Communiqué : Non à l’exploitation de gaz de schistes dans le Loiret

Contribution des conseillers généraux écologistes à la consultation publique relative à l’attribution de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Loiret et l’Yonne


« Nous prenons connaissance seulement aujourd’hui de cette consultation dont nous nous n’avons pas été informé directement bien qu’élus du département du Loiret.
Nous considérons que le Ministère procède de façon bien trop discrète pour étudier des demandes de permis minier dont les conséquences sont non négligeables pour les populations et leur environnement.
En effet, contrairement à la légèreté avec laquelle cette question est abordée dans l’étude d’impact de la demande de permis dit de « Dicy », la seule exploration d’hydrocarbures dans le sous-sol du Gâtinais menace gravement la nappe phréatique et les équilibres naturels dans cette région déjà souvent frappée de restrictions d’usage de l’eau par arrêtés préfectoraux.
En outre, quelles que soient les assertions des sociétés qui sollicitent ces permis, il est manifeste qu’elles recherchent les hydrocarbures connus comme « gaz de schistes » et que dans l’éventualité où leur exploration aboutirait à découvrir un gisement exploitable, la seule méthode d’exploitation possible est la fracturation hydraulique qui est formellement interdite par la législation française et dont ces sociétés prétendent qu’elles n’y auront pas recours. Il est légitime que madame la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie doute de leur bonne foi sur ce point et de refuser tout permis de ce genre dans l’état actuel de la loi.
Pour résumer notre opposition résolue à l’attribution de tels permis, nous tenons à rappeler les termes d’un vœu relatif à l’exploration et l’exploitation d’huiles et gaz de schistes dans le sous-sol du département du Loiret que nous avons présenté à l’assemblée départementale en septembre 2012. Si une majorité de nos collègues n’a pas souhaité l’adopter, il importe de noter qu’il n’a pas suscité de controverse sur le fond mais seulement sur l’intérêt d’une prise de position départementale. Le président du Conseil général a conclu le débat en ces termes « le vœu n’est pas adopté mais il est entendu ». La consultation d’aujourd’hui nous permet de vous faire « entendre » à nouveau ce texte :
CONSIDERANT la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique,
CONSIDERANT que l’extraction de tels hydrocarbures non conventionnels comporte des risques environnementaux très élevés, qu’il pourrait en résulter une pollution durable du sous-sol, un risque élevé de contamination des nappes phréatiques par des composés cancérigènes ou toxiques comme les métaux lourds, et donc un danger non négligeable pour la santé des habitants,
CONSIDERANT que l’exploitation de ces hydrocarbures présente des impacts considérables en matière de gaz à effet de serre, ce qui alourdirait gravement le bilan carbone du Loiret et contribuerait à accentuer l’évolution du climat,
CONSIDERANT que l’emprise foncière nécessaire à l’exploitation de ces hydrocarbures priverait les agriculteurs du Loiret de larges surfaces arables,
CONSIDERANT l’annonce par le Président de la République, à l’occasion de la conférence environnementale, de nouvelles abrogations de permis de recherche,
L’Assemblée départementale,
S’OPPOSE à toute recherche d’hydrocarbures non conventionnels employant la fracturation hydraulique sur le territoire du Loiret,
DEMANDE le rejet des permis dits de « Cézy », « Chaumont » « Chéroy », « Dicy », et « Pithiviers »,
DEMANDE, lors de l’instruction de permis de recherche d’hydrocarbures non conventionnels, une étroite concertation avec les populations et les collectivités territoriales impactées, afin que soient respectées les dispositions de l’article 1er de la loi « Grenelle II » qui instaure le principe de renversement de la charge de la preuve pour tout projet susceptible de porter atteinte à l’environnement,
SOUTIENT une réforme du Code Minier qui le mette en conformité avec l’ensemble des principes constitutionnels de la Charte de l’environnement, de sorte que les enjeux environnementaux soient anticipés et les responsabilités définies clairement de façon à sécuriser les activités minières,
DEMANDE la mise en oeuvre dans le Loiret d’une transition énergétique qui s’appuie sur la sobriété énergétique, l’efficacité et les sources d’énergie renouvelables plutôt que sur des ressources fossiles.
Voilà pourquoi nous souhaitons le rejet définitif par le Ministère des demandes de permis dit de Cézy et de Dicy ».

Estelle Touzin et Thierry Soler, Conseillers généraux du Loiret.

Présent dans les médias, avec des hauts et des bas

Hausse brutale de ma présence dans les médias ce matin. C’est l’occasion de réveiller un peu ce blog.

En effet, la République du Centre reprend en partie un communiqué d’Europe Écologie Les Verts Orléanais à propos de la taxe sur les poids-lourds, la fameuse écotaxe qui a longuement défrayé la chronique ces dernières semaines. A retrouver dans ma revue de presse.

Je fais également une deuxième apparition dans ce même journal à propos du contrat de partenariat public-privé (PPP) signé hier par le Service d’incendie et de secours du Loiret (le SDIS45, largement piloté par le conseil général) en vue de construire douze nouvelles casernes de pompiers d’un seul coup. Il s’agit une fois encore pour le Président du Conseil général, de systématiser les PPP, une méthode de passation des marchés publics dont les avantages sont loin d’être prouvés et dont les inconvénients se sont amplement manifestés hors du Loiret. Toujours dans ma revue de presse.

Je profite de cette occasion pour exprimer tout mon soutien aux salariés de la Rép qui s’inquiètent de licenciements programmés à Saran.

En revanche, ces jours-ci, pas la peine de vous installer devant le journal local de France 3 en espérant que je causerai dans le poste. Il semble bien que l’interview qui m’avait été demandée jeudi dernier est passée aux oubliettes. Il s’agissait de réagir à une décision relative aux permis d’exploiter des hydrocarbures dans le Loiret. Réagissant à une autorisation concédée par le ministère de l’écologie, j’avais repris le point de vue de mon parti et celui des militants associatifs qui se battent contre les ravages qu’occasionnerait l’exploitation de pétrole de schistes dans le Gâtinais comme ailleurs.

Le prix de la liberté … et le prix du baril

Le monde arabe est en train de donner une belle leçon de démocratie à la vieille Europe.

Tandis que nos sociétés voient leur prospérité s’éroder et les mentalités se réouvrir aux pires relents xénophobes, ce sont des peuples parmi les plus méprisés des bien-pensants qui ont décidé de prendre leur destin en main et de se dresser contre ceux qui les oppriment.

Il est facile aux racistes comme aux impérialistes décomplexés qui nous gouvernent de s’imaginer que les populations africaines et arabes ne sont pas mûres pour la démocratie. On a même pu entendre notre Président affirmer que les Africains ne sont « pas encore entrés dans l’histoire ».

La vérité, c’est que tous les humains sont capables du meilleur comme du pire. Les révoltes en Afrique du Nord et dans le Golfe persique ne signifient pas encore que ces populations sont devenues un phare pour l’humanité. Mais elles imposent une saine humilité aux européens pétris de droits de l’Homme. Surtout si l’on songe à la montée de l’intolérance qui accompagne la crise économique sur notre continent.

Et il se pourrait bien que la marche vers la démocratie des peuples du Sud nous conduisent à une autre révision de nos certitudes occidentales. En effet, l’instabilité dans des pays producteurs de pétrole a des conséquences  immédiates sur le coût d’une énergie dont nous avons trop longtemps pensé qu’elle nous était due à bas prix. Si, comme on peut l’espérer, le processus en cours produit effectivement une nouvelle stabilité sans dictature, il n’y a aucune raison de s’imaginer que cela perpétuera le pillage que les régimes totalitaires nous autorisaient. Il faudra donc s’habituer à devoir négocier d’égal à égal avec nos fournisseurs.

On peut même espérer qu’avec le pouvoir rendu aux populations ces états optent vers un ralentissement des exploitations les plus nocives, à l’image de l’Equateur qui propose de ne pas extraire les combustibles fossiles de son sous-sol afin de préserver la biodiversité du pays et de lutter contre le réchauffement climatique. Le genre de souci qu’on ne risquait pas de trouver chez Kadhafi par exemple. Une telle démarche serait tout aussi urgente dans un pays comme le Niger où l’absence d’état de droit autorise des sociétés européennes à travailler au mépris de toutes les précautions environnementales (sans parler des prises d’otages qui accompagnent une situation typiquement néocoloniale).

L’émergence démocratique en Afrique et au Moyen-Orient devrait donc nous amener à une transition d’autant plus rapide vers une société sans pétrole. Se débarrasser de notre addiction, comme dirait Greenpeace.

Alors, aujourd’hui que le prix du baril est repassé au-dessus de 100 dollars, je repose la question qui occupe la colonne latérale de ce blog depuis 4 ans : quand le pétrole devient rare et coûteux, est-ce vraiment le moment de construire des ponts sur la Loire pour continuer à se déplacer en voiture et à transporter des marchandises en camion ? J’en profite pour ajouter une nouvelle information à cette rubrique indémodable : en plus du prix du baril à New-York, j’indiquerai désormais le chiffre plus parlant du prix du litre de super sans plomb 95 dans une station de référence de Chécy.