Un Département qui serre la vis à celles et ceux dont il à la charge et ouvre les vannes pour les autres

J’ai déjà relaté une bonne partie des débats de la dernière session du conseil départemental du Loiret qui a conduit à l’adoption d’un budget 2021 auquel je me suis opposé. Globalement, c’est le caractère passéiste de la proposition qui ne me convenait pas et comme toujours la priorité donnée aux investissements, en particulier ceux qui encouragent le transport routier et la circulation automobile a contrario des efforts indispensables pour préserver le climat et la vie sur terre. Ces dépenses aberrantes représentent autant d’argent qui va manquer dans d’autres domaines que je vais aborder maintenant : l’action sociale et l’éducation notamment.

Mais pour commencer, je veux parler de la politique de communication institutionnelle.

Rapport F 01 – L’image du Conseil Départemental et de son territoire auprès de ses habitants et au-delà de ses frontières
Adopté à l’unanimité

Il ne s’agissait pas pour moi de désapprouver ce budget très raisonnable pour la communication, même s’il m’arrive quelque fois de penser que l’on est plus proche de la propagande que de l’information objective des Loirétains. Par exemple, quand des panneaux géants affirment que le Département protège la nature à l’endroit même où l’on rase des hectares de forêt.
Cependant, à force d’entendre dire que les personnes en difficulté aidées par la collectivité doivent se montrer « exemplaires », je voulais souligner à quel point cette qualité fait défaut à l’institution elle-même. Par exemple, depuis que je siège dans cette assemblée, j’ai proposé que les objets promotionnels distribués avec le logo du Département soit choisis parmi des produits respectueux de l’environnement et fournis par des entreprises locales. Jusqu’à présent, je n’ai pas vu beaucoup de changement et l’on continue de répandre des cadeaux comme des T-shirts bas de gamme ou sac à dos en plastique fabriqués à bas coût en Asie.
Plus récemment, ceux-là même qui se rengorgent en proclamant leur amour de la planète n’ont rien trouvé de mieux que de faire installer un grand panneau lumineux derrière la façade vitrée de l’Hôtel du Département. Autrement dit, une belle dépense d’énergie électrique pour une « publicité » qui, malencontreusement, est particulièrement peu visible depuis la rue. Finalement, cela évite au moins de distraire les conducteurs qui passent devant et pourraient occasionner un accident de circulation 😉

Par un curieux hasard, quelques jours plus tard, Charlie hebdo a parfaitement illustré la situation par un dessin dénonçant ceux qui détruisent la nature en s’imaginant qu’il trouveront toujours une solution technique pour réparer. Dans le Loiret, on rase la forêt, puis on propose aux automobilistes de l’admirer sur écran géant.

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Ça (trajectoire) plane pour les vieux dans le Loiret

J’ai assez abondamment disserté sur ma proposition de réduction de la fiscalité départementale sur l’électricité ici ou sur les réseaux sociaux. Néanmoins, ce ne fut pas la seule question abordée lors de la session de la semaine dernière. Agriculture, services publics et tarification des établissements médico-sociaux appelèrent également des débats contradictoires au sein de l’assemblée départementale. Tout cela, ne l’oublions pas, dans un contexte de réduction des dépenses de fonctionnement due au pacte, que j’ai déjà évoqué, par lequel le gouvernement impose au Département de ne pas accroître ses dépenses de plus de 1,2 %.
Curieusement, cette austérité obligatoire a conduit la majorité à une doctrine de la « trajectoire plane » pour ses choix budgétaires. Trajectoire plane, cela veut dire que les dépenses en 2019 devront rester identiques à celles réalisées en 2017 chaque fois que leur évolution ne dépend que des décisions du conseil départemental. Ainsi, tout en trouvant scandaleuse la limite imposée par l’État (+1,2 % maximum), le Département contraint ses partenaires à se débrouiller avec +0 % de dépenses tandis que l’inflation repart à la hausse. Il est probable que les services rendus, eux, diminueront. C’est à craindre notamment dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (les EHPAD).
Selon Pauline Martin, Vice-Présidente en charge des finances, forcer une « trajectoire plane » pour tous, c’est la condition pour ne pas avoir à supprimer certaines dépenses en faisant des choix entre les différentes actions. Or, c’est justement ce que je conteste, par exemple lorsque je propose de cesser toute intervention dans le domaine de l’agriculture dans la mesure où il s’agit d’une compétence facultative du Département et qu’il n’y applique aucune orientation politique d’intérêt public.
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