Communiqué : Enfin une prime pour l’aide à domicile ! Le Département du Loiret va devoir s’y mettre.

Le 4 août à Toulon, le Président de la République a annoncé une mesure significative en faveur des personnes ayant assuré les services d’aide à domicile durant la crise sanitaire. C’est une décision bienvenue afin de ne pas négliger des personnels qui jouent un rôle majeur auprès des personnes handicapées ou des personnes âgées. Cette somme de mille euros pour une personne travaillant à temps plein sera versée pour moitié par les Départements qui ont en charge la politique sociale d’aide à domicile pour l’autonomie.

Ce faisant, l’État est plus cohérent que le conseil départemental du Loiret. Celui-ci avait jusqu’à présent refusé ce type de contribution et néanmoins consacré un budget beaucoup plus important pour intervenir dans des domaines ne relevant pas de ses compétences obligatoires. Dès le mois d’avril, j’avais pourtant proposé que, plutôt que de verser des aides économiques aux entreprises, le Département accorde une telle prime aux acteurs des services d’action sociale mobilisés pendant le confinement. D’ailleurs, la question d’une telle prime est toujours en suspens pour ce qui est des personnels des centres médico-sociaux et n’est toujours pas décidée pour la Maison de l’Enfance.

Comme je l’ai dit en vain depuis le début, le conseil départemental se fourvoie dans des actions qui ne relèvent pas obligatoirement de ses compétences et délaisse notamment l’économie sociale et solidaire et tous les agents publics ou privés oeuvrant au service des plus défavorisés.

Il faut espérer que, bousculé par l’annonce du Président de la République, l’exécutif départemental se saisira enfin des enjeux qui lui appartiennent et que les Loirétains en difficulté trouveront une oreille attentive auprès d’une administration renforcée pour faire face à la crise.

Le département du Loiret volontaire pour défendre … l’institution départementale

Jeudi dernier, aux premiers jours d’un été déjà largement anticipé par la météo, le conseil départemental se réunissait en assemblée plénière pour sa session de juin, la première depuis que le pays entier a choisi de se mettre « en marche ». Les orientations du conseil départemental, très conservatrices sous des dehors d’innovation permanente, furent malheureusement conformes aux craintes que j’avais exprimées la veille dans un communiqué.

Le bouleversement politique apparu lors des récentes élections présidentielle et législatives occupa bien entendu une grande part du débat de politique générale qui constitue traditionnellement la première séance. Outre cette séance de jeudi matin, dont je me propose de rendre compte ici, je consacrerai un deuxième billet à la séance de l’après-midi (la plus chaude au dehors comme au dedans) puis conclurai par la séance du vendredi.

C’est donc par l’actualité nationale que le Président Hugues Saury ouvrit les débats, reconnaissant volontiers que « le paysage politique a changé ».

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Un exemple à suivre ?

Il y a un département qui avance dans la lutte contre l’autisme et où l’on renonce à une déviation routière afin de ne pas dilapider l’argent public (toujours rare).
Malheureusement, ce n’est pas (encore) dans le Loiret que l’on a des nouvelles aussi satisfaisantes.
Vive les Pyrénées-Orientales … et les Catalans 😉

Une page s’est tournée

C’était jeudi dernier, 2 avril, la session plénière d’installation du nouveau conseil départemental du Loiret. J’y ai pris mes fonctions avec ma colistière Vanessa Baudat Slimani, benjamine de l’assemblée propulsée au rang de secrétaire de cette séance un peu particulière.
Accueillis par Eric Doligé pour une dernière apparition officielle dans cet hémicycle, nous devions avant tout procéder à l’élection de son successeur, sous la présidence de séance du doyen Michel Breffy. Bien que réduite à 6 éléments seulement, la gauche monopolisait donc provisoirement la tribune, comme en 2008 et 2011. Cela ne dura que le temps de l’élection d’Hugues Saury, une simple formalité avec une telle majorité.

Notre nouveau président ainsi que le profond renouvellement de l’assemblée laissent entrevoir quelques évolutions par rapport aux vieilles habitudes. Ce que j’ai appris d’Hugues Saury durant mon précédent mandat est plutôt rassurant. Quoique convaincu par le crédo UMP qui me hérisse parfois, il n’en demeure pas moins un homme politique respectueux et respectable, avec lequel il est possible de débattre franchement, par delà les divergences. Il me faudra donc ranger les petites piques auxquelles ce blog vous avait habitués. Son discours d’investiture, d’ailleurs, fut trop timoré pour que l’on puisse lui faire ni louange ni reproche.

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Ce n’est qu’un au revoir …

Le conseil général c’est fini, vive le conseil départemental. C’est ce que j’ai ressenti au sortir de l’ultime session plénière, sans grand enjeu, qui se tenait la semaine dernière. Elle était étalée sur deux jours, les 12 et 13 mars, ne serait-ce que pour avoir deux occasions de partager un bon repas entre élus, si j’en crois une boutade lancée par Eric Doligé.

La première journée, le jeudi, consista en la séance habituelle avec discours de président le matin et examen des rapports l’après-midi. La prestation d’Eric Doligé tourna rapidement au bilan de ses 21 ans de présidence, suivi de l’éloge de tous les conseillers appelés à quitter l’assemblée car ne se représentant pas. Un certain nombre d’entre eux lui répondirent sur le même ton très conciliant et artificiellement apaisé en cette période de campagne électorale. Ne voulant pas rompre l’entente cordiale, je me contentai d’ironiser par quelques tweets que vous pouvez désormais apercevoir dans la colonne de gauche de ce blog et plus généralement ici.

Cette apparente apathie me valut une brève interview un journaliste de la République du Centre qui se passionne plus, parfois, pour ne nombre de prises de parole que pour leur contenu. Il en résulta la brève ci-contre qui traduit finalement assez bien mon état d’esprit. Elle montre aussi à quel point le bilan de la majorité UMP est éloigné des réalités sociales du Département alors même que cette collectivité est en charge de la politique de justice sociale et d’égalité. Mais bon, quand on a pour but d’édifier le paradis des camions, on ne peut pas en plus s’assurer que les enfants et les personnes âgées ont accès à leurs droits les plus élémentaires.

Après un premier « banquet », donc, nous nous retrouvâmes le jeudi après-midi pour expédier les affaires courantes, à savoir quelques aménagements des sentiers de randonnée du Loiret, une mutualisation des formations de nos agents et une information sur le patrimoine départemental. Tout cela fut réglé en un peu plus d’une heure. Restait à trouver une idée pour revenir le lendemain et le président proposa d’aborder en séance la question de la réforme territoriale. Bonne idée, même si elle paraissait un peu incongrue après des années pendant lesquelles il s’est toujours exprimé à ce sujet sans nous consulter, que ce soit pour annoncer la fusion du Loiret avec l’Eure-et-Loir ou pour dénoncer tel ou tel aspect des propositions du gouvernement de gauche. Je décidai donc de participer au débat du vendredi … et au déjeuner officiel qui suivrait. Après tout, c’était peut-être le dernier de ma carrière politique, non ? 😉

La dernière séance débuta à nouveau par un exposé du président qui précisa qu’il n’avait pour objectif que de recueillir notre avis et à travers nous celui de nos administrés que nous ne manquons pas de croiser en cette période électorale.

Il développa ensuite sa vision de la réforme territoriale qui se résume assez facilement en disant que le Département est la meilleure des institutions et que celui du Loiret est vraiment exceptionnel. Bien entendu, les exemples à l’appui de cette conviction n’ont pas été pris parmi les services rendus aux citoyens mais privilégiaient encore et toujours les acteurs économiques privés ou le rôle de « bâtisseur » qui caractérise les élus cherchant à laisser une trace.

Au milieu de plaintes renouvelées contre le gouvernement, Eric Doligé nous resservit sa litanie contre toutes les normes et il souligna le coût exorbitant des fouilles archéologiques que la loi impose dans tout projet d’aménagement. 6 millions pour seulement préparer le terrain à la zone d’activité d’Artenay-Poupry, cela fait réagir notre président qui se demande si on ne pourrait s’en sortir avec seulement le dixième de cette dépense. La question n’est pas totalement déplacée, mais alors pourquoi continuer à assurer une publicité élogieuse à ces fouilles archéologiques si c’est pour en réclamer ensuite la suppression ?

Plusieurs de mes collègues donnèrent aussi leur point de vue, pas toujours en accord avec le président mais cherchant à souligner parfois ce qui nous rassemble. Certains lui donnant quitus sur le sujet de la suppression de la compétence générale des collectivités locales, d’autres défendant avec lui le cumul des mandats ou le maintien de la gestion des collèges au niveau départemental.

Christophe Chaillou évoqua plus gravement son inquiétude face aux réactions de la population à l’égard des élus, toutes tendances confondues. Il analysa fort justement l’éloignement des citoyens vis-à-vis de l’action publique et collective, conduisant à un pessimisme radical qui se retourne, parfois irrationnellement, contre toute forme d’engagement politique sincère.

Quelques membres de la majorité départementale renforcèrent le plaidoyer du président en faveur des zones dites « rurales » et de leur prétendu besoin d’un conseiller général à l’ancienne pour les représenter.

J’intervins parmi les derniers, à l’approche du repas, pour exposer la position écologiste concernant l’organisation territoriale.

Après mon collègue Michel Guérin faisant ses adieux, ce fut Hugues Saury (le dauphin ?) qui conclut en estimant que, finalement, les différentes interventions s’accordaient à défendre les départements. Il proposa que l’assemblée adopte un voeu commun résumant l’opinion générale.
C’était faire peu de cas des divergences apparues dans le débat mais l’opération avait sans doute été conçue en amont car le président Doligé enchaîna aussitôt en approuvant la suggestion et en se lançant dans une digression supposée devenir le texte d’un vote. Confus et abusivement consensuel, son propos fut difficiule à suivre. Cela ne l’empêcha pas de prétendre à la fin que c’était donc le point de vue désormais officiel de tout le conseil général.
Je lui fis donc remarquer qu’il était en train de se moquer de nous et de gâcher un débat pourtant pluraliste et constructif. Pour moi comme pour toute l’opposition, il était inconcevable de transformer nos échanges en un vote et de voter sur la seule base d’un exposé oral plus ou moins improvisé et incohérent. Je rappelai que le règlement du conseil général prévoit qu’un voeu ne peut-être débattu et éventuellement adopté que si son texte en a été déposé 12 jours avant la séance. Nous étions là, au contraire, au terme d’une matinée ajoutée officieusement à l’ordre du jour et face à une délibération dont aucun élu, pas même le Président, n’aurait pu donner le contenu exact puisqu’elle venait d’être inventée en direct et à l’oral.
Cela tourna à la confusion quand le président maintint l’idée que nous venions d’adopter, sans vote mais « avec trois abstentions », cette absence de texte. Autrement dit, je me demande encore ce que pourra bien être le compte rendu officiel de cette ultime séance du conseil général du Loiret.

Dommage de terminer sur une fausse note mais cela montre bien qu’il est nécessaire de maintenir une représentation solide de la gauche et des écologistes à l’échelle départementale. Ne serait-ce que pour les décisions restent transparentes et publiques.