Le budget départemental adopté avec une voix contre

C’est bien connu, l’écologiste n’est jamais content 😉

Comme toute collectivité territoriale, le conseil départemental du Loiret a adopté son budget annuel pour 2020 au cours d’une session de deux journées qui se tenait fin janvier. Alors que notre société évolue très rapidement face à des problématiques de démocratie, d’inégalités, de dérèglement climatique ou de disparition des espèces vivantes, j’ai eu l’impression que la vénérable institution départementale était un peu restée au siècle dernier.

Même si l’assemblée suit son projet de mandat voté en 2015 – une projection dans le futur plutôt bienvenue – et même si cette session était aussi l’occasion de vanter le développement du réseau numérique dans le Loiret parmi diverses orientations innovantes, le sens profond des actions menées reste un brin archaïque. D’une part, les élus se croient toujours investis d’un savoir incontestable qui les autoriserait à décider de tout à la place des citoyens, d’autre part, ils persistent dans le déni de la crise écologique et refusent d’abandonner leur stratégie d’aménagement du territoire à grand renfort d’infrastructures routières comme si les besoins de la population étaient encore ceux des années 70.

Certes, la culture écologique du président Gaudet dépasse de loin celle d’un Éric Doligé. Cela lui permet de pointer des efforts réels entrepris pour verdir sa politique et d’utiliser des expressions comme « transition écologique ». Mais au final, on en revient toujours à un modèle basé sur la croissance infinie et la priorité à la bagnole. Quant aux actions de solidarité, elles sont menées à regret tandis que le budget abonde toujours très généreusement les secteurs économiques qui se moquent du bien-être des Loirétains.
Continuer la lecture

Communiqué : Un budget départemental orienté à la dette

Le conseil départemental examinera ce vendredi 23 février le rapport d’orientation budgétaire pour 2018. Pour ce premier exercice sous la présidence de Marc Gaudet, il est à craindre un renversement de tendance et de méthode.
Jusqu’ici, le projet de mandat adopté par l’assemblée en 2015 était censé encadrer les dépenses tout en boostant les recettes par une hausse d’impôts significative dès 2016. Ainsi, les premiers budgets du mandat en cours ont permis de réduire la dette considérable accumulée notamment par la signature de partenariats public-privé durant le mandat précédent. Ramenée de 500 millions environ à 400 millions, cette dette reste cependant plus élevée que celle des autres départements.
Or, il est proposé cette année de gonfler les dépenses d’investissement par un recours à l’emprunt qui pourrait faire remonter la dette jusqu’à 450 millions. Tout cela par pure idéologie, parce que des économistes libéraux ont décrété un jour que les dépenses « d’investissement » seraient seules vertueuses tandis que les dépenses « de fonctionnement » de la collectivité seraient des charges insupportables, y compris lorsqu’il s’agit d’être soigné, protégé ou d’accéder à l’éducation et à la culture. C’est une absurdité justement démentie par la Cour des Comptes qui affirmait en 2015 ne pas craindre un manque d’investissements des collectivités mais plutôt une pertinence insuffisante des dépenses effectuées en la matière. Il est vrai que, dans le Loiret, le projet absurde de déviation routière à Jargeau va engloutir à lui seul près de 100 millions pour seulement déplacer les problèmes qu’il prétend résoudre tout en ruinant le patrimoine naturel et agricole ainsi que les chances de transition énergétique dans le département !
Malheureusement, il est à craindre que l’assemblée départementale ne discute pas vraiment le virage entamé par son nouveau président, lequel, sans regarder à la dépense, a déjà relancé un autre projet routier qui n’avait pas été retenu dans le projet de mandat. Or, cette profusion annoncée pour les dépenses d’investissement et l’aggravation de la dette qu’elle entraînera sont de mauvais augure pour la qualité des services attendus au jour le jour de la part du Département, en particulier dans le domaine social. Les personnes handicapées devront toujours s’armer de patience, les bénéficiaires du RSA resteront stigmatisés plutôt que soutenus et les jeunes mineurs non accompagnés, bien que présentés favorablement dans les discours, iront toujours échouer dans des chambres d’hôtel sordides.
Une gestion purement comptable qui se contente de respecter des « ratios cibles », cela ne fait pas une politique au service des habitants. A force de se targuer de « répondre à la demande » pour n’importe quel projet d’investissement, on finit par ne plus assurer l’essentiel au quotidien pour ceux qui en ont vraiment besoin.