La transparence seulement sous la contrainte

Hourra ! Sept semaines après leur enregistrement, les vidéos de l’assemblée départementale viennent enfin d’être mises en ligne, très discrètement, par le conseil départemental. C’est qu’il ne faudrait pas que les habitants de notre territoire se piquent de vérifier ce qui se dit ou se décide en leur nom. Après tout, il y a la Pravda locale, Loiret magazine (ci-contre apologie du « vert »), pour les maintenir dans l’admiration de leurs représentants. Sans oublier les réseaux sociaux gérés par le service communication. Si toutefois ce genre de propagande sans scrupule arrive encore à convaincre quiconque dans une ambiance générale de méfiance envers les élus.

Vous me direz que mon propre blog n’est pas un modèle d’objectivité non plus puisqu’on y trouve presque exclusivement mon propre point de vue (en dehors de rares commentaires que je ne censure jamais). À ceci près que ce blog « engagé » ne prétend nullement à un quelconque pluralisme … et n’est absolument pas financé par l’argent public.

Bref, je me réjouis que les procès-verbaux obligatoires des séances de l’assemblée départementale soient désormais sous forme de vidéo intégrale des débats et qu’elles soient visibles par toutes et tous. Mais je regrette qu’un accès presque secret (sauf ci-dessous) et un délai long et inutile rendent les choses si compliquées. D’autant qu’il n’y a aucun obstacle technique si l’on observe ce qui est réalisé en situation de confinement. Ainsi, la prochaine session, les 10 et 11 décembre, sera visible en direct comme ce fut le cas en juin dernier. Mais c’est seulement parce qu’un décret national l’impose … ce qui n’était pas le cas le mois dernier.

Mais maintenant que l’on peut enfin voir la session d’octobre dernier, on constatera que je défendais déjà ce que je viens d’écrire ici (au bout d’1h02m50s dans la vidéo du débat sur le numérique le vendredi 13 ou simplement à écouter ci-dessous).

Les amateurs d’émotions pas trop fortes pourront également suivre les deux séances qui avaient précédé. Le matin du 12 octobre, nous avions pu parler du dénigrement des jeunes étrangers isolés tandis que l’après-midi suffisait à régler presque tous les dossiers et notamment les questions de primes Covid attribuées – ou pas – aux personnes ayant fait front contre la pandémie.

Communiqué : Le Département débloque enfin des primes Covid mais dans la confusion et à reculons

Alors que la pandémie de Covid-19 est toujours menaçante, le conseil départemental vient enfin de se préoccuper de la reconnaissance que l’on doit aux salariés de l’action sociale qui ont fait face et se trouvent encore en première ligne de la crise sanitaire.

Dès la période de confinement, la collectivité avait rapidement engagé plusieurs millions de dépenses nouvelles pour apporter sa contribution aux aides économiques – indispensables – distribuées par l’État, la Région et les Intercommunalités. Ce faisant, le conseil départemental sortait largement de ses prérogatives et, malgré de nombreux appels en ce sens de ma part, il se refusait alors à attribuer des primes aux salariés impliqués dans les politiques spécifiquement départementales de la Solidarité et la Cohésion sociale. Ainsi, seule une mesure de hausse du tarif horaire de un euro pour les aides à domicile avait été prise au printemps.

Aujourd’hui, poussé par des décisions et incitations gouvernementales, le conseil départemental envisage enfin de reconnaître la valeur de l’engagement de différents travailleurs des secteurs de l’enfance, du handicap et de la dépendance. Mais il en oublie et pas des moindres.

Cette générosité semble se déployer presque à regret et arrive de la manière la plus désordonnée qui soit. Ainsi, les assistants familiaux se verront attribuer une aide de 500 euros, les employés d’autres secteurs auront jusqu’à 1000 ou 1500 euros tandis que les personnels d’aide à domicile se partageront un montant global dont le Département, mesquin, va déduire le coût de sa première mesure d’aide (la hausse de un euro de l’heure).

Enfin, en se retranchant derrière la lenteur de l’État, le Département se refuse toujours à valoriser le dévouement des personnels des EHPAD qui sont restés auprès des personnes âgées dépendantes dans des conditions très difficiles.

Encore une fois, il manque une affirmation claire du fait que, dans notre société inquiète de l’avenir, des solidarités institutionnelles fortes sont essentielles pour le bien-être de tous. C’est la tâche qui incombe avant tout à la collectivité départementale.

Quant à ceux qui s’imaginent que seules l’économie et les entreprises privées contribuent à notre bien-être par un ruissellement en grande partie fantasmé, eh bien, il faut qu’ils se présentent à d’autres élections que les élections départementales.

Communiqué : Enfin une prime pour l’aide à domicile ! Le Département du Loiret va devoir s’y mettre.

Le 4 août à Toulon, le Président de la République a annoncé une mesure significative en faveur des personnes ayant assuré les services d’aide à domicile durant la crise sanitaire. C’est une décision bienvenue afin de ne pas négliger des personnels qui jouent un rôle majeur auprès des personnes handicapées ou des personnes âgées. Cette somme de mille euros pour une personne travaillant à temps plein sera versée pour moitié par les Départements qui ont en charge la politique sociale d’aide à domicile pour l’autonomie.

Ce faisant, l’État est plus cohérent que le conseil départemental du Loiret. Celui-ci avait jusqu’à présent refusé ce type de contribution et néanmoins consacré un budget beaucoup plus important pour intervenir dans des domaines ne relevant pas de ses compétences obligatoires. Dès le mois d’avril, j’avais pourtant proposé que, plutôt que de verser des aides économiques aux entreprises, le Département accorde une telle prime aux acteurs des services d’action sociale mobilisés pendant le confinement. D’ailleurs, la question d’une telle prime est toujours en suspens pour ce qui est des personnels des centres médico-sociaux et n’est toujours pas décidée pour la Maison de l’Enfance.

Comme je l’ai dit en vain depuis le début, le conseil départemental se fourvoie dans des actions qui ne relèvent pas obligatoirement de ses compétences et délaisse notamment l’économie sociale et solidaire et tous les agents publics ou privés oeuvrant au service des plus défavorisés.

Il faut espérer que, bousculé par l’annonce du Président de la République, l’exécutif départemental se saisira enfin des enjeux qui lui appartiennent et que les Loirétains en difficulté trouveront une oreille attentive auprès d’une administration renforcée pour faire face à la crise.

Le département du Loiret volontaire pour défendre … l’institution départementale

Jeudi dernier, aux premiers jours d’un été déjà largement anticipé par la météo, le conseil départemental se réunissait en assemblée plénière pour sa session de juin, la première depuis que le pays entier a choisi de se mettre « en marche ». Les orientations du conseil départemental, très conservatrices sous des dehors d’innovation permanente, furent malheureusement conformes aux craintes que j’avais exprimées la veille dans un communiqué.

Le bouleversement politique apparu lors des récentes élections présidentielle et législatives occupa bien entendu une grande part du débat de politique générale qui constitue traditionnellement la première séance. Outre cette séance de jeudi matin, dont je me propose de rendre compte ici, je consacrerai un deuxième billet à la séance de l’après-midi (la plus chaude au dehors comme au dedans) puis conclurai par la séance du vendredi.

C’est donc par l’actualité nationale que le Président Hugues Saury ouvrit les débats, reconnaissant volontiers que « le paysage politique a changé ».

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Un exemple à suivre ?

Il y a un département qui avance dans la lutte contre l’autisme et où l’on renonce à une déviation routière afin de ne pas dilapider l’argent public (toujours rare).
Malheureusement, ce n’est pas (encore) dans le Loiret que l’on a des nouvelles aussi satisfaisantes.
Vive les Pyrénées-Orientales … et les Catalans 😉