L’humain d’abord … c’est ce qu’on attend d’un conseil départemental

Les élus du conseil départemental se sont retrouvés au complet la semaine dernière et presque tous en « présentiel » comme on dit désormais. Cette session était assombrie non seulement par les impacts de la crise sanitaire mais aussi par plusieurs décès ayant touché l’assemblée ces derniers mois. La disparition de Viviane Jehannet, tout d’abord, laisse un vide, au poste de Vice-Présidente en charge du logement et de l’insertion qu’elle occupait depuis 5 ans, mais aussi par sa capacité d’empathie qui ne connaissait pas les clivages politiques. Mon opposition aux politiques sociales telles qu’elle les menait ne m’empêche pas de compatir à la douleur de ses proches.
Plusieurs anciens élus départementaux nous ont également quittés récemment. J’ai une pensée particulière pour Michel Ricoud, avec lequel j’ai partagé mon premier mandat. J’avais depuis longtemps apprécié le militant puis, entre 2008 et 2015, en luttant ensemble pour « l’humain d’abord » comme il disait et contre la « vision comptable » d’Éric Doligé, j’ai pu apprécié l’élu rigoureux et pugnace autant que l’homme chaleureux et ouvert. Je n’ai pas manqué l’hommage que lui ont rendu les habitants de La Source le 20 mai dernier.

Pour en revenir à l’assemblée départementale, après le vote du budget 2020 au mois de janvier dernier, les séances qui se tenaient jeudi 18 et vendredi 19 juin auraient dû être surtout consacrées aux actions en faveur de la planète que mène le Département. Ce fut effectivement le cas et l’occasion pour moi d’apporter un certain nombre de bémols à l’enthousiasme un peu naïf de l’exécutif en la matière et à ses contradictions toujours vives. J’y consacrerai un prochain billet dans ce blog. Néanmoins, l’actualité de la Covid-19 s’est également imposée dans les débats. Ce fut le sujet essentiel de la première journée de cette session que je vais rapporter ici. Il fut notamment décidé une modification du budget qui prenne en compte un trou de 25 millions (pour l’instant) occasionné par la situation exceptionnelle que nous traversons encore.
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Communiqué : Le Département se trompe de priorité

La commission permanente du conseil départemental réunie ce vendredi a entériné un plan d’aide d’un million et demi d’euros en faveur d’entreprises privées du Loiret du commerce ou de l’artisanat. Cette participation à la relance économique vient après deux autres initiatives similaires dans le domaine de l’agriculture et du tourisme. Elle s’inscrit dans un contexte où beaucoup de ces entreprises sont effectivement en difficulté en raison des contraintes sanitaires qui ont pesé sur notre pays et qui menacent encore. Fallait-il pour autant que le conseil départemental intervienne ?

Depuis longtemps déjà, la décentralisation s’est faite en France sur la base d’une répartition des rôles confiés aux différentes collectivités territoriales. Le Département est ainsi devenu le chef de file des politiques de cohésion sociale tout en gardant des compétences variées dans d’autres domaines. Depuis 2015, la loi a définitivement exclu l’économie du champ d’action des conseils départementaux. C’est pour contourner cette loi que le plan d’aide adopté ce matin consistera à verser la somme à des intercommunalités de façon à doubler leurs propre plan d’aide. Mais, au final, c’est tout de même une part significative du budget départemental qui est réorientée ainsi alors que l’État, les Régions et les communes apportent déjà, et c’est normal, beaucoup d’aides aux entreprises.

Il sera sans doute facile de se réjouir de la capacité qu’a le Département de soutenir ses entrepreneurs. Il y a pour cela des lobbys qui ne manqueront pas de dire que ces aides sont indispensables et qu’elles seront bien accueillies. Mais ces compliments ont un coût. Et les recettes de la collectivité non seulement ne sont pas extensibles mais elles pourraient bien se rétrécir considérablement avec la récession. C’est donc que l’argent va manquer pour d’autres actions qui, elles, incombent prioritairement au Département : autonomie des personnes âgées, insertion des bénéficiaire du RSA, protection de l’enfance, inclusion des personnes handicapées, logement, … les secteurs dans le besoin ne manquent pas.

Malheureusement, presque personne ne semble prêt à défendre les « invisibles » qui devraient être la principale préoccupation de l’assemblée départementale. En accordant son aide aux entreprises à l’unanimité moins une voix, le Département vient implicitement de refuser cette somme aux plus fragiles de ses administrés.

Cocoricos pour l’agriculture loirétaine

C’est désormais une habitude, les sessions du conseil départemental peuvent être visionnées intégralement … avec quelques semaines de délai.
Voici donc les 3 séances de la session de décembre dernier mises en ligne par le service communication.

De mon côté, je vous avais déjà rapporté le principal sujet abordé au cours de cette session, les carences de la protection de l’enfance en danger dans le Loiret. Mais il manquait à mon compte rendu les autres aspects d’une session certes modeste mais pas totalement inintéressante. Avec un grand délai, moi aussi, je vais tâcher de combler ce manque, mon retard m’autorisant du coup le recours à la vidéo.

Attention, pour finir, il sera question du drame de l’agribashing dans un département qui s’autoproclame si vertueux tout en se couvrant de poulaillers industriels. En attendant, je commencerai par revenir sur les questions sociales qui constituent la première compétence d’un conseil départemental.

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Écoute et proximité, mode d’emploi (session budgétaire épisode 1)

La semaine dernière, le conseil départemental s’est réuni pendant trois jours pour décider du budget 2019. J’en ai tiré quelques commentaires diffusés sur les réseaux sociaux en temps réel mais je maintiens la tradition de livrer sur ce blog un compte-rendu des débats auxquels j’ai contribué.

Dès le premier jour, le Président a ouvert la session en proposant une contribution de notre assemblée au « Grand débat national ». Il lui a ensuite fallu admettre que son idée de faisait pas vraiment l’unanimité et il a adopté une position de repli. Malheureusement, pour ce qui est du budget, Marc Gaudet et sa majorité ont persisté dans les orientations budgétaires élaborées un mois plus tôt. Il a présenté un budget qui, une fois de plus, tourne le dos à la transition écologique. Et, une fois de plus, je fus malheureusement le seul à m’y opposer.

Comment expliquer qu’une collectivité qui se veut moderne reste aussi ancrée dans des certitudes du siècle dernier ?
Certes, il y a le développement du réseau Très haut débit, on construira bientôt un nouveau collège « écolo » à Orléans, on rénovera des maisons de retraite ou des hébergements pour personnes handicapées. D’accord. Mais tout cela mis bout à bout reste encore presque négligeable par rapport aux efforts consacrés à un seul projet routier. Même avec le programme destiné à faire du canal d’Orléans une infrastructure touristique majeure, « un des plus gros projets » évoqués par le président, on est à peine au quart du budget du projet de déviation de la RD921 à Jargeau. Pourtant, la démesure, l’inutilité et les impacts environnementaux considérables qui caractérisent cette nouvelle route restent totalement ignorés de mes collègues. Et dans bien d’autres domaines, agricole, éducatif ou touristique, les choix restent ceux qui prévalaient il y a 20 ans.
N’est-ce pas parce que le conseil départemental, institution bicentenaire, est précisément inadaptée aux enjeux d’une société du 21ème siècle ?

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Communiqué : Le Conseil départemental, déconnecté des gilets jaunes, refuse de faire un geste et poursuit ses chimères

Le Conseil départemental du Loiret siégeait en séance plénière ces deux derniers jours et il a débattu de ses orientations budgétaires pour 2019. Malgré des commentaires précautionneux et plus ou moins compréhensifs quant à la situation de crise que connaît le pays, ces orientations politiques restent totalement inchangées. Bien sûr, les manifestants crient plus volontiers « Macron démission » que « Gaudet démission » mais ce n’est pas une raison pour ne pas se remettre en cause à l’échelon local. Le Département aurait au contraire un rôle à jouer en accompagnant les tentatives de réponse, certes maladroites et trop tardives, qui sont venues du gouvernement.
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