Des hauts et des bas pour les PPP du Loiret

Les habitués de mon blog le savent déjà : le Conseil général du Loiret est leader parmi les collectivités en matière de partenariats public-privé (PPP). Et ce n’est pas un secret non plus que mon hostilité à cette procédure lorsqu’elle est systématiquement employée pour passer commande d’investissements du département. Cela crée un endettement public redoutable car plus ou moins dissimulé sous forme de loyer annuel. En outre, à moins que la collectivité ne se dote d’une expertise juridique et financière de tout premier plan (donc coûteuse), il est peu probable que ces contrats soient avantageux pour elle.

Malheureusement, l’exécutif départemental considère les PPP comme la panacée et c’est d’autant plus inquiétant que le Loiret vit au-dessus de ses moyens en matière de grands projets, au détriment des actions quotidiennes, en particulier l’action sociale. Ainsi, outre le plan pluriannuel d’investissement pour les collèges (2 établissements construits en PPP, 2 en cours et 5 à venir), le Conseil général s’était engagé dans des procédures PPP pour le projet de pont à Jargeau et pour construire une cuisine centrale à Meung-sur-Loire. Il a en outre encadré le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) pour que celui-ci adopte un PPP en vue de bâtir 12 casernes de pompiers. Autrement dit, aucun des gros investissements financés par le Département ne semblait pouvoir échapper à un contrat de PPP.

Et puis, patatras ! Il a fallu renoncer au PPP pour le pont de Jargeau.
Force est de reconnaître, en effet, que le Conseil général du Loiret a su mettre le paquet pour contrôler les négociations délicates qui conduisent à signer de tels marchés. Du coup, quand la procédure s’annonce manifestement ruineuse pour la collectivité, il faut jeter l’éponge.
C’est ce qui vient de se passer pour la seconde fois en six mois. La recherche d’un partenaire privé pour construire et gérer une cuisine centrale départementale à dû être déclarée sans suite par la commission permanente réunie le 29 mars dernier. Du coup, comme il n’a jamais été envisagé de mener ce projet autrement, nous avons plusieurs collèges qui vont recevoir les repas de la cantine en liaison froide en provenance d’un fournisseur lointain. C’est notamment le cas des deux établissements neufs construits en PPP qui ouvriront en septembre prochain. Il est vraiment regrettable qu’ils n’aient pas été conçus dès le départ avec une cuisine sur place qui permet de servir des plats de meilleure qualité gustative.

Mais si la commission permanente du 29 mars a abandonné un PPP, elle a dans la même séance autorisé la signature d’un autre PPP, celui qui concerne la construction de cinq collèges et un gymnase. Je m’étais opposé en vain à ce mode de contrat lorsqu’il fut choisi. En revanche, j’ai approuvé sans réserve le choix de l’un des deux consortiums candidats. En effet, si les promesses du contrat sont tenues, le projet architectural pour la reconstruction du collège de Chécy est plutôt intéressant. Et il est désormais acquis que le collège rénové sera opérationnel à la rentrée de septembre 2015. Bonne nouvelle pour les jeunes Caciens et Mardésiens … et peut-être Boumiens si la carte scolaire évolue.

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