Pauvre pauvre Loiret ! session budgétaire acte 1

Après un report sur lequel je m’interrogeais récemment en conclusion d’un communiqué, la dernière session de l’année du Conseil général se réunit cette semaine pour adopter le budget 2013. Pour adopter et pas pour élaborer le budget puisque celui-ci a déjà été bouclé par le Président et présenté à la presse. Les conseillers généraux sont supposés être les représentants d’un canton et éventuellement en défendre les spécificités de façon indépendante mais n’ayez crainte, ceux de la majorité voteront comme un seul homme, quand bien même ce budget signifierai la ruine de leur canton. Nous avons donc entamé aujourd’hui des débats de plus en plus déconnectés de l’administration concrète d’un territoire.

Un nouveau report nous ayant été annoncé vendredi dernier, ce n’est pas la séance d’ouverture de la session qui occupa le début de la journée. Après une installation sommaire, nous nous retrouvâmes en commission, celle des finances en ce qui me concerne. Il était temps, cette commission n’avait pas encore eu l’occasion de se pencher sur le budget préparé par des élus triés sur le volet avec l’appui de services financiers fort heureusement très compétents.

Ce n’est qu’à 16 heures, enfin, que le Président Doligé nous rejoignit pour entrer dans le vif du sujet. Très énervé comme il peut l’être depuis quelques mois, je m’attendais à un discours d’ouverture particulièrement agressif. Il faut dire que le texte même du débat d’orientation budgétaire est plutôt corsé et particulièrement politicien (nous y reviendrons demain). Quant à l’humeur du Président, elle est de plus en plus souvent massacrante, comme lors de la récente commission permanente où il s’en prenait pêle-mêle au gouvernement, au parlement et à quiconque osait poser une question.

Surprise, Eric Doligé retrouva sa sobriété et nous livra un panorama de la future session dans lequel les attaques contre la gauche furent mieux dosées et plus subtiles. Certes, il nous laissa entendre que le département du Loiret était un pauvre territoire déshérité qui souffrait des rudes solidarités que la loi lui impose. Mais finalement, son propos devint rapidement un long catalogue des délibérations qui nous attendent d’ici la fin de la semaine.

Du coup, les interventions successives de mes collègues de gauche furent plutôt des réponses à la hargne des semaines passées ou aux documents de séance tendancieux que nous discuterons dès demain. Michel Ricoud provoqua une brève polémique concernant les propos reprochés au candidat communiste de la récente élection partielle de Montargis. Christophe Chaillou démonta une bonne partie des lamentations budgétaires de la majorité. Micheline Prahecq souligna combien les titres des délibérations proposées démontraient une bonne santé du Loiret. Je vous laisserai découvrir ces intitulés dans mes prochains comptes-rendus mais j’ai retenu dans un rapport des phrases comme
« le Loiret se distingue de l’Etat par sa gestion saine », « le Loiret demeure une collectivité solide en région Centre », « le Loiret fait des collèges remarquables répondant aux exigences pédagogiques ». Enfin, Michel Brard énonça des propositions alternatives en matière d’emploi, d’économie sociale et solidaire ou encore d’éducation.

Comme mon tour venait dans les derniers, je décidai de garder mes flèches pour plus tard et de souligner un autre événement important de la journée … non sans faire allusion aux inconvénients du cumul de mandats. Voici en substance ce que fut mon intervention :

« Monsieur le Président,

Je ne voudrais pas faire durer cette séance à cette heure inédite que les circonstances nous imposent. Je vous sais gré d’avoir géré les imprévus de façon à être présent parmi nous alors que vous aviez prévu de participer au débat sur la loi Duflot au Sénat. Votre expertise en matière de logement, ainsi que celle de Jean-Noël Cardoux, feront défaut. Mais c’est ainsi, on ne peut pas être partout.

De mon côté, je voudrais évoquer un événement qui aurait pu retenir notre attention et auquel j’aurais voulu assister aujourd’hui : il s’agit de l’exercice de simulation d’un accident nucléaire à Dampierre-en-Burly. Je tiens à souligner tout l’intérêt de ce genre d’opération destinée à nous préparer à l’impossible. J’espère que l’on aura pu tester au-delà du périmètre de 2 kilomètres qui est habituellement retenu lorsque l’on imagine le pire. Nous savons qu’un tel accident aurait évidemment une portée bien plus grande. Je me réjouis donc que notre réactivité soit testée bien que je souhaite que la reconversion de la centrale intervienne avant un accident grave. Je ne doute pas que l’exercice d’aujourd’hui apportera des satisfactions et des pistes d’amélioration.

Enfin, je me souviens de vos commentaires ici-même à propos de mon côté toujours positif. Je poursuis donc dans les bonnes nouvelles. Je tiens à dire que je suis très satisfait que nous nous engagions dans la mise en place d’une ingénierie départementale qui soutienne les communes. Vous avez montré tout l’intérêt que vous portez aux documents électoraux de vos adversaires et vous savez bien que cette idée figurait déjà dans nos propositions en 2008 et 2011, peut-être de façon moins ambitieuse. J’espère qu’à l’avenir nous la développerons pour la plus grande de nos collectivités locales.»

Eric Doligé me répondit qu’effectivement l’exercice mené par l’Etat autour de la centrale nucléaire était de grande ampleur et que les services départementaux y avaient apportés une expertise appréciée.
Quant à la loi adoptée cette après-midi en l’absence de deux sénateurs du Loiret, il précisa que madame Duflot se passerait bien de lui et que cette loi serait inapplicable, par exemple à Chécy. Il est vrai que dans cette ville, l’ancien maire UMP a tout fait pour réduire la part des logements sociaux non sans endetter dramatiquement la ville. L’équipe actuelle de Jean-Vincent Valliès, que je soutiens, sera confrontée à une tâche particulièrement ardue pour mettre en oeuvre les excellentes préconisations de la loi de Cécile Duflot qui renforce la solidarité urbaine et mobilise le foncier pour créer plus de logements. Mais nous en avons besoin et je ne doute pas que Chécy participera à la mobilisation.

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