Communiqué : Les grands projets inutiles ne s’imposent plus. La gauche serait-elle en train d’évoluer dans le Loiret ?

Face aux nombreux projets d’infrastructures nuisibles à l’environnement, en France et dans le monde entier, les écologistes emploient depuis une dizaine d’années le concept de « grand projet inutile imposé » (GPII). Parce que ceux qui bâtissent à tout va ont en commun ces trois attributs : la folie des grandeurs qui pousse à résoudre un problème ordinaire par une construction d’ampleur démesurée et au coût exorbitant, la vanité de réalisations qui ne répondent à aucun besoin majeur si ce n’est ceux que l’on invente pour les justifier et enfin l’absence de débat démocratique et, si nécessaire, le recours massif aux forces de l’ordre en pour défendre des intérêts privés. Les projets combattus méritent ainsi d’être qualifiés de « grands », « inutiles » et « imposés ».

En France, le cas le plus emblématique fut celui du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La raison a triomphé dans ce cas-là, non sans mal, mais les GPII sont encore nombreux et le conflit est particulièrement virulent autour du projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure. La défense de l’environnement et de la vie humaine a encore du mal à se faire entendre face aux puissants lobbys à l’oeuvre pour les GPII.

Et pourtant, il semble que le vent est en train de tourner.

Il y a quelques jours, à l’initiative des écologistes, les élus de la Métropole de Rouen, après l’avoir soutenu par le passé, ont voté contre la poursuite du projet routier de contournement de la ville. Il s’agissait pour eux de « répondre à l’urgence écologique ». Peu après, nous apprenions que le Gouvernement a décidé d’interrompre le projet d’agrandissement de l’aéroport de Roissy afin de prendre en considération la lutte contre le réchauffement climatique.

Et dans le Loiret ?

Le projet de déviation de la RD921 à Jargeau cristallise les oppositions de celles et ceux qui luttent contre les GPII. Ce projet va délibérément à l’encontre des objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Il accroîtrait les nuisances et les déplacerait en empêchant des solutions alternatives plus efficaces. Il réclamerait l’équivalent d’au moins une année entière du budget d’investissement du conseil départemental, autant d’argent public qui fait cruellement défaut dans d’autres domaines essentiels. Il menace l’agriculture, la biodiversité et des doutes existent même sur la sécurité d’un pont s’appuyant sur le sous-sol karstique de la Loire.

Pour l’instant, seule la mouvance écologiste a osé s’opposer à ce projet absurde, coûteux, dangereux et rejeté par la population lors de l’enquête publique. Il se dit que le Parti communiste du Loiret, historique promoteur du projet, s’apprête à faire son aggiornamento. Est-ce que le Parti socialiste pourrait aussi, à l’instar de ses élus rouennais, rejoindre la lutte écologiste contre le conseil départemental du Loiret ?
Un tel revirement de la gauche loirétaine serait tout à fait réjouissant à quelques mois de l’élection d’une nouvelle assemblée pour diriger cette collectivité lourdement endettée.