Vous n’arriverez plus ici en provenance de Facebook

Mes onze cent et quelques « ami·e·s » du réseau social Facebook s’en sont déjà aperçu·e·s, l’entreprise de Mark Zuckerberg a décidé depuis quelques semaines que le site « Loire & écolo » représente une forme de danger pour ses deux ou trois milliards d’abonné·e·s.

En pratique, toute citation hypertexte de ce blog est désormais impossible sur le réseau Facebook et toute citation antérieure a été éliminée. Il est donc interdit à un·e utilisateur·trice de Facebook de venir lire ce que j’écris ici au moyen d’un simple clic. Bien sûr, il est trop compliqué d’empêcher une image comme celle que vous voyez ci-contre ou bien un texte qui donnerait l’accès à mon blog en proposant de recopier « https://thierrysoler.fr » dans la barre d’adresse d’un navigateur.

Ce type de blocage par Facebook est assez courant et on peut raisonnablement penser qu’il contribue à limiter la diffusion de contenus réellement dangereux. Malheureusement, comme les choix sont largement automatisés, les blocages portent assez souvent sur des sites web tout à fait anodins (comme le mien, finalement, quoi qu’on en pense). Voilà pourquoi je préfère utiliser le mot « censuré » que « bloqué » à propos d’un site interdit de liens hypertexte par Facebook. Car la méthode du réseau social privé ne repose sur aucune autre loi que la sienne. Facebook agit de façon totalement arbitraire sans prévenir ni donner une possibilité de répondre. Du jour au lendemain, un algorithme robot élimine simplement tous les posts qui renvoient vers le blog censuré, sur tous les supports Facebook de la planète.

En étant moi-même frappé sans raison valable, j’ai découvert que cette censure touche ou a déjà touché plein de monde. J’ai pu créer en un rien de temps une rubrique de blogs qui ont connu le même sort. Encore une fois, j’imagine que des sites Internet réellement dangereux ont dû être concernés aussi. Mais qu’est-ce qu’on peut bien reprocher à une personne qui expose ses goûts littéraires ou ses préférences touristiques ? Du coup, j’ai rapidement cessé de me demander pourquoi « Loire & écolo » avait pu déplaire à Facebook. C’est juste « pas de chance ».

Et encore, cela pourrait être bien pire pour les Français si la loi Avia n’avait pas récemment été en grande partie rejetée par le Conseil constitutionnel.

Par ailleurs, Facebook se comporte de façon aussi arbitraire et opaque dans bien des aspects de son fonctionnement, à commencer par les « suggestions » qui parviennent à ses utilisateurs.

Vous me direz, après tout, vous n’avez qu’à ne pas utiliser Facebook. C’est un discours qu’il m’arrive déjà de tenir pour un certain nombre d’actions militantes. Cela dit, ce n’est pas si facile. Ce réseau permet de toucher effectivement un public beaucoup plus large que les autres médias existants. Et tout ça en un simple clic. Du moins c’est ce que ceux qui l’emploient s’efforcent de penser. Car plutôt que toucher les gens, il arrive souvent qu’une publication Facebook se contente de les effleurer, voire qu’elle passe totalement à côté. Il n’empêche que quand, en septembre 2018, je me suis investi dans l’organisation de « Marches pour le climat et la biodiversité », le réseau Facebook a probablement bien contribué aux succès des premières éditions de ces marches. Même pour mon blog, force est de constater que ceux qui le lisent viennent souvent de Facebook car c’est par ce moyen que j’ai pu les prévenir de mes publications ici. Du coup, les commentaires de mes billets du blog se retrouvent généralement sur Facebook (et ils appartiennent donc à M Zuckerberg) au lieu de figurer dans le blog (où je leur garantis pourtant un traitement beaucoup plus respectueux).

Néanmoins, comme je n’ai jamais beaucoup utilisé Facebook, et comme j’envisageais sérieusement de m’en débarrasser l’an prochain, une fois achevé mon mandat électif, je vais pouvoir étudier de plus près les alternatives plus respectueuses des droits des personnes comme le réseau Framasphère en lien avec Diaspora.

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