Deux collèges à l’honneur


C’était aujourd’hui l’anniversaire de la pose de la première pierre du nouveau collège Pierre Mendès-France à Chécy. Entièrement reconstruit en un an, l’établissement est occupé depuis quelques jours par ses élèves tandis que l’on procède à la destruction de l’ancien bâtiment. C’était l’occasion d’une petite cérémonie organisée par le Conseil départemental : quelques discours et puis les élèves comme les élus ont pu graver leurs empreintes dans des dalles qui contribueront à l’achèvement des travaux. Une sorte de « pose des dernières pierres » en quelque sorte.


Quant à mon sentiment sur ce nouveau collège, je n’ai jamais caché que je me réjouis de voir le Département investir autant pour améliorer les conditions d’enseignement dans le Loiret. Il n’en reste pas moins que l’utilisation d’un partenariat public-privé (PPP) ne me satisfait toujours pas. Si certains des avantages semblent évidents, le respect des délais notamment, il conviendra d’obtenir des éléments d’analyse un peu objectifs pour mesurer à quel prix ce résultat est obtenu. Une chose est certaine néanmoins en ce qui concerne les PPP, ce dispositif aura permis à notre précédent président d’engager sous son mandat des investissements qui seront financés dans les années qui viennent. Ainsi, il est clair que le rythme de ces travaux va mécaniquement se ralentir et que ce ne sera pas seulement dû aux baisses des dotations de l’Etat.

Un autre sujet de discorde, selon moi, est la concertation menée pour ce projet. Ce matin encore, nous avons constaté que le nouveau collège améliore sensiblement les locaux disponibles … sauf pour la pratique de l’éducation physique et sportive. Les enseignants de cette discipline se retrouvent avec le même unique gymnase qu’avant, d’autant plus à l’étroit qu’environ deux classes supplémentaires pourraient être accueillies, à terme, dans un établissement prévu pour 700 élèves au lieu de 600. Et pourtant, en ayant suivi le dossier depuis 2008, je sais que la question a constamment été posée par les enseignants, qu’il m’est arrivé de la relayer activement, mais qu’aucun des temps de concertation n’a permis de la prendre en considération. Nous voilà donc aujourd’hui avec un collège tout neuf qui n’a pas les moyens d’accueillir correctement tous les cours d’éducation physique. Je souhaite que le renouvellement de l’assemblée conduise à réfléchir à l’utilisation de la concertation publique non pas pour satisfaire des exigences légales mais pour entamer un dialogue sincère avec chacune des parties prenantes dans les projets du Département.

Enfin, je reviendrai sans doute une autre fois sur la question de la cantine. Le PPP a permis sa privatisation partielle en instaurant une de ces fameuses « unité-relais » où, selon la formule de l’ancien 1er vice-président, on pratique la « liaison froide réchauffée sur place ». Une manière élégante de reconnaître que la cuisine n’est plus faite par le cuisinier du collège et que son rôle demeure très en deçà de ses compétences.

Mais je voudrais aussi saluer la première cérémonie de la matinée qui se tenait dans un autre collège, à Saint-Ay. Il s’agit d’un collège ouvert depuis septembre 2013 seulement, lui aussi dans le cadre d’un PPP. Au-delà du montage de l’opération, cela montre avant tout que ces projets sont réguliers et c’est à juste titre qu’Hugues Saury, tout comme Eric Doligé, a insisté sur le nombre de 48 collèges construits, reconstruits ou restructurés durant les 20 dernières années. Il y a effectivement de quoi être satisfait, surtout si le nouveau collège prévu au Nord-Est d’Orléans vient rapidement compléter ces réalisations (celui-là est vraiment indispensable).

Le collège de Saint-Ay, lui, a bien sûr déjà été inauguré. Cependant, comme il s’agissait d’un collège entièrement nouveau et non d’une reconstruction, il restait à lui trouver un nom. Grâce à une consultation de toute la communauté éducative et après que le conseil départemental a choisi de suivre le souhait des élèves, c’est le nom de Nelson Mandela qui a été retenu. Je trouve cela tout à fait approprié. La preuve en est de cette citation du grand militant puis président sud-africain que chacun des orateurs avait inscrite dans son discours : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».

J’ai été particulièrement ému par la biographie de Mandela qui a été présentée par les élèves de toutes les classes du collège. Le texte était celui d’un ouvrage de Alain Serres et Zaü paru aux éditions Rue du monde. La prestation des jeunes qui ont fait la lecture fut remarquable et l’émotion était palpable chez eux, chez leurs camarades rassemblés dans la cour et parmi les adultes présents, j’en suis certain. En tous les cas, je ne cache pas que l’évocation des manifestations des années 80 et du slogan « Free Mandela » remuèrent en moi quelques souvenirs poignants.

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