis pas de ses attaques personnelles et ajouta qu’il avait rencontré un autre opposante, d’origine roumaine, qu’il affirma avoir mis dans sa poche. La suite lui prouvera que non.

Avenant au rapport B2 visant à lancer un appel à projet concernant la marine de Loire.

L’un dans l’autrre, on en vint à parler de la réhabilitation du canal pouvant conduire à fermer le pont tournant qui conduit au quartier de la Patache à Combleux. Mon collègue Hugues Saury pris la défense des Combleusiens, mieux que je n’aurais pu le faire moi-même … mais j’intervins également pour soutenir le maire Jacques Bié.

Rapport C2 faisant le point sur les politiques sociales

Le groupe socialiste, vert et républicain s’y opposa pour souligner un certain constat d’échec. Cela est dû en particulier à un manque de personnel à propos duquel il nous fut annoncé un recours important aux heures supplémentaires. Clément Oziel s’en réjouit en se référant au « travailler plus pour gagner plus ». Ce genre d’argument ayant le don de me hérisser, je fis une réponse dont je n’ai plus de trace mais qui devait vanter le partage du travail et des choses aussi ringardes que la RTT.

Rapport D4  rassemblant toutes les modifications budgétaires de la session

Mon groupe s’opposa à ce constat de réductions des dépenses qui tombaient à pic vue la baisse des recettes en temps de crise et l’obstination à ne jamais augmenter les impôts (vous savez-bien, les impôts, ce truc qui permet de prendre aux riches pour donner à tous). On nous rétorqua que cela ne se faisait pas de refuser une modification budgétaire mais nous nous obstinâmes.

30 septembre : les voeux

J’avais personnellement préparé deux voeux qui ont été proposés l’un par le groupe socialiste, vert et républicain, à propos du sommet de Copenhague, l’autre conjointement avec le groupe communiste à propos de la privatisation de la poste. Le second a été expédié aux oubliettes par la majorité sans la moindre explication. Face au refus du voeu portant sur le réchauffement climatique, j’ai tout de même exigé de savoir pourquoi et il est apparu que la majorité du Conseil général a un problème avec les transferts de technologie vers les pays moins avancés lorsqu’il s’agit de les aider à se développer sans faire autant de dégâts sur le climat que n’en font les pays les plus avancés.

Une grande première !

Je ne peux conclure le compte rendu de cette session sans évoquer un événement marquant en ce qui me concerne :-).

La question des transports publics à Bou occupe nos esprits depuis la suppression du service assuré par le Conseil général en lieu et place de la Communauté d’Agglomération d’Orléans Val de Loire. Nous attendons toujours que celle-ci assume ses responsabilités et prenne le relais pour la desserte des lycées que fréquentent les jeunes Boumiens ou Mardésiens. Quoiqu’il arrive, les habitants de ces communes excentrées ne retrouveront pas l’excellent service Ulys qui leur permettait de se rendre directement en centre ville. Et c’est tant pis pour le Conseiller général !

En effet, depuis mon élection en mars 2008, il m’est arrivé assez souvent d’emprunter les cars départementaux pour me rendre aux sessions ou commissions qui se tiennent à l’Hôtel du Département. Aujourd’hui que ce n’est plus possible.

A quelque chose malheur est bon, ma condition physique pourrait en tirer bénéfice. Eh oui ! Je me suis enfin résolu à prendre mon vélo pour assister à une session plénière.

Mais il faut que je fasse un petit retour en arrière pour que vous goûtiez tout le sel de ce déplacement doux :
Au lendemain de mon installation dans le costume d’élu, j’eus un entretien avec un haut cadre des services départementaux avec qui nous constatâmes un intérêt partagé pour le cyclisme. Comme je lui parlais de mes déplacements professionnels en vélo, il me parut nécessaire de tempérer mes vertus écolos en soulignant l’avantage que présentait mon trajet vers le lycée Jacques Monod par un itinéraire très agréable. J’ajoutais que la disponibilité d’un vestiaire et d’une douche sur mon lieu de travail facilitait considérablement mes déplacements cyclables.
Quelques mois plus tard, je reçu un courrier m’informant qu’une douche était mise à ma disposition dans les locaux du Conseil général afin de me permettre de venir à vélo. C’est dire si l’opposition est choyée et devancée dans ses aspirations.

Malheureusement, à chaque fois que me prit l’envie de me déplacer dans le respect de mon environnement, je trouvai un car pour me transporter confortablement jusqu’à l’Hôtel du Département.
Faute de prendre mon vélo, j’appris que l’on me reprochait (par derrière) de ne pas profiter de la douche généreusement mise à ma disposition, par ailleurs utile et utilisée par différents agents du Département.
Grâce à la disparition du service Ulys en cette rentrée 2009, j’ai pu enfin tordre le cou à la rumeur et me voilà tout frais descendu de mon vélo, le 29 septembre, un quart d’heure avant la session. Juste le temps de filer à la douche et hop, le parking du canton de Chécy est devenu trop grand.

.

1 réflexion sur « Sessions »

  1. Ping : On prend les mêmes et on recommence | Loire & écolo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *